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Les drones chasseurs d’ouragans bientôt à la rescousse...

Drone Altius-600 laché depuis un Lockheed Orion WP-3D [NOAA/Area-1]
Drone Altius-600 laché depuis un Lockheed Orion WP-3D [NOAA/Area-1]
La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) vient de tester un nouveau type de drone, capable de prendre des mesures dans les ouragans. Utilisé en complément des fameux Lockheed WP-3D, ce dernier devrait augmenter la capacité de recueillir des données météorologiques.

La trajectoire et l’intensité des ouragans dépendent de nombreux facteurs comme la température à la surface de l’océan, la pression, l’humidité ou la force des vents. D'où l'importance des mesures effectuées au sol et en altitude, en particulier près de la couche limite où l’océan interagit avec l’atmosphère.

Depuis de nombreuses années, les pilotes du Corps de la NOAA utilisent des chasseurs d'ouragans Lockheed WP-3D Orion pour recueillir des données météorologiques à l’intérieur des cyclones. Ces derniers ne peuvent cependant circuler à proximité de la paroi inférieure de l'œil des ouragans où règnent des conditions de vents assez dangereuses, près de la couche limite.

Pour pallier cet inconvénient, les météorologues embarqués à bord lâchent des capteurs, appelés « dropsondes » (voir ci-dessous), qui effectuent des mesures en tombant du ciel. Mais ces dernières n'offrent qu’une vue partielle des conditions atmosphériques dans la paroi inférieure de l’œil du cyclone. Ce qui peut nuire à la qualité des prévisions.

Lancement de dropsonde à l'intérieur d'un ouragan depuis un Lockheed Orion WP-3D [NOAA]Lancement de dropsonde à l'intérieur d'un ouragan depuis un Lockheed Orion WP-3D [NOAA]

Drones capables de prendre des mesures dans les zones dangereuses pendant plusieurs heures

Contrairement aux dropsondes qui donnent des « instantanés » de ce qui se passe dans les ouragans, les avions guidés à distance permettent d’obtenir un flux continu de données. La NOAA utilise à cet effet le modèle Altius-600, développé en collaboration avec la société aérospatiale géorgienne Area-I (voir ci-dessous). 

Drone Altius-600, développé par la NOAA [NOAA/Area-1]Drone Altius-600, développé par la NOAA [NOAA/Area-1]

L’Altius-600 offre de nombreux avantages, comme la possibilité de voler jusqu'à quatre heures et de parcourir des distances allant jusqu'à 265 miles à partir de son point de lancement. Il pèse une quinzaine de kg, mesure 2,50 m par un 1,50 m et peut se déplacer à une vitesse atteignant jusqu’à 165 km/h.

Il vient d’être testé avec succès sur la base aéronavale de Patuxent River, dans le Maryland, et devrait être bientôt homologué pour voler à l’intérieur des cyclones tropicaux. Ne pouvant être récupéré après avoir traversé une tempête, l'Altius-600 devra cependant être remplacé à chaque mission.

"Le déploiement des avions sans équipage des chasseurs d'ouragans de la NOAA nous aidera en fin de compte à mieux détecter les changements d'intensité et de structure globale des ouragans" explique Joseph Cione, météorologue en chef de la division de recherche sur les ouragans du Laboratoire océanographique et météorologique de l'Atlantique de la NOAA.

Cyclone Florence, vu depuis l'espace en septembre 2018 [NOAA]Cyclone Florence, vu depuis l'espace en septembre 2018 [NOAA]

"Nous espérons que cette nouvelle technologie, une fois testée avec succès dans un environnement d'ouragan, améliorera notre compréhension de la couche limite et fera progresser les modèles de prévision de la NOAA utilisés dans les prévisions ».

Philippe Jeanneret, avec le concours de la NOAA

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