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L'Ama et l'Usada en désaccord avec l'UCI

La situation du président de l'UCI Pat McQuaid semble devenir de plus en plus précaire. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
La situation du président de l'UCI Pat McQuaid semble devenir de plus en plus précaire. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Les Agences mondiale et américaine antidopage (Ama et Usada) ont exprimé mardi de façon séparée leur vif désaccord avec la Fédération internationale de cyclisme (UCI) sur le fonctionnement de la commission indépendante chargée d'évaluer le rôle joué par l'UCI dans le scandale Armstrong.

L'Ama a annoncé qu'elle ne collaborerait pas aux travaux d'enquête de la commission car elle juge que son cadre de fonctionnement, "approuvé par l'UCI sans consultation des autorités antidopage", ne lui permettra pas de mener à bien son travail de façon indépendante.

Une approche mise en doute

L'Ama regrette que la commission n'offre pas l'immunité aux coureurs qui décident de passer aux aveux ou de témoigner. Travis Tygart, l'homme qui a fait tomber Lance Armstrong. [Francois Mori - Keystone]Travis Tygart, l'homme qui a fait tomber Lance Armstrong. [Francois Mori - Keystone] "Une approche qui ne permet pas aux individus de fournir des preuves sans avoir peur des répercussions ne servira qu'à perpétuer l'omerta sur laquelle ont buté toutes les enquêtes sur le cyclisme dans le passé", explique l'Agence mondiale dans son communiqué.

Pour Travis Tygart, président de l'Usada, "le refus de l'UCI d'offrir la possibilité pour une durée limitée aux coureurs de dire la vérité sans peur des conséquences force à s'interroger sur la volonté de l'UCI de voir se dérouler une enquête complète et approfondie et force à se demander si l'UCI n'a pas bandé les yeux et mis des menottes à la commission indépendante afin de s'assurer du résultat final."

Vérité et réconciliation

Selon l'Ama et l'Usada, l'UCI aurait refusé de modifier le cadre de fonctionnement de la commission indépendante malgré leurs demandes récentes de mise en place d'un programme de type vérité et réconciliation. L'Ama a aussi estimé "que l'objet de l'enquête est trop centré sur le cas de l'ancien cycliste Lance Armstrong -qui est maintenant clos- et que par conséquent la commission n'abordera pas l'aspect global d'un problème (le dopage) aussi étendu et implanté (dans le cyclisme)".

Pour l'Agence mondiale, la date butoir de juin pour la remise d'un rapport par la commission est trop courte et préjudiciable au bon déroulé de l'enquête. Cette commission de trois membres est présidée par un ancien juge de cour d'appel en Grande-Bretagne, Sir Philip Otton, assisté de la multiple championne paralympique d'athlétisme britannique, la baronne Tanni Grey-Thomson, et de l'avocat australien Malcolm Holmes.

agences/lper

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