Revivez quelques-unes des plus belles finales de Coupe du monde

Grand Format

Facundo Arrizabalaga / EPA - Keystone

Introduction

A l'occasion de la rediffusion de différentes finales de Coupe du monde, RTSsport vous propose de revivre ces Mondiaux à travers quelques anecdotes et faits marquants.

2018 ou l'avènement de "Donatello"

Chapitre 01

La Coupe du monde débarque pour la première fois de son histoire en Russie pour y fêter sa vingt-et-unième édition. Le contexte est particulier et ne peut être occulté tant il a fait figure de séisme dans le monde du sport. La FIFA est gangrénée par les soupçons et les affaires de corruption, qui concernent notamment le processus d'attribution des Mondiaux 2018 et 2022. Plusieurs hauts dirigeants sont suspendus, certains sont inculpés par la justice. Le président Sepp Blatter est emporté par le tourbillon en raison de soupçon autour d'un paiement de près de deux millions de francs à Michel Platini. Il remet son mandat quelques jours après sa réélection. Le président de l'UEFA, successeur tout désigné du Haut-Valaisan à la tête de la FIFA, est lui aussi emporté. Au final, c'est Gianni Infantino qui reprend les rênes de l'instance mondial en 2016. A cela, s'ajoute des menaces de boycott en raison de l'affaire Skripal, du soutien de Vladimir Poutine au régime de Bachar el-Assad en Syrie, ou encore de l'annexion de la Crimée.

Malgré ce contexte, la Russie continue de préparer l'événement, une véritable vitrine en terme d'image, et se tient prête à accueillir ce tournoi, dont la nouveauté majeure est l'introduction de l'assistance vidéo. Un quatrième changement devient également autorisé en cas de prolongations. Le format du Mondial demeure le même. Sur le terrain, le spectacle est au rendez-vous quand bien même le jeu est pragmatique, moins axé sur la possession dont la France et la Russie sont de très bons exemples. En terme de statistiques, la compétition reste dans la lignée de la précédente avec une moyenne de buts par match à peine plus basse (2,64 contre 2,67 en 2014). Présente pour la quatrième fois d'affilée, la Suisse échoue pour la troisième fois en huitièmes de finale. Quatre ans après avoir frôlé l'exploit contre l'Argentine, elle trébuche au terme d'une rencontre insipide remportée 1-0 par la Suède. Elle aura cependant marqué la compétition par sa performance face au Brésil de Neymar (1-1) et les célébrations de Xherdan Shaqiri et Granit Xhaka, mimant un aigle avec leurs mains, lors de la victoire 2-1 face à la Serbie. Des gestes qui ont provoqué la polémique.

Si le destin des Helvètes ou encore des Allemands, champions du monde en titre éliminés dès la phase de groupes, rime avec désillusion, il en va tout autrement de celui de la France qui peine à séduire par son jeu, mais qui, portée par le talent d'Antoine Griezmann et du prodige Kylian Mbappé, va témoigner d'une force de frappe hors du commun dont le huitième de finale enlevé de haute lutte 4-3 face à l'Argentine demeure sans doute le meilleur exemple avant la finale. Vingt ans après l'épopée de sa génération dorée emmenée par Davor Suker, la Croatie de Luka Modric crée la surprise dans l'autre partie du tableau en se hissant jusqu'en finale après avoir notamment éliminé l'Angleterre dans une demi-finale où la sélection au damier témoigne de toute sa force de caractère.

Après s'est extrait du groupe C de manière poussive, notamment lors d'un 0-0 sans saveur face au Danemark (seul 0-0 du tournoi), la France n'a pas forcément les faveurs de la cote au moment d'affronter l'Argentine de Lionel Messi, le 30 juin à Kazan. C'est pourtant ce jour-là qu'elle dispute son match le plus à la hauteur de son talent et le plus à la mesure du potentiel de son armada offensive. Dès la 13e minute, Mbappé torpille la défense de l'"Albiceleste" par sa pointe de vitesse et obtient un penalty que transforme Griezmann. Les "Bleus" de Didier Deschamps commettent cependant l'erreur de reculer et permettent à Angel di Maria (41e), puis à Messi, sur un tir dévié par Gabriel Mercado (47e), de renverser la vapeur. Dos au mur, alors que le calcul ne lui est plus permis, la France va enfin se montrer conquérante dans le jeu.

Et cela lui sourit. Sur une attaque placée, Lucas Hernandez parvient à déborder sur le côté gauche et à adresser un centre que reprend Benjamin Pavard d'une somptueuse demi-volée de l'extérieur du pied (57e). Le but du tournoi. Sans conteste. Commence alors le show Mbappé, "Donatello" comme le surnomment certains de ses coéquipiers au PSG. L'attaquant se joue tout d'abord des Argentins avec un enchaînement victorieux dans leur surface (64e), puis il les crucifie sur un contre d'école (67e). Messi et ses coéquipiers ne s'en remettent pas quand bien même Sergio Aguëro réduit le score de la tête dans le temps additionnel. Malgré quelques errements défensifs, la France tient son match référence.

La Croatie de Modric fait elle preuve d'un caractère hors du commun dans son parcours. Cette force mentale, elle va encore l'exprimer le 11 juillet au Stade Loujniki de Moscou contre l'Angleterre. Après avoir été menée au score, elle a arraché sa qualification aux penalties face au Danemark en huitièmes et face à la Russie en quarts. Les Croates concèdent, une fois encore, l'ouverture à la marque sur un coup franc de Kieran Trippier dès la 5e minute. Visiblement émoussés, ils tentent de profiter du repli anglais durant l'heure qui suit. Ils ne trouvent cependant pas la solution et peinent à se montrer réellement dangereux. C'est au contraire, la sélection de Gareth Southgate qui se montre la plus tranchante. Las pour lui et ses coéquipiers, Harry Kane, qui va tout de même finir meilleur buteur du tournoi avec six réalisations, perd son duel avec Danijel Subasic et ajuste le poteau dans la foulée (30e).

La Croatie, qui continue à croire en sa bonne étoile grâce à l'incapacité des Anglais à réussir le K.O., trouve finalement les ressources pour revenir sur une inspiration de Sime Vrsaljko. Le latéral adresse un magnifique centre que transforme en or, d'un joli coup de patte, Ivan Perisic à la 68e. Le même Perisic, qui touche le poteau à la 72e, se mue en héros à la 109e, alors qu'on joue la deuxième période des prolongations. Le milieu offensif de l'Inter effectue une tête en direction d'un Mario Mandzukic diminué à la suite d'un choc avec le portier Jordan Pickford, mais qui parvient tout de même à hisser la Croatie en finale pour la première fois de son histoire. La hargne et la technique ont fait la différence face à la sélection au "Three Lions", dont le jeu minimaliste a jusqu'alors été compensé par leur brio sur balles arrêtées (neuf buts sur onze).

Marquer dans une finale, c’est toujours particulier. J’ai toujours travaillé pour vivre des moments comme ça. Mais ce n’est pas la fin non plus. Il faut continuer parce que j’ai l’ambition d’aller plus loin. D’aller jusqu’au bout de mes limites.

