Justice.

Vacarme

Publié le 13 octobre 2020 à 16:59

Justice restaurative, quelle place pour les victimes?

Comment rendre justice ? Les sociétés ont eu des réponses différenciées selon les lieux et les époques. Dans nos démocraties occidentales, l’idée d’une justice qui condamne les coupables et les punit, souvent en les enfermant, s’est imposée au fil du temps. Y aurait-il une autre façon de faire ? Ou une façon complémentaire de rendre justice ? Des initiatives se mettent en place pour repenser le rôle des uns et des autres après une infraction pénale. Objectif : remettre la victime au centre. Rencontres, médiations, dialogues auteur-victime, cela s’appelle la justice restaurative. En Suisse, elle est encore balbutiante. Est-ce une solution pour apaiser les victimes, réparer le lien social et prévenir la récidive des auteurs ?

Reportages: Véronique Marti
Réalisation: Rodolphe Bauchau
Production: Laurence Difélix

  • 1er épisode

    La parole libérée

    Au pénitencier de Lenzburg (AG), des victimes d’infractions viennent rencontrer des détenus. Ils ne se connaissent pas, ne sont liés par aucun délit commun, mais vont passer huit soirées à se confier les uns aux autres. Dans quel but ? Ce programme de dialogues indirects organisé par le Forum suisse pour la justice restaurative est unique en Suisse. Claudia Christen, criminologue, en est la responsable.

    Claudia Christen, présidente du Swiss RJ Forum.
    Véronique Marti - RTS
    Vacarme - Publié le 12 octobre 2020

  • 2e épisode

    Franchir les murs

    La Suisse n’est pas pionnière en matière de justice restaurative. Elle est prudente et il faut une bonne dose de conviction aux militants qui tentent de faire bouger les lignes. Organisation de congrès, lobbying politique : des hommes et des femmes de foi et de loi se battent pour faire connaître cette justice particulière qui se veut complémentaire à la justice traditionnelle. Au sein notamment de l’AJURES, association pour la justice restaurative.

    Catherine Renaville et André Grivel, médiateurs.
    Véronique Marti - RTS
    Vacarme - Publié le 13 octobre 2020

  • 3e épisode

    Point de contact

    Caroline* a perdu son père à l’âge de deux ans, tué par balle sur son lieu de travail. C’était en 1972. Depuis, elle a le sentiment que sa vie lui échappe. Reprendre son destin en main, à 50 ans, elle en est convaincue, cela passe par une rencontre avec l’assassin de son père. Elle lui a écrit et espère une réponse qui l’apaisera enfin. Si en Suisse, les rares rencontres victimes-auteurs sont encore le résultat d’initiatives individuelles. En Belgique, elles sont devenues monnaie courante. C’est un droit inscrit dans la loi.

    Gaëtane Zeegers, médiatrice Mediante (Belgique).
    Véronique Marti - RTS
    Vacarme - Publié le 14 octobre 2020

  • 4e épisode

    Les yeux dans les yeux

    En Belgique, la justice restaurative est pratiquée depuis vingt ans. Elle permet aux parties impliquées dans une procédure pénale d’avoir recours à un médiateur pour gérer les difficultés relationnelles et matérielles résultant d’une infraction. Dix-sept médiateurs exercent en Wallonie et organisent près de cinq cents rencontres par an. Comment se déroulent-elles ? Mickaël a perdu sa femme Sylvie dans un accident de la route. Lui et la mère de son épouse ont rencontré le conducteur fautif. Tous témoignent de ce moment poignant.

    Michaël D. et ses enfants.
    Véronique Marti - RTS
    Vacarme - Publié le 15 octobre 2020

  • 5e épisode

    Le glaive et l’aiguille

    Le dialogue entre une victime et un auteur est-il toujours souhaité et souhaitable ? En Suisse, certains juges et avocats portent parfois un regard méfiant sur la justice restaurative. Pour eux, il manque le décorum, les robes noires bordées de lapin, l’autorité et les effets de manche. Est-ce bien nécessaire de repenser notre façon de rendre la justice ?

    Pierre Aubert, procureur général du canton de Neuchâtel.
    Véronique Marti - RTS
    Vacarme - Publié le 16 octobre 2020