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Les avis de canicule changent...

L'indice "Heat Wave" de la NOAA (en haut) et la nouvelle échelle d'alerte de Météosuisse (en bas) [NOAA/Météosuisse]
L'indice "Heat Wave" de la NOAA (en haut) et la nouvelle échelle d'alerte de Météosuisse (en bas) [NOAA/Météosuisse]
Météosuisse abandonne l’indice de chaleur « heat index » américain pour un nouveau concept d’alerte canicule. Simple et efficace, la nouvelle méthode permettra de tenir compte de la température nocturne, qui joue un rôle important sur notre bien-être.

Le danger de canicule ne doit pas être sous-estimé. Même de courtes périodes de canicule peuvent avoir de lourdes conséquences sur l’organisme humain et sur le système sanitaire.

Depuis 2005, MétéoSuisse alerte la population et les autorités de l’imminence d’une période caniculaire. Ces alertes répondent à des besoins aussi bien qu’à des exigences de la population et des autorités. Leur but est d’informer suffisamment tôt toutes personnes ou institutions qui pourraient être concernées par une vague de chaleur.

Le heat Index de la NOAA, utilisé par Météosuise de 2005 à 2021 [NOAA]Le heat Index de la NOAA, utilisé par Météosuise de 2005 à 2021 [NOAA]

Jusqu’au 31 mai Météosuisse utilisait l’indice de chaleur « heat index » de la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine. Celui-ci tient compte de la température, de la durée de la vague de chaleur, mais également de l’humidité relative de l’air (voir ci-dessus).

L’inconvénient est qu’il ne tient pas compte de la température minimale, qui est pourtant très importante. Ce qui oblige les météorologues à intégrer ce paramètre de manière séparée dans leurs prévisions.

Nouvel indice basé sur la température moyenne

Afin de combler cette lacune, Météosuisse est passé depuis le 1 juin à un indice plus simple, basé sur la température moyenne entre les minimales et les maximales. Cet indice est également plus robuste d'un point de vue météorologique, car il ne dépend pas des pics de température spécifiques, mais considère plutôt la tendance de la température sur l'ensemble des 24 heures d'une journée.

De cette manière, la température nocturne – particulièrement importante pour le corps humain - est aussi prise en compte. Si les nuits sont trop chaudes, le corps ne peut pas se refroidir suffisamment ; il ne peut pas récupérer du stress des températures diurnes et finit par supporter de moins en moins bien la contrainte thermique.

La nouvelle échelle d'alerte lancée par Météosuisse [Astrid Parchet - Météosuisse]La nouvelle échelle d'alerte lancée par Météosuisse [Astrid Parchet - Météosuisse]

En pratique, lorsque la température maximale est élevée mais que la moyenne est inférieure à 25°C, aucune alerte n’est lancée. Seul un avis vert (degré 2) peut-être émis (voir illustration ci-dessus).

Lorsque la température moyenne égale ou dépasse 25°C sur trois jours au moins, une alerte de degré 3 (orange) est émise. Si cette même température atteint ou dépasse 27°C sur trois jours, Météosuisse passe au degré 4.

Un avis de degré 2 (vert) pourrait ainsi être lancé pendant la journée de mercredi, où la moyenne entre les minimales et les maximales pourra atteindre les 25°C. Dans l’hypothèse où l’événement durera trois ou plus, Météosuisse pourra passer au degré 3.

Philippe Jeanneret, avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse

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