Kylian Mbappé. [Yuri Kochetkov / EPA - Keystone]
Kylian Mbappé, auteur du 4-1 lors de la finale.

La France et la Croatie se retrouvent à Moscou, vingt ans après la demi-finale perdue par la sélection au damier, pour une finale inédite. Les Français, qui se présentent avec quasiment un match en moins que leurs adversaires qui sont systématiquement passés par les penalties ou les prolongations depuis les huitièmes, sont donnés favoris.

Ce sont étonnamment Luka Modric, meilleur joueur du tournoi, et ses coéquipiers qui dictent le tempo une mi-temps durant devant les quelque 78'000 fans du Stade Loujniki. Une vaine domination cependant puisque les Français, diablement efficaces, atteignent la mi-temps avec un avantage au score de 2-1. Les "Bleus" finissent par l'emporter 4-2 face à des Croates lessivés et décrochent leur deuxième étoile pour rejoindre au palmarès l'Argentine et l'Uruguay.

Revivez les meilleurs moments de cette finale.

France
4 - 2
Croatie
2-1 2-1
18' Mandzukic 1-0
38' Griezmann (Pénalty) 2-1
59' P.Pogba 3-1
65' Mbappé 4-1
28' Perisic 1-1
69' Mandzukic 4-2
Entraîneurs
Didier Deschamps
Zlatko Dalic
Équipes
Lloris
Pavard
Varane
Umtiti
Hernandez
P.Pogba
Kante
Mbappé
Griezmann
Matuidi
Giroud
Thauvin
Rami
Mandanda
Sidibe
N'Zonzi
Aréola
Mendy
Fekir
Tolisso
Lemar
Kimpembe
Dembélé
Subasic
Vrsaljko
Lovren
Vida
Strinic
Brozovic
Modric
Rakitic
Rebic
Mandzukic
Perisic
Corluka
Pivaric
Badelj
Kovacic
Kramaric
Jedvaj
Pjaca
Bradaric
Kalinic
Caleta Car
Livakovic
Cartons
27' Kante 41' Hernandez
90'+2 Vrsaljko
Stade Loujniki Moscou
78011 spectateurs
Néstor Pitana
Hernan Maidana
Juan Pablo Belatti
Thomas Eisenhuth / EPA - Keystone

2014 ou le chef d’oeuvre de "Miro"

Chapitre 02

La Coupe du monde fait son retour au Brésil, là où le football est roi, pour sa vingtième édition. L’espoir d’une magnifique fête du ballon rond n’assure cependant pas la paix sociale au pays organisateur. Au contraire, le contraste entre les difficultés quotidiennes de la population et les dépenses colossales pour l’organisation de l’événement attise la grogne qui va se matérialiser dans les rues avec des manifestations, des heurts avec les forces de l’ordre et une pression de plus en plus grandissante sur le gouvernement. Cette tension sociale, exacerbée durant l’été 2013, n’empêche cependant pas le Mondial de commencer comme prévu le 12 juin 2014.

Le format demeure le même que lors des précédentes éditions. Les nouveautés ne sont pas légions. Il convient néanmoins de signaler l’arrivée du spray pour les arbitres et la mise en place de la technologie sur la ligne de but. Une première en Coupe du monde. La compétition, pour laquelle se sont qualifiés toutes les nations championnes du monde, tient toutes ses promesses sur le terrain. Le football pratiqué, notamment par l’Allemagne, est simple, rapide et diablement efficace. De manière générale, le style tend vers l’offensive et les filets tremblent plus souvent qu’à l’accoutumée. La moyenne de buts par match inscrit dans ce Mondial brésilien, à savoir 2,67, est la meilleure depuis 1998.

Ces joutes sont riches en anecdotes, en duels de prestige, en festivals. Pour autant, l’humiliation infligée par l’Allemagne au Brésil en demi-finale demeure dans toutes les mémoires des amateurs et semble un véritable incontournable à aborder avant la finale. D’un moindre impact sur l’histoire du football mondial, l’élimination de la Suisse en huitièmes de finale face à l’Argentine de Lionel Messi reste sans doute la plus cruelle de l’histoire de sélection helvétique et la plus marquante pour les supporters tant l’exploit a semblé proche.

Coupe du monde 2014: le résumé du match Brésil - Allemagne [RTS]
RTS Sport - Publié le 25 juillet 2020

En fin d’après-midi, le 8 juillet 2014, le Brésil vit un terrible cauchemar à Belo Horizonte. Le pire de son histoire. Sous pression en raison des attentes populaires, donnée favorite, la « Seleçao » n’a pourtant guère convaincu dans le jeu durant son parcours jusqu’en demi-finale. Elle doit de plus composer sans Neymar, blessé, ni Thiago Silva, suspendu. Face à elle, se dresse une « Mannschaft » au sommet de son art et portée par un collectif à toute épreuve. C’est d’ailleurs elle qui prend les devants dès la 11e minute par Thomas Müller. Miroslav Klose double la mise à la 23e. « Miro » inscrit au passage son seizième but dans une phase finale de Coupe du monde et devient ainsi le meilleur buteur de l’histoire de la compétition devant… Ronaldo. Ce deuxième but allemand sonne les « Auriverde » qui perdent totalement le fil.

Le génial Toni Kroos, par deux fois, et Sami Khedira, font passer le score à 5-0 avant la demi-heure de jeu. La démonstration est terrible, les gradins commencent à se vider, les larmes coulent sur les visages des fans brésiliens. Ceux qui conservent leur place dans le stade Mineirao boivent le calice jusqu’à la lie avec le doublé d’André Schürrle en deuxième mi-temps. La réduction du score d’Oscar à la 90e ne change rien à l’affaire : invaincu à domicile depuis 62 matches, le Brésil concède la plus cuisante défaite dans une demi-finale de Coupe du monde et, selon certains observateurs, la pire humiliation de l’histoire pour un pays organisateur. Ainsi, cinquante-quatre ans après le « Maracanaço », le mortifiant revers à domicile en finale face à l’Uruguay (2-1), le Brésil du football connaît un nouveau terrible choc, le « Mineiraço ».

La Suisse, elle, ne passe pas à côté de son sujet le 1er juillet dans la sublime Arena Corinthians de Sao Paulo. Elle est la meilleure sur la pelouse durant les 45 premières minutes face à des Argentins qu’elle réussit à faire déjouer avec brio. Mais le plat du pied de Granit Xhaka, parfaitement servi en retrait par Xherdan Shaqiri, est parfaitement capté par Sergio Romero. Puis, Josip Drmic, mis sur orbite par l’intenable « XS », manque sa balle piquée qui termine sa course dans les bras du portier adverse. Rageant. Le scénario change après la pause. Les Helvètes doivent défendre et résister, ce qu’ils réussissent à merveille grâce, notamment, à un Diego Benaglio en état de grâce.

