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Un mois de septembre pas comme les autres

Courbe des températures à la Station de Changins (VD) de juin à septembre 2020 [Astrid Parchet - RTS]
Courbe des températures à la Station de Changins (VD) de juin à septembre 2020 [Astrid Parchet - RTS]
Les vagues de chaleur ont laissé place au froid et à la neige pendant la deuxième quinzaine de septembre. Des records de chutes de neige et de froid ont même été battus à Montana (VS) et à Changins (VD). La situation s’explique en grande partie par la position du jet-stream.

Fait assez rare pour un mois de septembre, les températures ont atteint voire dépassé les 30°C après le 15 du mois, comme à Bâle (BS) ou à Changins (VD). La station vaudoise a même enregistré une nuit tropicale (minimum supérieur à 20°C) le 16 septembre, pour la première fois depuis sa mise en service.

Position et force du jet-stream - températures à 850 hPa le mercredi 16 septembre 2020 [Marc Brodard - GFS]Position et force du jet-stream - températures à 850 hPa le mercredi 16 septembre 2020 [Marc Brodard - GFS]

Cette situation s’explique par une position assez septentrionale du jet-stream, qui marque la limite des fronts polaires, mais également par la présence d’un léger courant de Sud-ouest en altitude qui fait remonter de l’air méditerranéen vers les Alpes.

Changement de temps lié à la force et à la position du jet-stream

La chaleur a laissé place à un temps quasi-hivernal le 25 septembre. Au-delà de la chute spectaculaire des températures – entre 6°C et 8°C en 24 heures – la neige a refait son apparition jusqu’à 1000 mètres d’altitude. Un cumul de 24 cm de neige a même été mesuré le 26 septembre sur la station de Crans-Montana, ce qui constitue un record.

Autres records, la station de Changins (VD) a enregistré le 27 septembre son maximum journalier le plus bas pour un mois de septembre avec 8.1°C. Le précédent était de 8.3°C et datait du 28 septembre 1993. La station d’Evolène (VS) a également mesuré son maximum journalier le plus bas pour un mois de septembre avec 0.3°C.

Ce changement s’explique par un affaiblissement du jet-stream sur le Proche-Atlantique pendant la journée du 22 septembre, lequel va permettre la formation d’un creux dépressionnaire sur l’Ouest de l’Europe. Ce creux prend une position très méridionale, ce qui permet à de l’air polaire de s’infiltrer jusqu’aux Alpe : événement rare pour un mois de septembre.

Autre particularité, le creux qui se développe sur l’Ouest de l’Europe est bloqué entre deux massifs de hautes pressions, l’un sur le proche Atlantique, l’autre sur l’Est du Continent. Cette situation ne permet pas aux dépressions de s’évacuer. Lesquelles circulent en boucle sur les mêmes zones.

Position et force du jet-stream - températures à 850 hPa le samedi septembre 2020 [Olivier Roux - GFS]Position et force du jet-stream - températures à 850 hPa le samedi septembre 2020 [Olivier Roux - GFS]

Ces modifications dans la position du jet-stream et leurs conséquences sur les températures sont bien visibles sur les cartes de masses d’air à 850 hPa du modèle GFS américain (ci-dessus). On remarque qu’à l’échelle de de l’hémisphère Nord, d’autres régions subissent le même phénomène.

Répétition du phénomène dès le milieu de la semaine

Le jet-stream devrait se décaler vers l’Est ces prochaines 48 heures, ce qui va s’accompagner d’un temps plus clément et d'une hausse des températures mais l’embellie ne sera que provisoire.

Les dernières sorties de modèles montrent la formation d’un nouveau creux dépressionnaire à partir de jeudi, accompagné d’un jet-stream. A l’image des événements du week-end passé, ce dernier aura une position très méridionale mais il se trouvera cette fois un peu plus à l’Ouest.

Position et force du jet-stream - températures à 850 hPa prévues par le modèle GFS pour le samedi septembre 2020 [Marc Brodard - GFS]Position et force du jet-stream - températures à 850 hPa prévues par le modèle GFS pour le samedi septembre 2020 [Marc Brodard - GFS]

La prudence reste de mise mais si la prévision se confirme, un nouvel épisode venteux et humide devrait se produire. Les températures ne devraient cependant pas être aussi basses.

A suivre !

Philippe Jeanneret, avec le concours de Météosuisse

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