Une salle de cinéma.

Vacarme

Publié le 06 novembre 2020 à 15:30 - Modifié le 09 novembre 2020 à 13:35

Salles de cinéma: la mort aux trousses

Mille fois, on a prédit la mort des salles de cinéma. La télévision, la vidéo, le DVD, puis internet et la VOD devaient sonner le glas d’une pratique désormais plus que centenaire. Le public vieillit, la consommation de films a souvent lieu hors des salles physiques de cinéma. La pandémie leur porterat-elle un coup fatal? Depuis la réouverture en Suisse des salles au début du mois de juin, avant une nouvelle fermeture en Suisse romande suite à de nouvelles restrictions sanitaires cantonales, la fréquentation moyenne est de -65% par rapport à l’an dernier.

L’absence de grands films, dont les sorties ont été sans cesse repoussées, la peur des microbes, les directives sanitaires parfois confuses et les nouvelles habitudes de consommation entravent les retrouvailles entre les salles et leur public. Comment le secteur envisage-t-il son avenir, alors que les aides fédérales se font attendre? Le public suisse, qui s’est massivement abonné à Netflix durant notre semi-confinement, a-t-il définitivement tourné le dos aux salles?

Reportages: Raphaële Bouchet
Réalisation: Matthieu Ramsauer
Production: Laurence Difélix

  • 1er épisode

    Deux salles, deux ambiances

    Le cinéaste genevois Robin Harsch avait sorti son documentaire "Sous la peau" en mars dernier, juste avant la fermeture des salles. Son film avait bénéficié d’un bel accueil critique et public, mais il a été retiré de l’affiche après seulement trois jours d’exploitation. Au cinéma Royal de Sainte-Croix, géré bénévolement par Adeline Stern, une nouvelle avant-première est programmée et Robin Harsch retrouve son public.

    Toute autre ambiance à Zurich, où l’on visite les cinémas Arena de Sihl City avec Edi Stöckli, propriétaire de multiplex également à Fribourg, Genève, Berne ou Bâle.

    Le cinéaste Robin Harsch.
    Raphaële Bouchet - RTS
    Vacarme - Publié le 02 novembre 2020

  • 2e épisode

    L’avenir est dans le bleu

    C’est un soir de juillet qu’a lieu l’avant-première du film "Eté 85" de François Ozon au cinéma Nord-Sud, salle indépendante de Genève.

    Pour les exploitants et les distributeurs, l’enjeu est de taille: depuis la pandémie qui a mis un frein sévère à l’industrie du cinéma, les films aptes à drainer un large public manquent cruellement et les blockbusters comme "Tenet", "James Bond", "Wonderwoman 84" ont été repoussés plusieurs fois. La soirée affiche complet, mais le film saura-t-il ramener le public dans les salles, alors que les chiffres sont désastreux ?

    Des salles vidées de leurs spectateurs, la pandémie n'épargne pas les cinémas, petits ou grands (image prétexte).
    Jeff Pachoud - AFP
    Vacarme - Publié le 03 novembre 2020

  • 3e épisode

    Cinéphiles, la messe est dite

    Pascal, Niklas et Marion. Trois générations de cinéphiles. Trois visions de l’amour (fou?) du cinéma et, parfois, de la salle. Dans un dépôt de collectionneur où s’entassent affiches, DVD et livres, lors d’une séance de "Tenet" au Cinérama Empire de Genève ou devant le Flon de Lausanne, ils et elle racontent leurs goûts et leurs habitudes, leurs rituels parfois quasi religieux.

    Une salle de cinéma.
    Deklofenak - Depositphotos
    Vacarme - Publié le 04 novembre 2020

  • 4e épisode

    Virtuelle survie

    La salle de cinéma peut-elle se permettre aujourd’hui de n’être qu’une salle physique? Depuis le mois de mars, Netflix a franchi la barre des 2 millions d’abonnés en Suisse.

    Un peu partout, les plates-formes VOD pullulent. La RTS aura d’ailleurs la sienne, Play Suisse, dès le 7 novembre. Comment le cinéma peut-il survivre dans cette nouvelle jungle de catalogues en ligne?

    Fondateur de la société de distribution Outside-The-Box, Thierry Spicher entend lancer une plate-forme, "La 25e Heure". Du "ecinéma" de proximité, qui permettrait aux salles locales de proposer de vraies sorties en ligne à leur public.

    Logo de "La Vingt-Cinquième Heure", société de production et distribution de films et formats web dirigée par Pierre-Emmanuel Le Goff et Guilhem Olive.
    La Vingt-Cinquième Heure -
    Vacarme - Publié le 05 novembre 2020

  • 5e épisode

    "Un festin entre copains"

    Comment fait-on naître l’amour de la salle de cinéma chez les enfants, alors que l’éducation à l’image est quasiment absente des programmes scolaires?

    Fondée il y a plus de vingt-cinq ans à Neuchâtel, La Lanterne Magique, qui compte aujourd’hui 100 clubs dans le monde, pallie ce manque et propose aux enfants de découvrir des films en salle et sans leurs parents, mais entourés par des adultes bénévoles. Mais garderont-ils l’envie de retourner au cinéma quand ils seront grands, alors que les salles perdent massivement le public de 25 à 45 ans?

    Comment fait-on naître lʹamour de la salle de cinéma chez les enfants, alors que lʹéducation à lʹimage est quasiment absente des programmes scolaires?
    nullplus - Depositphotos
    Vacarme - Publié le 06 novembre 2020

  • 6e épisode

    Le cinéma, une branche qui se réinvente chaque jour

    "En Suisse, là où il y a une église, il y a aussi une salle de cinéma". A ce titre, la Suisse reste encore très gourmande du grand écran par rapport à ses voisins.

    En raison de la pandémie, les salles de cinéma sont fermées désormais. Mais est-ce juste de les comparer à des restaurants ou des bars? Edna Epelbaum, exploitante de cinéma, présidente de lʹAssociation Cinématographique Suisse et vice-présidente de lʹUnion Européenne du Cinéma UNIC, estime injuste cette comparaison, et explique pourquoi.

    Pendant ce temps, Olivier Moeschler, sociologue et responsable du domaine Culture à lʹOffice fédéral de la statistique, rappelle l'histoire du cinéma, son statut hybride, à la fois art et industrie. Mais aussi sa capacité à défier ses concurrents et à se réinventer malgré la baisse de fréquentation en salles.

    Les salles de cinéma dans "Les échos de Vacarme".
    franky242 - Depositphotos/RTS
    Vacarme - Publié le 08 novembre 2020