Coupe du monde 2014: le résumé du match Argentine - Suisse [RTS]
RTS Sport - Publié le 25 juillet 2020

0-0 à la fin du temps réglementaire: il faut en passer par les prolongations. Les Suisses sont les plus entreprenants durant la première période. L’« Albiceleste » semble sur le point de rompre physiquement. Elle retrouve cependant son second souffle et ouvre la marque à la 118e par Angel Di Maria, sur une passe de Messi, à la suite d’un ballon perdu à mi-terrain par Stephan Lichtsteiner. La sélection d’Ottmar Hitzfeld, dont il s’agit du dernier match à la barre de cette formation, n’abdique pas pour autant et se ménage une énorme opportunité d’égaliser. Las, la tête de Blerim Dzemaili s’écrase sur le poteau et le ballon, qui rebondit sur lui, finit sa course à côté de la cage argentine. La défaite est consommée. Elle est cruelle. Car la Suisse n’a jamais autant mérité d’aller en quarts de finale que lors de cette édition.

J'ai dit que de décrocher ce record devait être l'un de mes objectifs. Mais c'était beaucoup plus important pour moi de devenir Champion du monde.

Miroslav Klose. [Marcelo Sayao / EPA - Keystone]
Miroslav Klose, auteur de deux buts, qui devient le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde.

L’Allemagne et l’Argentine se retrouvent pour la troisième fois en finale d’une Coupe du monde. L’« Albiceleste » a remporté leur premier duel à ce stade au Mexique en 1986 avant que la « Mannschaft » ne prenne sa revanche quatre ans plus tard en Italie.

RTSsport vous replonge dans cette confrontation décisive du Mondial 2014 au mythique stade Maracana de Rio de Janeiro. Ce match à suspense se débloque durant la deuxième période des prolongations avec le but de Mario Götze. L’Allemagne a triomphé pour la quatrième fois de son histoire et devient, aux yeux de bon nombre d’observateurs, l’un des plus beaux vainqueurs de la compétition tant elle séduit par son jeu.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 2014: finale Allemagne - Argentine 1-0 ap. [RTS]
RTS Sport - Publié hier à 10:35

Finale de la Coupe du monde 2014. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 2014. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Srdjan Suki / EPA - Keystone

2010 ou la récompense de "Don Andres"

Chapitre 03

Pour sa dix-neuvième édition, la Coupe du monde met le cap sur l’Afrique du Sud, premier pays du continent africain à organiser l’événement. De nouveaux stades sont érigés, des enceintes remises à neuf et de nombreux travaux entrepris pour améliorer les infrastructures de transports. Malgré des retards, encore accrus par des conflits sociaux, le tournoi commence bel et bien le 11 juin 2010 et va vivre un mois durant bercé par les entêtantes vuvuzelas. Et si la fête dans les arènes est au rendez-vous avec une belle ambiance, elle l’est un peu moins sur le terrain où le ballon officiel - ou «balle de plage», comme le qualifie le gardien espagnol Iker Casillas - ne fait pas le bonheur des attaquants avec le 2e plus petit nombre de buts en moyenne par match (2,27 buts) dans un Mondial.

Une moyenne à laquelle la Suisse va, malheureusement, contribuer avec un seul but inscrit, par Gelson Fernandes lors du succès historique 1-0 face à l’Espagne, lors de ses trois matches dans la poule H. Avec une victoire, une défaite (contre le Chili 1-0) et un piteux nul (face au Honduras 0-0), les Helvètes sont privés de 8e de finale. Tout comme la France, finaliste en 2006, qui se distingue par les polémiques, dont la fameuse grève de Knysna lors d’un entraînement. Dans ce même groupe A, le pays hôte échoue pour la première fois de l’histoire à se qualifier. L’Italie, tenante du titre, passe également à côté de son affaire. Ainsi, les deux finalistes de la précédente édition ne figurent pas dans le tableau de la phase à élimination directe. Une triste première.

Malgré son revers initial face à la sélection helvétique, l’Espagne franchit les obstacles les uns après les autres. Le champion d’Europe en titre peine à se montrer souverain, comme lors d’un quart de finale au scénario improbable durant lequel il arrache sa place dans le dernier carré face à un très solide Paraguay. Les Pays-Bas se frottent au dernier rescapé sud-américain, l’Uruguay, en demi-finale. Sans atteindre des sommets de jouerie, ce duel est riche en buts.

Coupe du monde 2010: le résumé de Paraguay - Espagne [RTS]
RTS Sport - Publié le 24 juillet 2020

Le 3 juillet à Johannesburg, l’Espagne affronte le Paraguay dans une évidente opposition de styles. Amoureux de la possession du ballon, les Ibères de Vicente Del Bosque butent sur le verrou sud-américain dans une rencontre fermée à double tour. Mais celle-ci se débride l’espace de quelques minutes à l’heure de jeu avec un penalty sifflé pour le Paraguay qui s’est vu refuser un but pour un hors-jeu discutable en première mi-temps. Le tir d’Oscar Cardoso est cependant capté par Casillas. Sur la relance, David Villa est fauché dans la surface adverse. Nouveau penalty. Xabi Alonso s’élance et marque. Il doit cependant retirer et bute sur le portier de la «Albirroja». Deux penalties arrêtés en l’espace de trois minutes. Fou.

Le rêve sud-américain prend du plomb dans l’aile à la 84e minute. Andrés Iniesta, le formidable maître à jouer de l’Espagne et futur héros de la finale, décale Pedro Rodriguez, lequel remporte son duel avec Justo Villar. Sa frappe heurte le poteau. Le ballon revient néanmoins dans les pieds de David Villa qui tire à son tour. Son essai rebondit à nouveau sur le poteau, touche le poteau opposé et finit sa course dans les filets. Trois poteaux pour un but: il fallait bien cela pour transpercer l’hermétique Paraguay. Roque Santa Cruz et Lucas Barrios lui offrent une ultime occasion de croire en son rêve. Casillas pose néanmoins son veto. L’Espagne se hisse pour la première fois en demi-finale, elle qui a échoué dans cette entreprise en 1934, 1986, 1994 et 2002. Elle y domine la séduisante Allemagne 1-0.

Coupe du monde 2010: le résumé d'Uruguay - Pays-Bas [RTS]
RTS Sport - Publié le 24 juillet 2020

Le Cap accueille la première demi-finale le 6 juillet 2010. Les Pays-Bas sont donnés largement favoris face à l’Uruguay, qui doit notamment sa qualification à la main aussi coupable que salvatrice de Luis Suarez face au Ghana en quarts de finale. Valeureux tombeurs du Brésil au tour précédent, les Néerlandais emmenés par un Wesley Sneijder étincelant entrent bien dans leur partie et ouvrent logiquement le score par Giovanni van Bronckhorst. Le routinier arme un missile de plus de 30 mètres pour inscrire l’un des plus beaux buts de la compétition. Mais les Sud-Américains reviennent à la marque avant la pause grâce à une magnifique frappe de Diego Forlan.

Plus frais que leurs adversaires, les Bataves pensent faire le plus dur en l’espace de 4 minutes. Sneijder, favori au Ballon d’Or après ses superbes performances avec l'Inter Milan, leur redonne l’avantage à la 69e et Arjen Robben aggrave la marque à la 73e. La tenace «Celeste» livre cependant un baroud d’honneur dans les derniers instants. Elle se relance par Maxi Pereira à la 92e mais ne parvient pas à égaliser par la suite. Après 1974 et 1978, les Pays-Bas goûtent à nouveau à la joie de disputer une finale de Coupe du monde.

