Football: revivez quelques-unes des plus belles finales de Coupe du monde

Grand Format

Carlo Fumagalli - Keystone

Introduction

A l'occasion de la rediffusion de différentes finales de Coupe du monde, RTSsport vous propose de revivre ces Mondiaux à travers quelques anecdotes et faits marquants.

1986 ou le sacre du "Pibe de Oro"

Chapitre 01

La treizième édition de la Coupe du monde renoue avec les charmes du Mexique. Le tournoi se déroule en Amérique centrale après le désistement de la Colombie en 1983 et l’abandon de l’option de l’Amérique du Nord où l’engouement pour le football est faible. Toutefois, la compétition ne renoue pas avec la mémorable fête de 1970 dans un pays qui pleure encore ses quelque 10'000 victimes du terrible tremblement de 1985. Le jeu est lui moins spectaculaire, moins tourné vers l’offensive. Il n’en reste pas moins que plusieurs joueurs et plusieurs matches entrent dans les annales de l’histoire.

Les 24 équipes engagées sont réparties en 6 groupes. Les deux premières de chaque poule ainsi que les 4 meilleures troisièmes s’affronteront, grande nouveauté, en une deuxième phase à élimination directe qui commence au stade des huitièmes de finale. Cette édition est marquée de l’empreinte de Diego Armando Maradona. Le numéro 10 de l’Argentine, au sommet de son art à 26 ans, emmène une belle sélection et se distingue tant comme le héros que le paria de ces joutes. Autre destinée pour un autre numéro 10, Michel Platini, porteur lui aussi des espoirs de toute une nation.

Le capitaine du Napoli et de l’"Albiceleste" se fraie une place dans la légende lors d’une rencontre des quarts de finale face à l’Angleterre où sa performance témoigne à la fois de son génie et de sa part d’ombre. Outre ce duel marquant par sa dramaturgie, le quart de finale entre la France et le Brésil s’élève lui à des sommets de jouerie, surtout en deuxième mi-temps.

Quatre ans après la guerre des Malouines, dont la victoire britannique est subie comme une humiliation en Argentine, le contexte du quart de finale entre Anglais et Argentins demeure particulier. Peut-être crispées par l’enjeu, les deux équipes ne parviennent pas à se libérer durant une première mi-temps où les nombreuses fautes anglaises hachent le jeu. Il faut attendre la 51e minute pour vivre le premier moment marquant. Un instant qui restera gravé. Celui, durant lequel, Maradona s’élève dans les airs pour reprendre un ballon parti en chandelle après une tentative d’une-deux déviée par la défense anglaise. Celui, durant lequel, "El Diez" propulse la balle dans les buts de la main. C’est 1-0. Tout le monde a vu la tricherie. Tout le monde hormis l’arbitre.

Coupe du monde 1986: le résumé du match Argentine - Angleterre [RTS]
RTS Sport - Publié vendredi à 16:19

Au diable succède, quatre minutes après, le dieu vivant. Probablement encore sous le choc, les Anglais voient la folle remontée du terrain de Maradona. Parti de son camp, l’Argentin dribble la moitié des joueurs de la sélection adverse, élimine le gardien et marque le 2-0. Ce but reste l’un des plus beaux, si ce n’est le plus beau, inscrits dans une phase finale d’un Mondial. Il a en tous les cas recueilli le plus de suffrages lors d’un sondage lancé en 2002 par la FIFA pour déterminer le plus beau but de l’histoire de la Coupe du monde. Gary Lineker, meilleur buteur du tournoi, réduit le score à la 81e minute en marquant son sixième et dernier but. Mais le mal est fait et une majorité des 115'000 fans présents au stade Aztèque de Mexico peuvent jubiler en ce 22 juin 1986.

La veille, à Guadalaja, l’équipe de France a éliminé le Brésil au terme d’une partie formidable. Grande favorite du tournoi après avoir remporté l’Euro deux ans plus tôt, la sélection emmenée par Michel Platini, diminué, se qualifie sans grande peine pour les huitièmes. Elle sort l’Italie, championne en titre, sans trembler et défie les Auriverde en quarts. Portés par les 65'000 spectateurs, les Brésiliens dansent une demi-heure durant. Les Bleus ne peuvent suivre le rythme de la samba mais peuvent se satisfaire de n’être menés que 1-0 (Careca à la 17e). "Platoche" peut ainsi, au terme d’un joli mouvement, remettre les compteurs à zéro quelques minutes avant la pause.

