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Le relais suisse en demi-teinte

Le passage de témoin entre Schneeberger et Schenkel laisse à désirer. [Keystone]
Le passage de témoin entre Schneeberger et Schenkel laisse à désirer. [Keystone]
Il n'y a pas eu de miracle pour le relais helvétique aux Championnats du monde de Berlin. Engagé dans la première série du 4 x 100 m, le quatuor suisse a été éliminé avec un chrono très moyen de 39"47.

Le relais suisse masculin 4 x 100 m ne s'est logiquement pas
qualifié pour la finale des Mondiaux de Berlin. Il s'est classé 12e
à l'issue des séries, sans parvenir à exploiter son potentiel en
raison d'un passage de témoin défaillant.

Cinquième de sa série et 12e au total sur 17 équipes en lice, le
relais suisse a couru en 39"47, à 18 centièmes de sa meilleure
performance de la saison. Un résultat logique vu les forces en
présence et les conditions difficiles, avec la pluie et le
vent.

Même le record national (38"99) n'aurait pas suffi. La
qualification s'est jouée à 38"60. Sixième équipe européenne, le
quatuor formé de Pascal Mancini, Marc Schneeberger, Reto Amaru
Schenkel et Marco Cribari a cependant déployé une belle énergie,
qui laisse bien augurer des Championnats d'Europe 2010 à
Barcelone.

Précieux dixièmes envolés

Les réactions étaient mitigées. Largement négatives chez Marco
Cribari: «Nous valons beaucoup mieux que ça, je suis
déçu»,
a dit le Zurichois. Auteur d'un excellent premier
relais, le Fribourgeois Pascal Mancini se montrait plus nuancé:
«Je pense qu'on a perdu trois dixièmes lors du deuxième passage
de témoin. Mais pour ma part, je me suis senti très
bien.»


De fait, le problème s'est situé entre le deuxième relayeur, Marc
Schneeberger, et le troisième, Reto Amaru Schenkel. Le Seelandais
est arrivé très vite sur Schenkel, qui a tardé à l'allumage. La
transmission fut assez chaotique.

«Nous avons gâché l'occasion de battre le record de
Suisse»,
a regretté l'entraîneur national Lucio di Tizio. Le
coach italien avait pris un risque en intervertissant les deux
derniers relayeurs, faisant passer Schenkel de la position quatre à
la trois, avec cette fois Cribari comme finisseur. Le relais
helvétique s'était entraîné mais n'avait pas couru cette année en
compétition dans cet alignement.

Le relais américain disqualifié

Le meilleur temps a été signé par le relais américain en 37"97
devant la Grande-Bretagne (38"11) et Trinité-et-Tobago (38"47).
Mais les Etats-Unis ont ensuite été disqualifiés en raison d'un
passage de témoin en dehors de la zone autorisée. Déjà éliminé lors
des JO de Pékin après avoir lâché le témoin, le relais US a fait
appel de cette décision, en vain.

Sans Usain Bolt, réservé pour la finale de samedi et qui fêtait
ses 23 ans, et également sans Astafa Powell, la Jamaïque s'est
qualifiée avec le 6e chrono (38"60).

Müller décevant au javelot

Au javelot, Stefan Müller n'a pas fait mieux que 35e sur 45.
Avec 72m83, le Zurichois est resté loin du dernier qualifié pour la
finale (78m68) et n'a nullement confirmé ses 81m07 réussis tout en
début de saison. Ces trois derniers mois, les performances du
champion sont allées decrescendo.

"C'est une assez grande déception. Le problème est purement
technique. Ma position au moment de lancer était trop vers l'avant,
et cela part de la course d'élan"
, a-t-il estimé.

Surprenant finaliste (7e) aux Européens de Göteborg en 2006, le
recordman de Suisse a régressé depuis, échouant déjà nettement en
qualifications aux Mondiaux 2007 à Osaka.

si/alt

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La deuxième carrière de Patricia Morceli

Ex-épouse de l'ancien recordman du monde du 1500 m, l'Algérien Noureddine Morceli, Patricia Morceli s'est émancipée pour mener sa propre carrière. La Zougoise visera dimanche un temps autour des 2h35' au marathon des Championnats du monde à Berlin.

«Je ne vous dirai pas quel est mon objectif secret», prévient Patricia Morceli. Officiellement, elle se contenterait d'améliorer son record personnel (2h38'44") réalisé au marathon de Zurich en avril. Ses récentes performances sur des distances plus courtes, comme un chrono de 47'20" pour 14,5 km (soit une moyenne de 3'16" par km) à la course autour du lac d'Aegeri, laissent toutefois présager beaucoup mieux.

«Je pense qu'elle a un potentiel pour courir moins de 2h30'», estime l'entraîneur national Fritz Schmocker. Malgré ses 35 ans, Patricia Morceli, née Bieri, est en effet une «jeune athlète». A Berlin, elle dispute pour la première fois une épreuve de ce niveau, pour ce qui sera son cinquième marathon.

Nouveau regard

Surtout, elle n'a commencé réellement à croire en ses capacités athlétiques qu'après son divorce d'avec Noureddine Morceli. Elle avait rencontré l'Algérien, alors star de l'athlétisme, lors du «Weltklasse» de Zurich en 1991. Le couple a eu deux enfants, Patricia s'est convertie à l'islam et aux codes vestimentaires musulmans.

Mais au bout de quelques années, elle s'est dite que l'éducation religieuse islamique serait trop contraignante pour ses enfants, Abdurami (10 ans) et Aïshah (8 ans). Patricia Morceli a alors renoncé au Coran, le couple s'est séparé et la Zougoise a pensé plus à elle. Elle est enfin parvenue à sortir de l'ombre de Noureddine: «Aujourd'hui, je ne suis plus 'l'ex-femme de...', et j'en suis très contente», dit-elle.

Vu que le marathon compte également pour la Coupe du monde, un gros peloton de 70 ou 80 coureuses sera au départ dimanche. Patricia Morceli n'a actuellement pas l'étoffe pour viser les avant-postes, mais Berlin n'est qu'une étape dans sa nouvelle carrière.

Elle s'entraîne peu (120 km par semaine, avec des séances de qualité), presque toujours seule. «Viktor Röthlin (ndlr: médaillé de bronze aux Mondiaux d'Osaka en 2007) m'a donné quelques conseils, mais chacun est différent», glisse-t-elle encore.