Modifié le 03 juin 2019 à 15:16

Saison des ouragans 2019 : tout dépendra d’El Niño…

Dégâts après le passage de Michael sur la Floride - 10 octobre 2018
Dégâts après le passage de Michael sur la Floride - 10 octobre 2018 [K. C. Wilsey - FEMA]
Le nombre de cyclones tropicaux devrait être proche de la moyenne cette année sur l’Atlantique équatorial, selon les experts de la NOAA américain. La prévision s’explique en grande partie par la présence d’eaux relativement chaudes à la surface de l’océan et par une intensification de la mousson africaine. La persistance du phénomène d’El Niño sur le Pacifique va également jouer un rôle mais sur ce point, la prévision est incertaine.

Les chiffres viennent d’être publiés, la National Oceanographic and Atmospheric Administration prévoit cette année entre 9 et 15 tempêtes tropicales (vents entre 63 et 118 km/h). 4 à 8 d’entre-elles pourront devenir des ouragans (vents de plus de 118 km/h), dont 2 à 4 sous forme majeure (vents de plus de 178 km/h).

Nombre de tempêtes tropicales et d'ouragans prévus sur l'Atlantique équatorial en 2019
Nombre de tempêtes tropicales et d'ouragans prévus sur l'Atlantique équatorial en 2019 [NOAA]

La prévision s’accompagne d’une marge d’incertitudes relativement élevée : la probabilité que la saison soit proche de la normale est de 40%, contre 30 % pour une saison au-dessus de la normale et 30 % pour une saison sous la normale. L’écart est faible…

On précisera qu’une saison d'ouragans moyenne produit 12 tempêtes nommées, dont 6 deviennent des ouragans, 3 d’entre eux prenant la forme d’ouragans majeurs. Vous trouverez ci-dessous la liste des noms qui seront utilisés en 2019 pour les cyclones sur l’Atlantique.

Liste des noms attribués aux cyclones sur l'Atlantique équatorial en 2019
Liste des noms attribués aux cyclones sur l'Atlantique équatorial en 2019 [NOAA]

Ces prévisions « proches de la normale » s’expliquent surtout par la présence d’eaux relativement chaudes à la surface de l’Atlantique équatorial. Synonymes de forte évaporation, ces dernières devraient assurer l’alimentation en air humide des cyclones tropicaux ces prochaines semaines, élément indispensable à leur maintien. L’intensification de la mousson africaine va également être déterminante en favorisant le développement de dépressions tropicales au large du Sénégal.

El Niño devrait pour sa part jouer un rôle de modérateur, en contribuant à la présence de phénomènes de cisaillements sur l’Atlantique équatorial. Caractérisés par des changements de force et de direction du vent en altitude, ces derniers auront en effet tendance à « déstabiliser » la circulation des courants à l’intérieur des cyclones tropicaux.

Effet du cisaillement sur les cyclones tropicaux
Effet du cisaillement sur les cyclones tropicaux [CDC]

 

Evolution des conditions El Niño assez incertaine

El Niño sera déterminant sur l'Atlantique ces prochaines semaine mais la prévision reste assez délicate : l’épisode en cours est de faible intensité: la portée des phénomènes de cisaillement ne sera pas forcément aussi importante qu’avec un El Niño de grande ampleur; l’épisode pourrait par ailleurs se terminer à la fin de l’été, ce qui se traduirait par un regain d’activité cyclonique en automne.

El Nino: anomalies de températures à la surface du Pacifique, prévues par les modèles pour 2019
El Nino: anomalies de températures à la surface du Pacifique, prévues par les modèles pour 2019 [NCEP]

Comme le montre le graphique ci-dessus, les derniers calculs de modèles montrent de manière unanime la persistance de conditions El Niño jusqu’en août. Pour l’automne, l’évolution est incertaine…

C’est dire l’importance du suivi des événements entre les îles du Cap Vert, les Caraïbes et le golfe du Mexique dans les semaines à venir. Officiellement, la saison des ouragans a commencé le 1er juin. Elle se terminera le 30 novembre.

Philippe Jeanneret, avec la National Oceanographic and Atmospheric administration

Publié le 03 juin 2019 à 15:08 - Modifié le 03 juin 2019 à 15:16