Coupe du monde 1986: le résumé du match France - Brésil [RTS]
RTS Sport - Publié vendredi à 16:19

La deuxième période est anxiogène. Les équipes flamboient quand bien même les meilleures actions sont sud-américaines. Socrates, Branco, Julio Cesar, puis même Zico, sur penalty, butent sur un Joël Bats en état de grâce. La France tient bon et le suspense perdure durant la prolongation. Lors de la séance de tirs au but, Socrates ne parvient à abuser Bats. Platini manque aussi. Mais Julio Cesar échoue à son tour avant que Luis Fernandes ne propulse la France en demi-finale. Une demi-finale durant laquelle la France paie le prix fort pour sa débauche d’énergie. Son numéro 10, qui joue une fois encore sous infiltration, ne parvient à poser sa patte et quatre ans après la "nuit de Séville", l’Allemagne de l’Ouest d’Harald Schumacher se hisse une nouvelle fois en finale au détriment de la France.

Nous avons tout simplement été trop gourmands. Après mon égalisation, nous voulions vraiment forcer la décision dans le temps réglementaire au lieu de parier sur la prolongation.

Rudi Völler. [AFP]
Rudi Völler, auteur de 2-2 pour l'Allemagne de l'Ouest.

L’Argentine de Maradona rencontre l’Allemagne de l’Ouest, finaliste malheureuse de 1982, le 29 juin 1986 à Mexico. Le duel est disputé mais le dernier mot revient aux Sud-Américains portés par leur numéro 10 qui évolue sur une autre planète et est d’ailleurs désigné comme meilleur joueur du tournoi.

RTSsport vous propose de retrouver le stade Aztèque et ses 115'000 spectateurs pour revivre cette finale de la Coupe du monde 1986, remportée 3-2 par les Argentins face à des Allemands qui ont eu le mérite de revenir deux fois au score. L’"Albiceleste" est ainsi sacrée pour la deuxième fois de son histoire, huit ans après son triomphe à domicile, et son prophète Maradona acquiert le statut de dieu vivant.

Rendez-vous samedi dès 16h05 sur RTS 2 ou sur RTSsport en suivant ce lien:

<< Argentine - Allemagne de l'Ouest >>

Finale de la Coupe du monde 1986. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1986. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Farabola/Leemage

1982 ou la renaissance de "Pablito"

Chapitre 02

Place forte du football européen avec les palmarès impressionnants de ses deux clubs phares, le Real Madrid et le FC Barcelone, l’Espagne accueille pour la première fois la Coupe du monde. Cette 12 édition marque un tournant dans le football. Elle est probablement le moment charnière dans l’histoire de ce sport où la tactique prend le dessus sur la beauté du jeu, cet instant maudit ou non, selon les points de vue, où une certaine idée romantique du football se dissipe.

La compétition passe de 16 à 24 équipes. Elles sont réparties en 6 groupes de 4 nations lors du premier tour. Les 2 premiers se qualifient pour la deuxième phase et s’affrontent dans 4 poules de 3 sélections nationales dont les vainqueurs se hissent dans le dernier carré. L’inattendu marque ce tournoi : l’improbable succès algérien face à l’Allemagne de l’Ouest, l’intolérable « match de la honte » entre RFA et Autriche qui jouent à la passe à 10 pour geler un score qui les qualifie toutes les deux, l’inconsistance de la sélection espagnole devant son public ou encore l’intervention surréaliste du frère de l’émir du Koweït sur la pelouse pour faire annuler un but lors du match de ses compatriotes face à la France.

Mais s’il ne fallait retenir que deux rencontres, ce serait sans doute le duel entre l’Italie de Paolo Rossi et le séduisant Brésil de Socrates ainsi que l’inoubliable « nuit de Séville » durant laquelle Allemands de l’Ouest et Français se sont livrés une coriace bataille.

Le 5 juillet 1982, les quelque 44'000 spectateurs présents dans le stade de Sarrià à Barcelone assistent à une opposition de style entre une Italie, qui s’est qualifiée pour le deuxième tour avec trois matches nuls et vient de vaincre l’Argentine, et un Brésil impérial qui a survolé la compétition avec une sélection que bien des Brésiliens considèrent comme supérieure à celle de Pelé en 1970. Et pour cause, l’équipe de Telê Santana est quasiment uniquement composée de joueurs tous capables d’évoluer en no 10. Le vainqueur accèdera aux demi-finales.