Après mon but, j'ai pensé à ma famille, à tous les gens que j'aime. Cette victoire est le fruit d'un énorme travail.

Andres Iniesta. [Gerry Penny / EPA - Keystone]
Andres Iniesta, seul buteur de la finale de la Coupe du monde 2010

L’Espagne d’Andres Iniesta face aux Pays-Bas de Wesley Sneijder: une affiche aussi inédite que 100% européenne en finale de la Coupe du monde 2010. Championne d’Europe en titre et présente pour la première fois à ce stade de la compétition dans un Mondial, la «Roja» part avec les faveurs de la cote contre les Néerlandais qui espèrent bien soulever le trophée après les échecs de 1974 et 1978.

RTSsport vous propose de revivre cette finale au cœur du stade «Soccer City» de Johannesburg, garni de 84'490 spectateurs. Au terme d’un match tendu, l’Espagne, grâce à un but d’Iniesta en prolongation, donne raison à celui qui ne s’est jamais trompé dans ses prédictions durant la compétition: Paul le poulpe.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 2010: finale Pays-Bas - Espagne 0-1 ap. [RTS]
RTS Sport - Publié le 25 juillet 2020

Finale de la Coupe du monde 2010. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 2010. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Michael Urban - AFP

2006 ou le monument de "l’Architecte"

Chapitre 04

Encore "vexé" par une édition 2002 qui n’a pas souri à plusieurs de ses représentants de prestige, le Vieux Continent est bien décidé à remettre les pendules à l’heure lors de la dix-huitième édition de la Coupe du monde qu’accueille l’Allemagne. Les stades ont fait peau neuve, l’organisation est léchée et sera saluée, les favoris sont également au rendez-vous de ce tournoi, plutôt pauvre en buts (2,3 par match en moyenne) malgré les trajectoires étonnantes du ballon "Teamgeist", mais marqué par le renouveau dans le jeu de certaines sélections comme l’Espagne ou l’Allemagne qui remporteront les deux éditions suivantes et les derniers tours de piste de Zinédine Zidane.

Aucune révolution significative à signaler dans les règles ou dans le format de cette compétition qui permet à la Suisse de retrouver les joies d’un Mondial après avoir échoué à se qualifier pour les deux précédents. Aucun fan helvétique n’a pu oublier la belle entame du tournoi, la superbe arène de Dortmund où le "mur jaune" s’est teint de rouge pour la victoire 2-0 face au Togo, la belle première place de groupe, malgré la présence de la France, et le terrible échec en huitièmes de finale aux tirs au but face à l’Ukraine au terme d’une partie insipide. La formation de Köbi Kuhn quitte le tournoi sans avoir encaissé de but.

Son élimination fait les affaires d’une Italie qui ne va éprouver aucune peine à disposer de cette Ukraine peu joueuse. Les Transalpins, forts de ce succès 3-0, vont s’offrir le luxe d’éliminer la séduisante Allemagne dans une magnifique demi-finale. La France, elle, après s’être difficilement extirpée de la phase de poule en prenant la deuxième place du groupe G derrière la Suisse, monte en puissance. Son maître à jouer, Zinédine Zidane, héros du titre de 1998, livre un quart de finale somptueux face au Brésil. Retour sur deux rencontres majeures de cette édition avant la finale.

Le 4 juillet 2006, l’arène de Dortmund accueille l’un des classiques du football avec un duel entre le pays hôte, l’Allemagne, et l’Italie. La "Mannschaft" est considérée comme favorite dans cette affiche, tout du moins par la presse allemande qui fait monter la pression. Les Transalpins ont, eux, vu leur préparation émaillée par une anecdote amusante. Avant le début d’un entraînement, le sélectionneur Marcello Lippi croit deviner la présence de photographes dans la pinède aux alentours du terrain en raison de reflets. Il invite ainsi toute son équipe à se rapprocher des arbres et tous montrent leurs fesses. "Evidemment, personne n’était caché, sinon la photo aurait fait le tour du monde", s’amusera plus tard Lippi.

Coupe du monde 2006: les buts du match Italie - Allemagne [RTS]
RTS Sport - Publié le 17 juillet 2020

Pas de quoi décontenancer la "Squadra Azzurra" qui témoigne rapidement de sa motivation dans la chaleur étouffante du Westfallen Stadion. Les duels sont disputés, les espaces sont fermés aux attaquants, mais les Italiens trouvent plus souvent le moyen de se montrer dangereux malgré un Andrea Pirlo discret. Ce dernier joue de mieux en mieux au fil de la rencontre et avec lui la supériorité italienne s’affirme de plus en plus. Pour autant, aucun but n’est marqué. Dès le début de la prolongation, l’Italie touche le poteau, puis la transversale. Elle doit attendre la 119 minute et un décalage génial de Pirlo pour voir Fabio Grosso ouvrir la marque. Alessandro Del Piero crucifie les Allemands dans les arrêts de jeu. L’Italie se hisse en finale d’une Coupe du monde pour la sixième fois.

Une finale qu’elle dispute face à la France. Les "Bleus" de Raymond Domenech ont eu un parcours chaotique avant la phase à élimination directe. Mais dès les huitièmes, ils offrent un autre visage. Ils dominent avec brio l’Espagne 3-1 après une très bonne deuxième période. Le 1er juillet à Francfort, ils affrontent un Brésil qui s’est amusé face au Ghana au tour précédent (3-0). Dès les premières secondes, Zidane touche au sublime. Gestes géniaux à l’appui, il pose son empreinte sur une rencontre qu’il semble rapidement pouvoir infléchir d’un coup de patte. L’un des meilleurs joueurs français de l’histoire, si ce n’est le meilleur, dispute ce jour-là peut-être son meilleur match avec le maillot national. 

Retour sur la performance extraordinaire de Zidane contre le Brésil en 1-4 de finale
Foot - Publié le 17 juillet 2020

Et c’est sans surprise qu’on le trouve à l’origine du seul but de la rencontre. Il transforme un coup franc excentré à plus de 30 mètres du but en sublime passe décisive pour un Thierry Henry complètement oublié au deuxième poteau. On joue la 57 minute et les Tricolores ouvrent logiquement la marque. A noter qu’il s’agit de la seule assistance du numéro 10 pour l’attaquant en neuf ans d’histoire commune en équipe nationale. Disciplinés, physiquement supérieurs, emmenés par un joueur d’exception, ces derniers tiennent le score jusqu’au bout. "Zizou" marque également en demi-finale, sur penalty, le seul but face à un solide Portugal et qualifie la France pour la finale.

Je ne ressens pas de pression, je n’y pense pas. Le 9 juillet 2006, j’ai passé l’après-midi à faire la sieste et à jouer à la Playstation. Le soir je suis sorti et j’ai gagné la Coupe du Monde.

Andrea Pirlo. [François-Xavier Marit - AFP]
Andrea Pirlo, maître à jouer de l'équipe d'Italie.

L’Italie d’Andrea Pirlo, "l’architecte" lombard, affronte une France portée par un Zidane au sommet de son art et qui paraît voué à décrocher une deuxième étoile. Quatre ans après un Mondial 2002 où les deux formations n’ont guère brillé, six ans après la finale de l’Euro 2000 remportée par les "Bleus" face aux Italiens, elles ont soif d’en découdre.

