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Rio 2016: la Russie a bel et bien protégé ses athlètes

Le rapport McLaren, commandé par l'AMA, accable la Russie. [Lee Jin-man - Keystone]
Le rapport McLaren, commandé par l'AMA, accable la Russie. [Lee Jin-man - Keystone]
Le rapport McLaren est accablant. Les laboratoires antidopage de Moscou et Sotchi ont protégé les sportifs russes dopés dans le cadre d'un "système de dopage d'Etat sécurisé". Ce "système d'escamotage des échantillons positifs" était "dirigé, contrôlé et supervisé" par le ministère des Sports russe, "avec l'aide active du FSB, les services secrets russes".

Ce document d'une centaine de pages, commandé en mai par l'Agence mondiale antidopage (AMA) après les accusations de l'ancien patron du laboratoire russe antidopage Grigori Rodtchenkov sur un système de dopage organisé lors des JO d'hiver de Sotchi 2014, a été présenté par son auteur, le juriste canadien Richard McLaren, lundi à Toronto.

"Le personnel du laboratoire de Moscou n'avait pas le choix quant à son implication dans ce système (...) qui permettait aux athlètes russes de participer à des compétitions malgré l'utilisation de produits dopants", peut-on lire dans les conclusions du rapport.

Une aide active des services secrets russes

Evoquant très précisément le cas des Jeux Olympiques de Sotchi, l'enquête démontre qu'entre le 10 septembre et le 10 décembre 2014, les échantillons stockés dans le laboratoire de Moscou ont été échangés.

Selon le rapport, le ministre des sports Vitaly Moutko contrôlait ces opérations avec l'assistance des services secrets russes. Ce "système d'escamotage des échantillons positifs" aurait été instauré dès 2011 par la Russie et aurait duré jusqu'en août 2015, au bénéfice d'athlètes russes de nombreux sports olympiques d'été et d'hiver lors de compétitions internationales organisées en Russie.

agences/jbla

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Athlétisme: des échantillons échangés aux Mondiaux 2013

En ce qui concerne l'athlétisme, des échantillons issus des contrôles antidopage des Mondiaux d'athlétisme de 2013 à Moscou ont eux aussi été échangés, avant que la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) ne les récupère pour les analyser, indique le rapport.

"A la fin des Mondiaux de Moscou, le laboratoire (de Moscou) a mis de côté des échantillons positifs qui devaient être échangés, puis a enlevé les bouchons (de ces échantillons) et a remplacé l'urine 'sale' avant que les échantillons 'propres' ne soient envoyés à un autre laboratoire, sur instruction de l'IAAF", peut-on lire.

La présence de la Russie à Rio incertaine

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a appelé à l'exclusion de la Russie de tous les événements internationaux, y compris des JO 2016 de Rio, peu après la publication du rapport McLaren démontrant l'existence d'un système de dopage d'Etat lors des JO 2014 de Sotchi.

"L'AMA appelle le mouvement sportif à empêcher la participation des athlètes russes aux compétitions internationales, y compris les JO de Rio, tant que (la Russie) n'aura pas réalisé un 'changement de culture'", a indiqué l'AMA.

Bach: "une atteinte choquante à l'intégrité des sports et des JO"

Président du CIO, Thomas Bach n'a pas tardé à réagir à la publication du rapport. Les conclusions sur un "système de dopage d'Etat sécurisé" mis en place par la Russie démontrent "une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité des sports et des Jeux olympiques", a lâché l'Allemand.

"Le CIO n'hésitera pas à prendre les sanctions les plus strictes possibles, contre tout individu et toute fédération impliqué(e)", a ajouté M. Bach dans un communiqué. Il a annoncé une réunion téléphonique de la commission exécutive du CIO mardi, lors de laquelle "pourraient être prises des mesures provisoires et des sanctions par rapport aux Jeux de Rio 2016".

Le Kremlin dénonce l'ingérence de la politique dans le sport

Le Kremlin a annoncé que les responsables mis en cause dans le rapport McLaren seront suspendus le temps de l'enquête. C'est ce qu'exige l'Agence mondiale antidopage (AMA).

La Russie demandera toutefois à l'AMA des "informations plus complètes, objectives et appuyées par les faits" pour prendre une décision finale sur le sort de ces responsables, parmi lesquels figure le ministre des Sports Vitali Moutko.

"Les accusations contre les sportifs russes ne reposent que sur la déposition d'une seule personne. Une personne à la réputation sulfureuse", poursuit le Kremlin, en référence à Grigori Rodtchenkov, l'ancien patron du laboratoire russe anti-dopage, dont les accusations sont parues en mai dans le New-York Times.

Le Kremlin dénonce en outre "une récidive dangereuse d'ingérence de la politique dans le sport" après les appels de plusieurs pays à exclure les sportifs russes des JO de Rio.