Coupe du monde 1982: le résumé du match Italie - Brésil [RTS]
RTS Sport - Publié le 26 juin 2020

Résolument tourné vers l’attaque, le Brésil se fait piéger à deux reprises et est mené 1-0, puis 2-1. Revenu à 2-2, un résultat qui lui suffit, il continue d’attaquer, demeure fidèle à sa philosophie mais est crucifié par Rossi après une récupération de Marco Tardelli. Le bourreau des "Auriverde", auteur d’un triplé, s’est réveillé au bon moment. Tout juste revenu de deux ans de suspension pour son implication dans l’affaire du "Totonero", Rossi a conservé la confiance de son sélectionneur et après quatre matches de disette, il a enfin marqué. "Pablito" finit la compétition avec 6 buts qui lui offrent le titre de meilleur buteur de cette édition. Quant aux passionnés de football non italiens, ils pleurent la magie de cette si belle équipe "carioca".

L’Allemagne de l’Ouest a elle fait verser des larmes à bien des Français après son succès face aux Tricolores dans une demi-finale à jamais gravée dans l’histoire de la Coupe du monde. A l’heure de jeu, le portier Harald Schumacher sort de sa cage comme un boulet de canon et percute sauvagement Patrick Battiston de plein fouet, qui s’écroule sur la pelouse du stade Sanchez Pizjuan de Séville. Après de longues minutes, le coéquipier de Michel Platini est sorti sur civière. Il a perdu trois dents dans ce choc. Le score est de 1-1.

Coupe du monde 1982: le choc entre Schumacher et Battiston [RTS]
RTS Sport - Publié le 26 juin 2020

Probablement galvanisés par cette scène et l’injustice qui l’a émaillée - aucune faute sifflée -, la sélection de Michel Hidalgo tient bon et prend même le large lors de la première période des prolongations. Mais l’Allemagne revient de manière inespérée, égalise à la 108 minute et se qualifie pour la finale au terme de la première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du monde. Les "Brésiliens d’Europe" porté par leur carré d’as (Tigana-Genghini-Giresse-Platini) voient leur rêve de finale prendre cruellement fin.

Après avoir marqué, toute ma vie est passée sous mes yeux - le même sentiment qu'on dit que vous avez quand vous êtes sur le point de mourir.

Marco Tardelli.
Marco Tardelli, auteur du deuxième but en finale face à l'Allemagne de l'Ouest.

Deux équipes mal aimées, au parcours chaotique, se retrouvent ainsi en finale de la compétition, le 11 juillet 1982 dans le stade Santiago Bernabeu. L'Allemagne de l'Ouest de Karl-Heinz Rummenige, tombeuse de la France au terme d’une cruelle demi-finale, affronte l’Italie de Paolo Rossi, bourreau du si envoûtant Brésil au deuxième tour.

RTSsport vous a proposé de vous joindre aux 90'000 passionnés, réunis dans l’arène madrilène, pour revivre cette finale de la Coupe du monde 1982, facilement remportée 3-1 par les Transalpins face à des Allemands émoussés, le samedi 27 juin. Une issue qui a permis à l’Italie d’accrocher une troisième étoile à son maillot après 1934 et 1938.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1982: finale Italie - Allemagne de l'Ouest 3-1 (0-0)  [RTS]
RTS Sport - Publié vendredi à 15:55

Finale de la Coupe du monde 1982. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1982. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

AP Photo/Str - Keystone

1974 ou la consécration du "Kaiser"

Chapitre 03

A la fête mexicaine de 1970, succède, en 1974, une Coupe du monde bien différente, en Allemagne de l'Ouest. Malgré l'atmosphère "seventies", post-1969, qui plane sur la compétition et fait notamment la part belle aux crinières arborées par les joueurs, le spectacle n'est pas le même. Le football offensif de 1970 se rend à la raison. Le jeu est plus physique, la majorité des équipes jouent avant tout pour ne pas perdre et la moyenne de buts chute à 2,55 par matches, malgré quelques scores fleuves.

Cela n'empêche pas cette dixième édition d'emporter dans son sillage son lot de nouveautés. Le format en premier lieu. Les seize équipes sont réparties en quatre groupes lors du premier tour. Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour le deuxième tour, où les huit équipes sont réparties en deux poules dont les vainqueurs s'affrontent en finale. Le trophée Jules Rimet, définitivement brésilien après le troisième triomphe des Auriverde en 1970, fait place au trophée que l'on connaît actuellement, imaginé par le Milanais Silvio Gazzaniga. Avec le Zaïre, la Coupe du monde accueille également pour la première fois une sélection sub-saharienne.