RTSsport vous a proposé de plonger dans l’Olympiastadion de Berlin et de revivre cette finale si particulière de la Coupe du monde 2006, remportée par l’Italie (5-3 tb, 1-1 ap). De la panenka de "Zizou" à son expulsion après son coup de tête sur Marco Materazzi, en passant par les parades de Gianluigi Buffon, les inspirations de Pirlo, la séance de tirs au but, ce match réunit tous les ingrédients de l’inoubliable.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 2006: finale Italie - France 5-3 tb (1-1 ap) [RTS]
RTS Sport - Publié le 20 juillet 2020

Finale de la Coupe du monde 2006. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 2006. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Action Images / Darren Walsh - Reuters

1998 ou le triomphe de "Zizou"

Chapitre 05

Après une escapade aux Etats-Unis en 1994, la Coupe du monde retrouve l’Europe, et plus précisément la France, en 1998. Le spectacle est au rendez-vous de cette seizième édition. Les filets tremblent à 171 reprises (2,67 buts par match), soit le plus haut total de l’histoire, à égalité avec le Mondial 2014 au Brésil, les rebondissements sont également fréquents avec un total record de 22 cartons rouges distribués. A ces éléments de statistiques, il faut bien évidemment ajouter quelques grands noms de l’histoire du football avec Zinédine Zidane, Ronaldo, Roberto Baggio ou encore Dennis Bergkamp pour n’en citer que quatre.

La compétition accueille pour la première fois 32 équipes, réparties en huit groupes, dont les deux premières accèdent aux huitièmes de finale. Il s’agit d’une des grandes nouveautés du tournoi avec l’introduction de la règle du but en or lors des prolongations des matches à élimination directe, une règle déjà utilisée lors de l’Euro 1996. La France est la seule à en profiter dans ce tournoi avec le but décisif de Laurent Blanc à la 114 minute du huitième de finale face au Paraguay (1-0).

Ce match ouvre la voie aux Bleus qui éliminent dans la foulée l’Italie, puis la Croatie dans une demi-finale au scénario incroyable. Dans l’autre partie du tableau, les Pays-Bas affrontent l’Argentine pour la troisième fois en Coupe du monde. Un match où Dennis Bergkamp inscrit le chef d’œuvre de ces joutes. Retour sur ces deux rencontres.

Malgré la mauvaise presse de son sélectionneur Aimé Jacquet qui cristallise bon nombre de critiques de certains médias, l’équipe de France entre bien dans son tournoi. Elle remporte ses trois matches de poule. Seule ombre au tableau, l’expulsion stupide de Zidane pour s’être essuyé les crampons sur un joueur de l’Arabie saoudite et sa suspension pour deux matches. Privés de leur maître à jouer, les "Bleus" doivent attendre la prolongation pour dompter les Paraguayens. En quarts, face à l’Italie, les tricolores livrent un bon match mais ne passent l’épaule que lors de la séance de tirs au but. La France s’offre ainsi le droit de se mesurer à la Croatie en demi-finale le 8 juillet.

Coupe du monde 1998: les buts du match France - Croatie [RTS]
RTS Sport - Publié le 10 juillet 2020

Les surprenants Croates viennent de créer la sensation en éliminant 3-0 l’Allemagne. Dirigés par Miroslav Blazevic, ils proposent un jeu résolument tourné vers l’offensive. Face à eux, les Bleus continuent de s’appuyer sur une solide arrière-garde. L’opposition de style est manifeste en première période et la Croatie fait souffrir son opposant sans parvenir toutefois à marquer. Tout s’enchaîne après la pause, Davor Suker, futur meilleur buteur du tournoi, transforme en or un bijou de passe d’Aljosa Asanovic. Mais les Croates ont à peine fini d’exulter que Lilian Thuram égalise au terme d’un une-deux avec Youri Djorkaeff. Le même Thuram réussit un improbable doublé au courage à la 70, ses deux buts resteront les deux seuls de sa carrière en sélection nationale (142 matches). Même réduite à 10, la France parvient à endiguer les assauts croates et se hisse en finale.

Au stade des quarts de finale, les spectateurs du stade Vélodrome assistent le 4 juillet au troisième acte d’un grand classique de Coupe du monde opposant les Pays-Bas à l’Argentine. Après la démonstration batave en 1974, après le succès de l’"Albiceleste" à domicile en finale quatre ans plus tard, se retrouvent deux très belles équipes qui vont se livrer un magnifique duel qui commence très fort avec l’ouverture du score de Patrick Kluivert dès la 12 minute et l’égalisation adverse de Claudio Lopez cinq minutes plus tard. La rencontre penche du côté des Néerlandais jusqu’à l’expulsion d’Arthur Numan à la 70e. L’Argentine, éprouvée physiquement, pousse dès lors tant et plus pour éviter une nouvelle prolongation après son duel face à l’Angleterre au tour précédent remporté aux penalties.

Coupe du monde 1998: le magnifique but de Dennis Bergkamp [RTS]
RTS Sport - Publié le 10 juillet 2020

Mais le coup de sang d’Ariel Ortega, averti pour avoir simulé une faute dans la surface, puis expulsé dans la foulée pour un coup de tête sur le portier Edwin van der Sar, redonne espoir aux "Oranje". Quelques instants plus tard, Frank de Boer réussit une ouverture de plus de 40 mètres pour Dennis Bergkamp dans la surface argentine. Le "Magicien" élimine d’un superbe geste Roberto Ayala et marque le plus beau but de la compétition pour qualifier les Pays-Bas. La sélection de Guus Hiddink bute cependant contre le Brésil, comme en quarts de finale lors du Mondial 1994. Elle est battue lors de la séance de tirs au but pour le plus grand bonheur des champions du monde en titre qui se hissent en finale.

La force qui t'envahit sur le moment, l'intensité émotionnelle… Je n'ai jamais revécu cela.

Zinédine Zidane. [Gabriel Bouys - AFP]
Zinédine Zidane, auteur d'un doublé en finale de la Coupe du monde.

Le Brésil des Ronaldo, Rivaldo… aborde la finale en favori. Un cinquième sacre lui semble promis le 12 juillet 1998 face à une France solide, mais privée de son libéro Laurent Blanc, suspendu, et dont le style de jeu n’a pas convaincu les observateurs.

RTSsport vous a proposé de plonger dans le Stade de France, garni de quelque 80’000 fans, et de revivre cette finale de la Coupe du monde 1998, remportée 3-0 par la France grâce notamment à un doublé de Zinédine Zidane. Le numéro 10, reconnu comme un grand joueur, est devenu une légende du football français. Il a d’ailleurs décroché le prestigieux Ballon d’Or pour sa formidable année 1998.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1998: finale France - Brésil 3-0 (2-0) [RTS]
RTS Sport - Publié le 17 juillet 2020

Finale de la Coupe du monde 1998. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1998. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Carlo Fumagalli - Keystone

1986 ou le sacre du "Pibe de Oro"

Chapitre 06

La treizième édition de la Coupe du monde renoue avec les charmes du Mexique. Le tournoi se déroule en Amérique centrale après le désistement de la Colombie en 1983 et l’abandon de l’option de l’Amérique du Nord où l’engouement pour le football est faible. Toutefois, la compétition ne renoue pas avec la mémorable fête de 1970 dans un pays qui pleure encore ses quelque 10'000 victimes du terrible tremblement de 1985. Le jeu est lui moins spectaculaire, moins tourné vers l’offensive. Il n’en reste pas moins que plusieurs joueurs et plusieurs matches entrent dans les annales de l’histoire.

