Modifié

Hind Dehiba pourra courir jeudi à Athletissima

Dehiba avait décroché l'argent l'année passée à Barcelone. [Miguel Vidal  - Reuters]
Dehiba avait décroché l'argent l'année passée à Barcelone. [Miguel Vidal - Reuters]
Hind Dehiba a obtenu de la justice vaudoise une mesure provisionnelle lui permettant de courir à Athletissima jeudi. Ancienne dopée, la Française est devenue indésirable sur les "gros" meetings. Jacky Delapierre ne commente pas.

Hind Dehiba, vice-championne d'Europe du 1500 m, pourra bel et bien courir à Athletissima. La Française, qui s'est pourvue en justice contre le meeting pour obtenir le droit de fouler le tartan de Lausanne, a obtenu lundi du tribunal du canton de Vaud une mesure provisionnelle lui permettant de s'aligner à la Pontaise jeudi.


Suspendue deux ans pour dopage entre 2007 et 2009, Dehiba n'est pas la bienvenue dans les grandes réunions, conformément à une recommandation d'Euromeetings de ne pas inviter d'anciens dopés. Lors d'une audience vendredi au tribunal du canton de Vaud, l'athlète avait demandé une mesure provisionnelle (procédure d'urgence) pour être autorisée à courir. Ce qu'elle a obtenu.


Le tribunal n'a toutefois pas encore statué sur le fond. Il a simplement estimé ne pas avoir le temps nécessaire pour rendre un jugement avant la compétition.


L'octroi des mesures provisionnelles, révélé en exclusivité sur le site internet du quotidien français "Le Parisien", est cependant sans précédent dans ce genre d'affaires. D'ailleurs, aucun athlète n'avait encore attaqué en justice un organisateur de meeting jusque-là, rappelle "Le Parisien" dans son édition électronique. Il s'agit dès lors bien d'un premier succès pour la vice-championne d'Europe.


"Pas d'état d'âme" pour Delapierre

Le patron d'Athletissima Jacky Delapierre, joint par téléphone, a confirmé l'information mais s'est refusé à tout commentaire. "Je n'ai pas d'état d'âme. Je suis obligé de faire courir Hind Dehiba, je le ferai."


L'entourage de Dehiba fait valoir que l'athlète a besoin de pouvoir participer à une grande course pour pouvoir réaliser les minima pour les Championnats du monde à Daegu (4'02''50).


La justice vaudoise rendra sa décision par la suite. Si elle penche en faveur de la Française, le cas pourrait faire jurisprudence et bouleverser le modus operandi actuellement en vigueur dans le milieu des grandes réunions d'athlétisme.


D'autres "bannis" célèbres

D'autres athlètes ayant purgé une suspension lourde pour dopage n'arrivent plus à entrer dans les grands meetings. Le plus connu est le champion olympique du 100 m en 2004 Justin Gatlin, contraint d'écumer les petites réunions en Estonie ou en Finlande notamment.


Cela n'a pas empêché l'Américain de s'aligner aux Championnats des Etats-Unis le week-end passé et d'y décrocher magistralement sa sélection pour les Mondiaux de Daegu en 9''95, après une absence des pistes de quatre ans.


Le sprinter britannique Dwain Chambers est lui aussi revenu à un très bon niveau après une suspension et malgré le bannissement dont il fait encore souvent l'objet.


si/dbu


Publié Modifié