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L'accélération du jeu mesurée en douze finales de Coupes du monde

Hazard fait partie de ces joueurs capables d'avancer avec le ballon pour créer le danger. [David Vincent - Keystone]
Hazard fait partie de ces joueurs capables d'avancer avec le ballon pour créer le danger. [David Vincent - Keystone]
Les temps de possessions individuelles des joueurs lors des finales de la Coupe du monde ont fondu depuis l'édition de 1970. Les footballeurs gardent en moyenne 30% moins longtemps la balle avant de faire une passe ou tirer.

Le foot va plus vite, et pas seulement parce que les joueurs se déplacent plus rapidement. Le temps dont disposent les joueurs pour "lâcher le ballon" a fortement diminué entre les finales de 1970 et 1994, avant de se stabiliser durant les dernières éditions, montre une analyse de la RTS.

D'une moyenne de 3,5 secondes lors de la finale de la Coupe du monde 1970, la possession moyenne individuelle "longue" (de plus d'une seconde, qui exclut les touches simples) a baissé à 2,5 secondes lors des dernières éditions.

"A l'époque il y avait beaucoup plus d'espaces qui ont été peu à peu réduits", analyse Yves Débonnaire. "Aujourd'hui, on cherche immédiatement à empêcher l'adversaire de jouer balle au pied", explique le consultant de la RTS.

Illustration de cette évolution, près de la moitié des 100 plus longues possessions individuelles des 12 dernières finales ont été comptabilisées durant les finales de 1970 et 1974, matches durant lesquels voir un joueur se déplacer lentement sans pression dans sa moitié de terrain n'était pas rare.

Le nombre de ballons touchés lors des finales par les 2 équipes a de son côté évolué finale après finale, mais pas toujours dans le même sens.

De 1970 à 1986, le nombre total a régulièrement baissé, avant de remonter et connaître un pic en 1994, surtout dû à l'activité record du Brésil face à l'Italie, qui a eu le ballon plus de 720 fois, contre moins de 500 pour son adversaire. A l'opposée, c'est l'Argentine de Maradona en 1990 qui a eu le moins de possessions face aux Allemands.

Toucher plus souvent le ballon n'est pas pour autant une garantie de remporter le match. Sur la moitié des 12 dernières finales, le vainqueur a moins touché de ballons que son adversaire (en 1974, 1982, 1986, 1998, 2002 et 2006).

Qu'en sera-t-il dimanche entre la France et la Croatie? Pour Yves Débonnaire cette Coupe du monde a montré un football "qui ressemble de plus en plus au handball", avec des équipes qui attendent très bas en défense et parfois des adversaires à qui il manquait la faculté de percuter.

Cette stratégie oblige à chercher des joueurs capables d'avancer avec le ballon. "Pour déjouer ces plans, les équipes ont besoin d'un Eden Hazard, de Mbappé ou d'un Modric, capable d'éliminer un adversaire et d'aller de l'avant. Ceux-là auront de plus longues possessions individuelles", conclut-il.

Marc Renfer, Tybalt Félix

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