Les 24 équipes engagées sont réparties en 6 groupes. Les deux premières de chaque poule ainsi que les 4 meilleures troisièmes s’affronteront, grande nouveauté, en une deuxième phase à élimination directe qui commence au stade des huitièmes de finale. Cette édition est marquée de l’empreinte de Diego Armando Maradona. Le numéro 10 de l’Argentine, au sommet de son art à 26 ans, emmène une belle sélection et se distingue tant comme le héros que le paria de ces joutes. Autre destinée pour un autre numéro 10, Michel Platini, porteur lui aussi des espoirs de toute une nation.

Le capitaine du Napoli et de l’"Albiceleste" se fraie une place dans la légende lors d’une rencontre des quarts de finale face à l’Angleterre où sa performance témoigne à la fois de son génie et de sa part d’ombre. Outre ce duel marquant par sa dramaturgie, le quart de finale entre la France et le Brésil s’élève lui à des sommets de jouerie, surtout en deuxième mi-temps.

Quatre ans après la guerre des Malouines, dont la victoire britannique est subie comme une humiliation en Argentine, le contexte du quart de finale entre Anglais et Argentins demeure particulier. Peut-être crispées par l’enjeu, les deux équipes ne parviennent pas à se libérer durant une première mi-temps où les nombreuses fautes anglaises hachent le jeu. Il faut attendre la 51e minute pour vivre le premier moment marquant. Un instant qui restera gravé. Celui, durant lequel, Maradona s’élève dans les airs pour reprendre un ballon parti en chandelle après une tentative d’une-deux déviée par la défense anglaise. Celui, durant lequel, "El Diez" propulse la balle dans les buts de la main. C’est 1-0. Tout le monde a vu la tricherie. Tout le monde hormis l’arbitre.

Coupe du monde 1986: le résumé du match Argentine - Angleterre [RTS]
RTS Sport - Publié le 3 juillet 2020

Au diable succède, quatre minutes après, le dieu vivant. Probablement encore sous le choc, les Anglais voient la folle remontée du terrain de Maradona. Parti de son camp, l’Argentin dribble la moitié des joueurs de la sélection adverse, élimine le gardien et marque le 2-0. Ce but reste l’un des plus beaux, si ce n’est le plus beau, inscrits dans une phase finale d’un Mondial. Il a en tous les cas recueilli le plus de suffrages lors d’un sondage lancé en 2002 par la FIFA pour déterminer le plus beau but de l’histoire de la Coupe du monde. Gary Lineker, meilleur buteur du tournoi, réduit le score à la 81e minute en marquant son sixième et dernier but. Mais le mal est fait et une majorité des 115'000 fans présents au stade Aztèque de Mexico peuvent jubiler en ce 22 juin 1986.

La veille, à Guadalaja, l’équipe de France a éliminé le Brésil au terme d’une partie formidable. Grande favorite du tournoi après avoir remporté l’Euro deux ans plus tôt, la sélection emmenée par Michel Platini, diminué, se qualifie sans grande peine pour les huitièmes. Elle sort l’Italie, championne en titre, sans trembler et défie les Auriverde en quarts. Portés par les 65'000 spectateurs, les Brésiliens dansent une demi-heure durant. Les Bleus ne peuvent suivre le rythme de la samba mais peuvent se satisfaire de n’être menés que 1-0 (Careca à la 17e). "Platoche" peut ainsi, au terme d’un joli mouvement, remettre les compteurs à zéro quelques minutes avant la pause.

Coupe du monde 1986: le résumé du match France - Brésil [RTS]
RTS Sport - Publié le 3 juillet 2020

La deuxième période est anxiogène. Les équipes flamboient quand bien même les meilleures actions sont sud-américaines. Socrates, Branco, Julio Cesar, puis même Zico, sur penalty, butent sur un Joël Bats en état de grâce. La France tient bon et le suspense perdure durant la prolongation. Lors de la séance de tirs au but, Socrates ne parvient à abuser Bats. Platini manque aussi. Mais Julio Cesar échoue à son tour avant que Luis Fernandes ne propulse la France en demi-finale. Une demi-finale durant laquelle la France paie le prix fort pour sa débauche d’énergie. Son numéro 10, qui joue une fois encore sous infiltration, ne parvient à poser sa patte et quatre ans après la "nuit de Séville", l’Allemagne de l’Ouest d’Harald Schumacher se hisse une nouvelle fois en finale au détriment de la France.

Nous avons tout simplement été trop gourmands. Après mon égalisation, nous voulions vraiment forcer la décision dans le temps réglementaire au lieu de parier sur la prolongation.

Rudi Völler. [AFP]
Rudi Völler, auteur de 2-2 pour l'Allemagne de l'Ouest.

L’Argentine de Maradona rencontre l’Allemagne de l’Ouest, finaliste malheureuse de 1982, le 29 juin 1986 à Mexico. Le duel est disputé mais le dernier mot revient aux Sud-Américains portés par leur numéro 10 qui évolue sur une autre planète et est d’ailleurs désigné comme meilleur joueur du tournoi.

RTSsport vous a proposé de retrouver le stade Aztèque et ses 115'000 spectateurs pour revivre cette finale de la Coupe du monde 1986, remportée 3-2 par les Argentins face à des Allemands qui ont eu le mérite de revenir deux fois au score. L’"Albiceleste" a ainsi été sacrée pour la deuxième fois de son histoire, huit ans après son triomphe à domicile, et son prophète Maradona a acquis le statut de dieu vivant.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1986: finale Argentine - Allemagne de l'Ouest 3-2 (1-0)  [RTS]
RTS Sport - Publié le 10 juillet 2020

Finale de la Coupe du monde 1986. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1986. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Farabola/Leemage

1982 ou la renaissance de "Pablito"

Chapitre 07

Place forte du football européen avec les palmarès impressionnants de ses deux clubs phares, le Real Madrid et le FC Barcelone, l’Espagne accueille pour la première fois la Coupe du monde. Cette 12 édition marque un tournant dans le football. Elle est probablement le moment charnière dans l’histoire de ce sport où la tactique prend le dessus sur la beauté du jeu, cet instant maudit ou non, selon les points de vue, où une certaine idée romantique du football se dissipe.

La compétition passe de 16 à 24 équipes. Elles sont réparties en 6 groupes de 4 nations lors du premier tour. Les 2 premiers se qualifient pour la deuxième phase et s’affrontent dans 4 poules de 3 sélections nationales dont les vainqueurs se hissent dans le dernier carré. L’inattendu marque ce tournoi : l’improbable succès algérien face à l’Allemagne de l’Ouest, l’intolérable « match de la honte » entre RFA et Autriche qui jouent à la passe à 10 pour geler un score qui les qualifie toutes les deux, l’inconsistance de la sélection espagnole devant son public ou encore l’intervention surréaliste du frère de l’émir du Koweït sur la pelouse pour faire annuler un but lors du match de ses compatriotes face à la France.