S'il devait y avoir deux moments à mettre en exergue dans ce Mondial, avant la finale, ce serait certainement le match Pays-Bas - Argentine et la rencontre hautement politique entre l'Allemagne de l'Ouest et l'Allemagne de l'Est.

Le stade de Gelsenkirchen accueille le 26 juin 1974 un duel qui marque le début d'une longue rivalité entre Néerlandais et Argentins. La vague "oranje" sur laquelle surfe le génial Johan Cruyff a tout balayé durant le premier tour. Le football total prôné par le sélectionneur Rinus Michels a conquis le monde, il est l'exception là où la majorité des sélections ont opté pour un jeu défensif. Or, ce match est peut-être celui où l'expression de ce football adulé est la plus marquante.

Coupe du monde 1974: les buts du match Pays-Bas - Argentine [RTS]
RTS Sport - Publié le 18 juin 2020

Cruyff, au sommet de son art, ouvre le score dès la 12e minute. Wim van Hanegem lance le no14 d'une louche, ce dernier dépose le gardien de l'Albiceleste avant d'inscrire probablement le plus beau but de la compétition. Le maître à jouer des Bataves délivre encore une passe décisive et signe le doublé en fin de match pour ponctuer la démonstration néerlandaise (4-0), durant laquelle l'Argentine demeure impuissante face au pressing agressif, à la circulation rapide du ballon et aux permutations des joueurs de Michels.

Alors que les Pays-Bas se sont emparés du statut de grandissimes favoris au fil du tournoi, l'Allemagne de l'Ouest, victorieuse de l'Euro 1972 et donnée gagnante par bien des observateurs avant le coup d'envoi de la compétition, peine à convaincre malgré la vista de son "Bomber" Gerd Müller et de son fantastique libéro Franz Beckenbauer. Minée par les conflits internes, elle est toutefois déjà qualifiée pour le deuxième tour avant d'affronter l'Allemagne de l'Est lors de son troisième match, le 22 juin 1974 à Hambourg.

Coupe du monde 1974: le but du match Allemagne de l'Ouest - Allemagne de l'Est [RTS]
RTS Sport - Publié le 18 juin 2020

Dans ce duel à risque pour le dispositif de sécurité et aux enjeux qui dépassent largement le cadre du jeu, la lutte est âpre entre les deux sélections pour s'offrir la première place du groupe 1. Un frisson parcourt les 60'000 fans du Volksparkstadion lorsque à la 77e, parfaitement servi par Erich Hamann, Jürgen Sparwasser échappe notamment à la vigilance du "Kaiser" Beckenbauer pour s'en aller inscrire le seul but de la rencontre. Un succès historique qui profite pourtant à l'Allemagne de l'Ouest. Deuxième de sa poule, l'équipe dirigée par Helmut Schön évite ainsi les flamboyants Pays-Bas au deuxième tour.

Le 2-1 en finale de la Coupe du monde de 1974 contre les Pays-Bas a été mon but le plus important.

Gerd Müller. [EPA - Keystone]
Le buteur allemand Gerd Müller, décisif en finale face aux Pays-Bas.

L'Allemagne de l'Ouest de Beckenbauer et les Pays-Bas de Cruyff se rencontrent le 7 juillet 1974 au Olympiastadion de Munich pour une opposition de style et un duel de légende entre deux des meilleurs joueurs de tous les temps.

RTSsport vous a proposé de rejoindre l'arène bavaroise, garnie de 79'000 personnes, pour revivre cette finale de la Coupe du monde 1970, perdue 2-1 par les Pays-Bas, le samedi 20 juin. Un duel dont le scénario a donné tort à bien des spécialistes et déçu bien des amateurs, charmés par le jeu néerlandais.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1974: finale Allemagne de l'Ouest - Pays-Bas 2-1 (2-1) [RTS]
RTS Sport - Publié le 21 juin 2020

Finale de la Coupe du monde 1974. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1974. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]

Keystone

1970 ou le couronnement du "Roi"

Chapitre 04

La Coupe du monde 1970 demeure l'une des plus belles jamais organisées. Le football comme une fête. Des stades en ébullition garnis en moyenne par 50'000 fans en délire, un jeu résolument offensif récompensé par une pluie de buts, à savoir 95 buts en 32 matches, des équipes mythiques emmenées par des joueurs de légende: tous les éléments ont convergé pour graver le rendez-vous mexicain en lettres capitales dans l'histoire du football.

