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UEFA Euro 2016: l'époque où l'Aigle Blanc rayonnait

L'Aigle Blanc en 1974 avec de gauche à droite: Maszcyk, Kasperczak, Deyna, Szarmach et Lato. [Keystone]
L'Aigle Blanc en 1974 avec de gauche à droite: Maszcyk, Kasperczak, Deyna, Szarmach et Lato. [Keystone]
La Suisse se mesurera à la Pologne samedi à Saint-Etienne, en huitième de finale de l'Euro. Une nation à l'histoire riche mais aussi au glorieux passé footballistique.

De quelques notes de Fryderyk Franciszek Chopin, de quelques vers d'Adam Bernard Mickiewicz s'épanouissent aujourd'hui encore les vestiges d'une âme qu'on décrit souvent comme romantique. Une âme forgée sous le marteau d'une histoire particulièrement riche.

Une histoire riche

La Pologne, ce territoire où il est dit que vient s'échouer la grande plaine d'Europe centrale, a connu la gloire de la dynastie des Jagellons, qui en avaient fait l'une des plus importantes nations d'Europe (XVe, XVIe siècles).

Mais elle a aussi cessé d'exister, morcelée, puis absorbée par les puissances voisines (XVIIIe, XIXe), avant de renaître, de basculer sous domination allemande, puis soviétique, dont elle se libère en 1989 (XXe). C'est sous le régime communiste, que la République populaire de Pologne - ainsi nommée à l'époque - voit fleurir une génération dorée de footballeurs.

Age d'or

Jusqu'alors effacée sur le plan international, l'équipe nationale prend une nouvelle dimension. Sous la houlette du sélectionneur Kazimierz Górski, très porté sur un jeu d'attaque rapide, les Grzegorz Lato, Robert Gadocha et Wlodzimierz Lubanski trouvent un terreau idéal pour exprimer leurs qualités.

D'autant qu'ils bénéficient du soutien, au milieu, de Kazimierz Deyna, considéré comme le plus grand joueur polonais de tous les temps et désigné comme tel par sa Fédération et des lecteurs des journaux sportifs nationaux en 1994. L'élégant no 10 du Legia Varsovie, qui a par ailleurs retiré son numéro, était un technicien hors-pair et possédait une excellente vision du jeu.

Dépositaire du jeu polonais, le "général" est le fer de lance de l'épopée et la médaille d'or olympique à Munich en 1972, de celle d'argent en 1978 à Montréal, mais aussi et surtout de la troisième place lors de la Coupe du monde 1974 en Allemagne de l'Ouest.

Durant ce Mondial, la Pologne ne perd qu'un match, face à la RFA sur un but de Gerd Müller, en deuxième phase de groupes, ce qui la prive de finale. Mais elle termine meilleure attaque de la compétition et domine 1-0 le Brésil de Jairzinho en petite finale.

Derrière Cruyff et Beckenbauer

Si Lato devient le meilleur buteur de cette Coupe du monde, Deyna échoue lui à la troisième place du Ballon d'Or la même année, derrière les légendes Johan Cruyff et Franz Beckenbauer. Huit ans après, emmené par une autre figure majeure du football polonais, Zbigniew Boniek, l'Aigle Blanc frappe encore les esprits au Mondial espagnol.

Privée de "Zibi", notamment auteur d'un triplé contre la Belgique au tour précédent, elle s'incline 2-0 en demi-finale devant l'Italie de Paolo Rossi. Elle décroche cependant encore la troisième place grâce à sa victoire 3-2 sur la France. En 1986, la Pologne dispute sa quatrième Coupe du monde d'affilée mais échoue en huitième de finale.

Si la Pologne brille au niveau mondial durant ces années-là avant de connaître une longue disette de Coupes du monde de 16 ans, il lui faut attendre 2008 pour prendre part à son premier Euro, en Suisse et en Autriche. Qualifiée d'office en tant que coorganisatrice en 2012 avec l'Ukraine, elle franchit cette année pour la première fois la phase de groupes.

Elle possède à nouveau un attaquant de grand talent avec Robert Lewandowski, mais elle ne se distingue pas vraiment dans ce tournoi par sa force de frappe offensive. Elle est par contre la troisième équipe avec l'Italie (1980) et l'Allemagne (1996/2016) à franchir la phase initiale sans concéder le moindre but à ses adversaires.

A une longueur de Deyna

La Suisse est donc prévenue. Elle affrontera une équipe talentueuse dans les phases défensives et qui peut également compter sur un buteur d'exception. Si celui-ci a été discret jusqu'à présent, il pourrait bien avoir la mauvaise idée de se réveiller samedi. D'autant que l'attaquant du Bayern Munich a sans doute à coeur de se rapprocher du record de buts en sélection de Lubanski (44). S'il en est encore loin (32), il pourrait en tous les cas égaler le légendaire Deyna (33).

Les Helvètes se heurteront aussi à des Polonais soucieux de se montrer dignes de leurs glorieux prédécesseurs et certainement plus désireux encore d'écrire leur propre épopée en France.

Montpellier, Ludovic Perruchoud - Twitter @LPerruchoud

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UEFA Euro 2016, huitièmes de finale

Saint-Etienne, SA 15h00: Suisse - Pologne
Paris, SA 18h00: Pays de Galles - 3e A/C/D
Lens, SA 21h00: Croatie - 3e B/E/F
Lyon, DI 15h00: France - 3e C/D/E
Lille, DI 18h00: Allemagne - 3e A/B/F
Toulouse, DI 21h00: 1er F - 2e E
Saint-Denis, LU 18h00: Italie - Espagne
Nice, LU 21h00: Angleterre - 2e F

UEFA Euro 2016, groupe E

Pologne - Irlande du Nord 1-0 (0-0)
Allemagne - Ukraine 2-0 (1-0)
Ukraine - Irlande du Nord 0-2 (0-0)
Allemagne - Pologne 0-0
Irlande du Nord - Allemagne 0-1 (0-1)
Ukraine - Pologne 0-1 (0-0)

Classement (21.06)
1. ALLEMAGNE 3/7 (3-0)
2. POLOGNE 3/7 (3-0)
3. IRLANDE DU NORD 3/3
4. Ukraine 3/0

1.+ 2. -> 8es 4 meilleurs 3es -> 8es