Mais s’il ne fallait retenir que deux rencontres, ce serait sans doute le duel entre l’Italie de Paolo Rossi et le séduisant Brésil de Socrates ainsi que l’inoubliable « nuit de Séville » durant laquelle Allemands de l’Ouest et Français se sont livrés une coriace bataille.

Le 5 juillet 1982, les quelque 44'000 spectateurs présents dans le stade de Sarrià à Barcelone assistent à une opposition de style entre une Italie, qui s’est qualifiée pour le deuxième tour avec trois matches nuls et vient de vaincre l’Argentine, et un Brésil impérial qui a survolé la compétition avec une sélection que bien des Brésiliens considèrent comme supérieure à celle de Pelé en 1970. Et pour cause, l’équipe de Telê Santana est quasiment uniquement composée de joueurs tous capables d’évoluer en no 10. Le vainqueur accèdera aux demi-finales.

Coupe du monde 1982: le résumé du match Italie - Brésil [RTS]
RTS Sport - Publié le 26 juin 2020

Résolument tourné vers l’attaque, le Brésil se fait piéger à deux reprises et est mené 1-0, puis 2-1. Revenu à 2-2, un résultat qui lui suffit, il continue d’attaquer, demeure fidèle à sa philosophie mais est crucifié par Rossi après une récupération de Marco Tardelli. Le bourreau des "Auriverde", auteur d’un triplé, s’est réveillé au bon moment. Tout juste revenu de deux ans de suspension pour son implication dans l’affaire du "Totonero", Rossi a conservé la confiance de son sélectionneur et après quatre matches de disette, il a enfin marqué. "Pablito" finit la compétition avec 6 buts qui lui offrent le titre de meilleur buteur de cette édition. Quant aux passionnés de football non italiens, ils pleurent la magie de cette si belle équipe "carioca".

L’Allemagne de l’Ouest a elle fait verser des larmes à bien des Français après son succès face aux Tricolores dans une demi-finale à jamais gravée dans l’histoire de la Coupe du monde. A l’heure de jeu, le portier Harald Schumacher sort de sa cage comme un boulet de canon et percute sauvagement Patrick Battiston de plein fouet, qui s’écroule sur la pelouse du stade Sanchez Pizjuan de Séville. Après de longues minutes, le coéquipier de Michel Platini est sorti sur civière. Il a perdu trois dents dans ce choc. Le score est de 1-1.

Coupe du monde 1982: le choc entre Schumacher et Battiston [RTS]
RTS Sport - Publié le 26 juin 2020

Probablement galvanisés par cette scène et l’injustice qui l’a émaillée - aucune faute sifflée -, la sélection de Michel Hidalgo tient bon et prend même le large lors de la première période des prolongations. Mais l’Allemagne revient de manière inespérée, égalise à la 108 minute et se qualifie pour la finale au terme de la première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du monde. Les "Brésiliens d’Europe" porté par leur carré d’as (Tigana-Genghini-Giresse-Platini) voient leur rêve de finale prendre cruellement fin.

Après avoir marqué, toute ma vie est passée sous mes yeux - le même sentiment qu'on dit que vous avez quand vous êtes sur le point de mourir.

Marco Tardelli.
Marco Tardelli, auteur du deuxième but en finale face à l'Allemagne de l'Ouest.

Deux équipes mal aimées, au parcours chaotique, se retrouvent ainsi en finale de la compétition, le 11 juillet 1982 dans le stade Santiago Bernabeu. L'Allemagne de l'Ouest de Karl-Heinz Rummenige, tombeuse de la France au terme d’une cruelle demi-finale, affronte l’Italie de Paolo Rossi, bourreau du si envoûtant Brésil au deuxième tour.

RTSsport vous a proposé de vous joindre aux 90'000 passionnés, réunis dans l’arène madrilène, pour revivre cette finale de la Coupe du monde 1982, facilement remportée 3-1 par les Transalpins face à des Allemands émoussés, le samedi 27 juin. Une issue qui a permis à l’Italie d’accrocher une troisième étoile à son maillot après 1934 et 1938.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1982: finale Italie - Allemagne de l'Ouest 3-1 (0-0)  [RTS]
RTS Sport - Publié le 3 juillet 2020

Finale de la Coupe du monde 1982. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1982. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

AP Photo/Str - Keystone

1974 ou la consécration du "Kaiser"

Chapitre 08

A la fête mexicaine de 1970, succède, en 1974, une Coupe du monde bien différente, en Allemagne de l'Ouest. Malgré l'atmosphère "seventies", post-1969, qui plane sur la compétition et fait notamment la part belle aux crinières arborées par les joueurs, le spectacle n'est pas le même. Le football offensif de 1970 se rend à la raison. Le jeu est plus physique, la majorité des équipes jouent avant tout pour ne pas perdre et la moyenne de buts chute à 2,55 par matches, malgré quelques scores fleuves.

Cela n'empêche pas cette dixième édition d'emporter dans son sillage son lot de nouveautés. Le format en premier lieu. Les seize équipes sont réparties en quatre groupes lors du premier tour. Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour le deuxième tour, où les huit équipes sont réparties en deux poules dont les vainqueurs s'affrontent en finale. Le trophée Jules Rimet, définitivement brésilien après le troisième triomphe des Auriverde en 1970, fait place au trophée que l'on connaît actuellement, imaginé par le Milanais Silvio Gazzaniga. Avec le Zaïre, la Coupe du monde accueille également pour la première fois une sélection sub-saharienne.

S'il devait y avoir deux moments à mettre en exergue dans ce Mondial, avant la finale, ce serait certainement le match Pays-Bas - Argentine et la rencontre hautement politique entre l'Allemagne de l'Ouest et l'Allemagne de l'Est.

Le stade de Gelsenkirchen accueille le 26 juin 1974 un duel qui marque le début d'une longue rivalité entre Néerlandais et Argentins. La vague "oranje" sur laquelle surfe le génial Johan Cruyff a tout balayé durant le premier tour. Le football total prôné par le sélectionneur Rinus Michels a conquis le monde, il est l'exception là où la majorité des sélections ont opté pour un jeu défensif. Or, ce match est peut-être celui où l'expression de ce football adulé est la plus marquante.

Coupe du monde 1974: les buts du match Pays-Bas - Argentine [RTS]
RTS Sport - Publié le 18 juin 2020

Cruyff, au sommet de son art, ouvre le score dès la 12e minute. Wim van Hanegem lance le no14 d'une louche, ce dernier dépose le gardien de l'Albiceleste avant d'inscrire probablement le plus beau but de la compétition. Le maître à jouer des Bataves délivre encore une passe décisive et signe le doublé en fin de match pour ponctuer la démonstration néerlandaise (4-0), durant laquelle l'Argentine demeure impuissante face au pressing agressif, à la circulation rapide du ballon et aux permutations des joueurs de Michels.

