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VTT: le café, la nouvelle passion de Christoph Sauser

Christoph Sauser dans son laboratoire à Leysin. [F.Galaud - RTS]
Christoph Sauser dans son laboratoire à Leysin. [F.Galaud - RTS]
Champion de VTT dans les années 2000, Christoph Sauser s’épanouit désormais dans le café, une passion née lors d’une course cycliste en Colombie. L’ancien champion a accueilli RTSsport dans son laboratoire à Leysin, une ancienne boulangerie qu’il a transformée.
Christoph Sauser, du VTT au café [RTS]
Christoph Sauser, du VTT au café / RTS Sport / 3 min. / le 19 août 2020

Une douce odeur de café envahit la pièce en ce début d’après-midi du mois d’août. Christoph Sauser est en pleine torréfaction. Une étape cruciale qui consiste à cuire le grain pour donner à son café un goût unique. "Pour faire un bon café, il y a beaucoup de paramètres. Il faut un bon grain à l'origine puis vient ensuite la torréfaction qui est une étape importante. En fonction des notes de café que l’on souhaite ressentir, la température et le temps de cuisson varie. C’est un business très intéressant mais difficile".

A le voir, précis dans ses gestes, on pourrait croire qu'il a fait ça toute sa vie. Et pourtant, il y a encore quelques années, c'est au guidon de son VTT que Christoph Sauser faisait des étincelles. Quadruple champion du monde, champion d’Europe et médaillé olympique, le Bernois a presque tout gagné en 25 ans de carrière. Mais en 2017 au terme d'une ultime course en Afrique du Sud, l’ancien champion raccroche définitivement la compétition. "Je voulais me lancer un nouveau challenge et créer mon entreprise", explique-t-il. Avec, surtout, l'envie de tourner la page du sport.

Le 1er café est toujours important pour moi, c'est le meilleur

Christoph Sauser ou l'art de faire un bon café [F.Galaud - RTS]
Christoph Sauser

Mais comme il n'y a jamais de hasard, c'est lors d'une course de… VTT en Colombie qu'il découvre le café. Le champion est subjugué par ce qu'il voit et sent. Se sentant pousser des ailes, il décide de se lancer à son retour en Suisse." En Colombie, j'ai rencontré des producteurs de café et peu à peu, l'idée a fait son chemin. Quand je suis rentré chez moi, j'ai acheté une petite machine et j'ai commencé à expérimenter", explique le Bernois établi à Yvorne, pour qui café et cyclisme font la paire. "J’ai toujours aimé le café et beaucoup de cyclistes professionnels ont le temps de boire le café ensemble. C’est une bonne source d'énergie, ça motive", sourit-il.

Et de l'énergie, il lui en a fallu pour créer sa petite entreprise dans un domaine qu'il ne connaissait pas. Une sorte de nouvelle vie, pour un nouveau départ. "Le travail est totalement différent de passer de cycliste à torréfacteur mais l'attitude est la même. J'ai toujours été un perfectionniste et je mets la même intensité dans ma nouvelle vie que quand j'étais professionnel. J'aime chaque aspect de mon travail que ce soit la torréfaction, l'administration ou le marketing" explique Christoph Sauser qui commence chacune de ses journées par un doux breuvage. "Le 1er café de journée est le plus important. C'est le meilleur", sourit-il. "J'en bois toujours un après le petit déjeuner et ensuite deux durant la journée."

Si l’ancien champion consacre chacune de ses journées à faire le meilleur café, il n'a pas pour autant délaissé sa monture. "Je viens tous les jours au travail à pied ou à vélo. Cela me prend une heure mais cela fait du bien à la tête et au corps. Je suis encore un vététiste. J'aime le vélo, j'aime participer encore à des événements fun dans la région. J’ai une camionnette de café et nous allons dans les événements sportifs pour vendre mon café et c'est ça qui me plait. C'est ma vie, maintenant", conclut-il dans un immense sourire.

Leysin, Floriane Galaud - @FlorianeGalaud

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Une médaille olympique inoubliable

Il y a vingt ans, le Bernois décrochait la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Sydney. Le temps passe mais les souvenirs restent même s'ils se font moins précis. "C’est une part de ma vie mais je vis dans le présent et le futur. Ma médaille à Sydney j'étais jeune je devais avoir 23 ans. Je ne faisais pas partie des favoris et à la fin, je finis 3e", se souvient-il. Les Jeux suivants lui laisseront cependant un goût amer.

"A Athènes, malgré une chute au départ, je me suis retrouvé en tête avec Julien Absalon. Mais ensuite, j'ai cassé ma chaîne et j’ai dû abandonner la course. C'était l'un des moments les plus durs de ma carrière. A Pékin, j'ai terminé 4e après un sprint avec Nino Schurter. A l'entraînement, je m'étais sérieusement blessé. Un mois avant cette course, je gagnais les championnats du monde. Dans ces conditions, finir 4e à 1 seconde du bronze c'était aussi un moment super dur".