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L'expérience, l'atout des curleurs helvétiques

Mirjam Ott & Cie avaient remporté l'argent à Turin et à Salt Lake City. [Keystone]
Mirjam Ott & Cie avaient remporté l'argent à Turin et à Salt Lake City. [Keystone]
Les curleurs helvétiques, qui ont à chaque fois ramené au moins une médaille des Jeux, auront une certaine pression à Vancouver. Mais l'atout suisse reste l'expérience. Le point avec le champion de Nagano Patrik Lörtscher.

"La pression est grande sur les curleurs helvétiques. Tout
résultat hors du podium serait une catastrophe pour certains.
Pourtant, la Suisse, qui se trouve dans le top-5 mondial, n'est pas
assurée de conquérir une médaille à Vancouver
", estime Patrik
Lörtscher.

Pas professionnel en Suisse

En curling, il y a
un facteur qui est primordial: la confiance! Patrik Lörtscher
Le champion
olympique à Nagano en 1998 parle d'une concurrence devenue bien
plus élevée dans une discipline qui a beaucoup évolué depuis les JO
japonais. "Le curling est devenu attractif grâce aux bonnes
audiences TV
", affirme le Vaudois. "Nous ne sommes plus
des lanceurs de cailloux ou des pousseurs de pierre. Notre sport
est reconnu
".

Même si les Helvètes ont à chaque fois ramené au moins une
médaille depuis que le curling est olympique (or en 1998 et bronze
en 2002 pour les messieurs, argent en 2002 et en 2006 chez les
dames), cette discipline reste "amateur" en Suisse. "Ainsi, il
y a moins de marge de progression dans notre pays. D'autres
nations, comme la Chine et le Japon, qui s'investissent dans ce
sport avec de bonnes structures, arrivent à un bon niveau
",
explique Patrik Lörtscher.

"10 fois plus de pression"

Patrik Lörtscher (au milieu) a été paré d'or aux JO 1998 de Nagano. Les chances de podium suisse
restent elles bien réelles. "Les hommes tout comme les dames
peuvent compter sur leur grande expérience internationale
",
affirme Lörtscher. "Chaque Helvète aux JO a au moins 20 ans de
pratique...
" Cet atout est nécessaire pour faire face à la
pression, qui est "10 fois plus grande que lors des Mondiaux ou
des Européens
", selon le Vaudois de 48 ans.

"Mais favori ou non, expérimenté ou novice, il y a un facteur
qui est primordial: la confiance
", explique le vainqueur de
Nagano. "Le début de la compétition est très important et il
conditionne toute la suite des matches
".

Sébastien Clément

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La relève helvétique inquiète

Si la Suisse reste encore cette année parmi les prétendants aux médailles, la suite s'annonce moins glorieuse: "derrière ces deux équipes-phare, il n'y a plus grand-chose. C'est inquiétant!" Patrik Lörtscher explique: "depuis notre sacre en 1998, les exigences de Swiss Olympic sont plus grandes. Cela demande plus d'investissement pour pas beaucoup d'argent. Les jeunes talents existent en Suisse, mais ils ne sont pas prêts à faire de tels sacrifices..."

Quand il revient sur la signification de participer à des Jeux, le Vaudois parle "d'un véritable aboutissement, qui récompense 4 ans de labeur".

La sélection suisse pour Vancouver

Equipe féminine:
Mirjam Ott (Skip), Zurich ZH (27.01.1972)
Carmen Schäfer (Third), Fahrweid ZH (08.01.1981)
Carmen Küng (Second), Feldbrunnen SO (30.01.1978)
Janine Greiner (Lead), Fahrweid ZH (12.02.1981)
Irene Schori (Alternate), Dübendorf ZH (04.12.1983)

Equipe masculine:
Ralph Stöckli (Fourth), Ittigen BE (23.07.1976)
Jan Hauser (Third), Zurich ZH (19.01.1985)
Markus Eggler (Skip), Münchenstein BL (22.01.1969)
Simon Strübin (Lead), Erlenbach ZH (21.03.1979)
Toni Müller (Alternate), Matten BE (10.05.1984)