Alors que les Pays-Bas se sont emparés du statut de grandissimes favoris au fil du tournoi, l'Allemagne de l'Ouest, victorieuse de l'Euro 1972 et donnée gagnante par bien des observateurs avant le coup d'envoi de la compétition, peine à convaincre malgré la vista de son "Bomber" Gerd Müller et de son fantastique libéro Franz Beckenbauer. Minée par les conflits internes, elle est toutefois déjà qualifiée pour le deuxième tour avant d'affronter l'Allemagne de l'Est lors de son troisième match, le 22 juin 1974 à Hambourg.

Coupe du monde 1974: le but du match Allemagne de l'Ouest - Allemagne de l'Est [RTS]
RTS Sport - Publié le 18 juin 2020

Dans ce duel à risque pour le dispositif de sécurité et aux enjeux qui dépassent largement le cadre du jeu, la lutte est âpre entre les deux sélections pour s'offrir la première place du groupe 1. Un frisson parcourt les 60'000 fans du Volksparkstadion lorsque à la 77e, parfaitement servi par Erich Hamann, Jürgen Sparwasser échappe notamment à la vigilance du "Kaiser" Beckenbauer pour s'en aller inscrire le seul but de la rencontre. Un succès historique qui profite pourtant à l'Allemagne de l'Ouest. Deuxième de sa poule, l'équipe dirigée par Helmut Schön évite ainsi les flamboyants Pays-Bas au deuxième tour.

Le 2-1 en finale de la Coupe du monde de 1974 contre les Pays-Bas a été mon but le plus important.

Gerd Müller. [EPA - Keystone]
Le buteur allemand Gerd Müller, décisif en finale face aux Pays-Bas.

L'Allemagne de l'Ouest de Beckenbauer et les Pays-Bas de Cruyff se rencontrent le 7 juillet 1974 au Olympiastadion de Munich pour une opposition de style et un duel de légende entre deux des meilleurs joueurs de tous les temps.

RTSsport vous a proposé de rejoindre l'arène bavaroise, garnie de 79'000 personnes, pour revivre cette finale de la Coupe du monde 1970, perdue 2-1 par les Pays-Bas, le samedi 20 juin. Un duel dont le scénario a donné tort à bien des spécialistes et déçu bien des amateurs, charmés par le jeu néerlandais.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1974: finale Allemagne de l'Ouest - Pays-Bas 2-1 (2-1) [RTS]
RTS Sport - Publié le 21 juin 2020

Finale de la Coupe du monde 1974. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1974. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Keystone

1970 ou le couronnement du "Roi"

Chapitre 09

La Coupe du monde 1970 demeure l'une des plus belles jamais organisées. Le football comme une fête. Des stades en ébullition garnis en moyenne par 50'000 fans en délire, un jeu résolument offensif récompensé par une pluie de buts, à savoir 95 buts en 32 matches, des équipes mythiques emmenées par des joueurs de légende: tous les éléments ont convergé pour graver le rendez-vous mexicain en lettres capitales dans l'histoire du football.

Au-delà du spectacle, ces joutes ont permis à ce sport d'entrer dans la modernité. Elles ont été les premières à être diffusées en couleurs sur les télévisions. Elles ont offert aux arbitres l'occasion de brandir pour la première fois des cartons lors d'une Coupe du monde. Les remplacements en cours de matches ont fait leur apparition, à raison de deux par équipes. Les équimentiers sont entrés dans la danse et les vignettes Panini se sont mondialisées.

S'il ne fallait retenir que deux images, avant la finale, de ce Mondial, ce serait probablement l'arrêt miraculeux de Gordon Banks sur une tête de Pelé et la déception de Franz Beckenbauer, bras en écharpe, après l'élimination de l'Allemagne de l'Ouest.

Le 7 juin 1970, devant près de 67'000 spectateurs, le Brésil croise la route de l'Angleterre à Guadalajara. Les Auriverde se montrent conquérants. Après dix minutes de jeu, Jairzinho centre en direction de Pelé. Ce dernier pique sa tête et propulse le cuir au fond... ou presque. Gordon Banks pose son veto d'un geste incroyable. L'arrêt du siècle.

Coupe du monde 1970, l'arrêt de Gordon Banks [RTS]
RTS Sport - Publié le 28 mai 2020

"J'ai marqué un but mais Gordon Banks l'a arrêté", commentera le "Roi" après cette rencontre finalement remportée 1-0 par la Seleçao. Cette anecdote ne va pas empêcher un Pelé au sommet de son art d'étinceler et de porter l'une des meilleures équipes de tous les temps. Tour à tour passeur et buteur, il multiplie les gestes de génie et va logiquement être désigné comme le joueur du tournoi après avoir, une fois encore, brillé lors de la finale face à l'Italie.

Avant de défier le Brésil justement, l'Italie rencontre l'Allemagne de l'Ouest. Les deux équipes du Vieux Continent se livrent un duel farouche. Roberto Boninsegna ouvre le score mais Karl-Heinz Schnellinger égalise à la dernière minute du temps réglementaire. Durant les prolongations, la rencontre atteint des sommets et vire à un chassé-croisé, cinq buts en dix-sept minutes, qui sourit finalement à l'Italie de Gianni Rivera, auteur du but décisif.

Coupe du monde 1970, 1-2: Allemagne - Italie 3-4 ap [RTS]
RTS Sport - Publié le 28 mai 2020

Le milieu du Milan AC, oublié dans la surface, crucifie les Allemands à la 111e minute. Coupable d'une erreur de marquage sur ce but décisif, Franz Beckenbauer évolue depuis une vingtaine de minutes avec une clavicule cassée, la Mannschaft ayant épuisé ses changements. Loin d'en être blamé, le "Kaiser", bras en écharpe, va au contraire être salué pour son héroïsme dans ce qui est considéré comme le match du siècle. Une plaque, sur une façade du stade Aztèque de Mexico commémore cet incroyable duel du 17 juin 1970.

Avant le match, je me suis dit que Pelé était juste fait de chair et d'os, comme nous tous. Un peu plus tard, j'ai réalisé que j'avais tort.

Tarcisio Burgnich tente de s'interposer face à Pelé. [AP Photo - Keystone]
Tarcisio Burgnich, le défenseur italien en charge du marquage de Pelé lors de la finale

Le décor est posé. Les parcours connus. Le dimanche 21 juin 1970, l'Italie des Gianni Rivera, Luigi Riva et Roberto Boninsegna défie le Brésil des Pelé, Jairzinho et Rivelino. Les deux équipes aspirent à soulever pour la troisième fois le trophée Jules Rimet.

RTSsport vous a plongé au coeur du stade Aztèque à Mexico pour revivre cette belle finale de la Coupe du monde 1970, remportée 4-1 par le Brésil, le dimanche 7 juin. D'aucuns considèrent qu'il ne pouvait y avoir de plus merveilleuse issue que de voir la plus belle équipe de l'histoire triompher dans la plus belle des Coupes du monde.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1970: finale Brésil-Italie 4-1 [RTS]
RTS Sport - Publié le 9 juin 2020

Finale de la Coupe du monde 1970. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1970. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]