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Chenilles processionnaires: le retour

La baisse des températures en novembre, est souvent marquée par l'apparition de nids de chenilles procesionnaires. [Toter Alter Man - RTS]
La baisse des températures en novembre, est souvent marquée par l'apparition de nids de chenilles procesionnaires. [Toter Alter Man - RTS]
Les redoutables chenilles processionnaires se rappellent à notre bon souvenir en ce mois de novembre. Depuis les années quatre-vingt, l’espèce redouble d’activité au Tessin, en Valais et sur l’arc lémanique. Elle présente surtout un danger au printemps.

La chenille processionnaire du pin est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopea pityocampa. Ce dernier éclot durant l’été entre juin et septembre, selon les climats. Il pond ses œufs par groupes de 150 à 220 sur les aiguilles de diverses espèces de pins, parfois aussi sur des sapins ou des cèdres.

Spécimens de Thaumetopea pityocampa [Entomart - RTS]Spécimens de Thaumetopea pityocampa [Entomart - RTS]

L’éclosion, qui a lieu 5 à 6 semaines après la ponte, donne naissance à des larves qui muent 5 fois pour atteindre finalement une taille d’environ 4 centimètres. Ces étapes se produisent dans des nids assez peu visibles en été, puis à partir de la quatrième mue, dans des nids d’hivers tissés de manière assez dense. Raison pour laquelle on remarque surtout leur présence en novembre, avec l’arrivée des premiers froids.

Nid de chenilles processionnaires [Alno - Wikipedia]Nid de chenilles processionnaires [Alno - Wikipedia]

Les nids d’hivers sont spécialement conçus pour résister aux froids. Ils se situent dans les endroits bien exposés des arbres, comme à la cime ou à l’extrémité des branches. On les reconnaît à leur aspect blanchâtre et à leur taille, de l’ordre de la quinzaine de centimètres de diamètres. Les chenilles n’en sortent que pour se nourrir lorsqu’il fait plus chaud.

Lorsqu'elles changent de nid, les chenilles se déplacent en « procession », d’où leur nom. La cohésion de la file en déplacement est assurée par le contact direct entre les chenilles. Elles quittent leur arbre au printemps (mars-avril) pour s’enfouir dans le sol avant de se transformer en chrysalide et reprendre leur cycle de reproduction. Lorsque les hivers sont très doux, cette procession peut commencer plus tôt.

Procession de chenilles [Arturo Reina - RTS]Procession de chenilles [Arturo Reina - RTS]

Les poils des chenilles processionnaires du pin possèdent des propriétés urticantes qui peuvent provoquer des troubles ou des réactions allergiques (œdèmes, démangeaisons, asthme, etc.) chez l’homme mais également chez les animaux. Il faut donc y prêter une attention particulière, en particulier au printemps, en évitant de les toucher. Même chose avec les nids qui, même abandonnés, peuvent encore contenir des poils urticants.

Différentes méthodes pour les éliminer

La principale manière d’éliminer les chenilles processionnaires consiste à couper les branches des arbres sur lesquelles les nids se sont formés et à brûler ces derniers. Opération qui peut se faire à partir du mois de novembre - c'est à dire maintenant - et pendant tout l’hiver.

On peut également les plonger longuement dans un bac d’eau mélangée à du liquide vaisselle. L’opération n’est pas sans risques, il conviendra de porter des gants, des vêtements protecteurs, des lunettes, voire des masques.

Piège pour chenilles processionnaires, installé sur un pin [Gammvert]Piège pour chenilles processionnaires, installé sur un pin [Gammvert]

Les écopièges sont assez efficaces. Cerclés sur les troncs des arbres infestés de nids, ces derniers empêchent les chenilles d'atteindre le sol où elles comptent s'enfouir lors de leur procession, pour se transformer en chrysalides. La pose, pratiquée idéalement en octobre, exige une certaine application pour interdire tout passage aux chenilles sous la gouttière. Il y a aussi les pièges à phéromones qui attirent les papillons mâles pour les empêcher de s’accoupler.

Toujours au chapitre des mesures naturelles, on peut encourager la présence des prédateurs naturels des chenilles processionnaires, comme les mésanges, en installant des abris à leur taille.

Enfin, des traitements chimiques sont également possibles, mais à petite échelle seulement. En Suisse, la législation interdit de procéder à des opérations de lutte chimique ou biologique de grande envergure en forêt.

Philippe Jeanneret

Vous trouverez un dossier complet sur les chenilles processionnaires sur la page de M. Jardinier

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