Au-delà du spectacle, ces joutes ont permis à ce sport d'entrer dans la modernité. Elles ont été les premières à être diffusées en couleurs sur les télévisions. Elles ont offert aux arbitres l'occasion de brandir pour la première fois des cartons lors d'une Coupe du monde. Les remplacements en cours de matches ont fait leur apparition, à raison de deux par équipes. Les équimentiers sont entrés dans la danse et les vignettes Panini se sont mondialisées.

S'il ne fallait retenir que deux images, avant la finale, de ce Mondial, ce serait probablement l'arrêt miraculeux de Gordon Banks sur une tête de Pelé et la déception de Franz Beckenbauer, bras en écharpe, après l'élimination de l'Allemagne de l'Ouest.

Le 7 juin 1970, devant près de 67'000 spectateurs, le Brésil croise la route de l'Angleterre à Guadalajara. Les Auriverde se montrent conquérants. Après dix minutes de jeu, Jairzinho centre en direction de Pelé. Ce dernier pique sa tête et propulse le cuir au fond... ou presque. Gordon Banks pose son veto d'un geste incroyable. L'arrêt du siècle.

Coupe du monde 1970, l'arrêt de Gordon Banks [RTS]
RTS Sport - Publié le 28 mai 2020

"J'ai marqué un but mais Gordon Banks l'a arrêté", commentera le "Roi" après cette rencontre finalement remportée 1-0 par la Seleçao. Cette anecdote ne va pas empêcher un Pelé au sommet de son art d'étinceler et de porter l'une des meilleures équipes de tous les temps. Tour à tour passeur et buteur, il multiplie les gestes de génie et va logiquement être désigné comme le joueur du tournoi après avoir, une fois encore, brillé lors de la finale face à l'Italie.

Avant de défier le Brésil justement, l'Italie rencontre l'Allemagne de l'Ouest. Les deux équipes du Vieux Continent se livrent un duel farouche. Roberto Boninsegna ouvre le score mais Karl-Heinz Schnellinger égalise à la dernière minute du temps réglementaire. Durant les prolongations, la rencontre atteint des sommets et vire à un chassé-croisé, cinq buts en dix-sept minutes, qui sourit finalement à l'Italie de Gianni Rivera, auteur du but décisif.

Coupe du monde 1970, 1-2: Allemagne - Italie 3-4 ap [RTS]
RTS Sport - Publié le 28 mai 2020

Le milieu du Milan AC, oublié dans la surface, crucifie les Allemands à la 111e minute. Coupable d'une erreur de marquage sur ce but décisif, Franz Beckenbauer évolue depuis une vingtaine de minutes avec une clavicule cassée, la Mannschaft ayant épuisé ses changements. Loin d'en être blamé, le "Kaiser", bras en écharpe, va au contraire être salué pour son héroïsme dans ce qui est considéré comme le match du siècle. Une plaque, sur une façade du stade Aztèque de Mexico commémore cet incroyable duel du 17 juin 1970.

Avant le match, je me suis dit que Pelé était juste fait de chair et d'os, comme nous tous. Un peu plus tard, j'ai réalisé que j'avais tort.

Tarcisio Burgnich tente de s'interposer face à Pelé. [AP Photo - Keystone]
Tarcisio Burgnich, le défenseur italien en charge du marquage de Pelé lors de la finale

Le décor est posé. Les parcours connus. Le dimanche 21 juin 1970, l'Italie des Gianni Rivera, Luigi Riva et Roberto Boninsegna défie le Brésil des Pelé, Jairzinho et Rivelino. Les deux équipes aspirent à soulever pour la troisième fois le trophée Jules Rimet.

RTSsport vous a plongé au coeur du stade Aztèque à Mexico pour revivre cette belle finale de la Coupe du monde 1970, remportée 4-1 par le Brésil, le dimanche 7 juin. D'aucuns considèrent qu'il ne pouvait y avoir de plus merveilleuse issue que de voir la plus belle équipe de l'histoire triompher dans la plus belle des Coupes du monde.

Vous avez manqué cette rediffusion? Voici les buts de la rencontre.

Foot, Coupe du monde 1970: finale Brésil-Italie 4-1 [RTS]
RTS Sport - Publié le 9 juin 2020

Finale de la Coupe du monde 1970. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]Finale de la Coupe du monde 1970. [Dessin d'Aczel - "L'Histoire Illustrée de la Coupe du monde de football ! - Coupe du monde 1930-2018"]