Peinture de bienvenue chez les Ashaninka en Amazonie.

Vacarme

Publié le 10 septembre 2020 à 14:48

Peuples autochtones, guérissez-nous!

Pour le chamane, l'esprit de la plante participe à la guérison tout autant que ses molécules. Pour le chercheur occidental, une plante est une « ressource génétique » dont on peut isoler, extraire et breveter des principes actifs pour fabriquer, par exemple, des médicaments. Ces deux visions de la nature semblent inconciliables. En réalité, elles ne sont pas étanches, car les savoirs voyagent : des Européens s'inspirent du chamanisme pour réenchanter leur monde occidental, des autochtones de Guyane contestent des brevets déposés par un institut de recherche pendant qu’au Pérou, d'autres se forment à l'approche matérialiste des herbes médicinales... Que racontent ces échanges, volontaires ou subis, de notre lien avec le monde vivant ?

Reportages: Samuel Socquet
Réalisation : David Golan
Production : Laurence Difélix

  • 1er épisode

    Médecine des arbres, médecine des herbes

    Au mois d’août, un groupe de participants à l'Université du vivant de St-Cergue découvraient l'atelier de communication avec les arbres de Christophe Cantin. Formé au Collège pratique d'ethnobotanique de François Couplan, il se veut « un pont entre les plantes et les humains » et affirme avoir été « initié » par une plante. Dans le Jardin botanique de Neuchâtel, Blaise Mulhauser, le directeur, nous apprend que notre pharmacopée regorge de plantes médicinales venues d'ailleurs.

    Communiquer avec les arbres (image prétexte).
    Wavebreakmedia - Depositphotos
    Vacarme - Publié le 07 septembre 2020

  • 2e épisode

    Les brevets sans partage

    La biopiraterie, c’est l'appropriation de savoirs autochtones par des chercheurs, des pharmas ou des industriels sans partage des bénéfices. La Guyane française est confrontée à ce phénomène. La Fondation Danielle Mitterrand a fait opposition à un brevet sur la SkE, une molécule contenue dans l'arbuste Quassia amara, qui permettrait de développer un traitement contre le paludisme. Les détenteurs du brevet se défendent de toute appropriation illégitime.

    Peinture de bienvenue chez les Ashaninka en Amazonie.
    Cris Bouroncle - AFP
    Vacarme - Publié le 08 septembre 2020

  • 3e épisode

    La beauté, c'est la santé

    Dans un laboratoire parisien, des ingénieurs conçoivent des cosmétiques qui synthétisent « la magie et la science ». Ici, des Ashaninka du Pérou et une chamane shipibo partagent leurs plantes et leurs savoirs avec Daniel Joutard, le directeur. Il refuse de déposer des brevets et veut aller plus loin que le commerce équitable. La beauté, c’est une préoccupation partagée aussi par les Yupiks de Sibérie. Ce peuple de nomades du Tchoukotka, à l'extrême nord-est de la Russie, collabore aujourd’hui avec les scientifiques occidentaux.

    Un exemple de la plante "Quassia amara" (Inde).
    Forestowlet - WikiCOmmons CC-BY-SA 4.0
    Vacarme - Publié le 09 septembre 2020

  • 4e épisode

    Voyage au tambour

    Chaque été, des camps chamaniques autogérés prennent à contrepied les stages où on acquiert un « savoir ». Espaces-liens avec le vivant, ils sont organisés par des membres de la Foundation for Shamanic Studies (FSS). Dans le Jura français, Carine Roth et Guido Albertelli entraînent des néophytes dans un voyage chamanique au son d'un tambour et à la recherche des « créatures fabuleuses ».

    Carine Roth pratique le chamanisme et les bains de forêt.
    Lydia Gabor - RTS
    Vacarme - Publié le 10 septembre 2020

  • 5e épisode

    Des baies amérindiennes en terre vaudoise

    Sur les hauteurs d'Aubonne, Jean-Luc Tschabold a planté un millier d'arbustes originaires des territoires amérindiens dans sa Ferme de l'aronia, première exploitation romande de ces baies noires bourrées d'antioxydants. Chez les Indiens du Nord-est américain, elles faisaient office de super-aliment pour passer les mois d'hiver et les chamanes l'utilisaient pour soigner. Mais l'aronia est-il vraiment un médicament ?

    Fruits d'Aronia.
    - CC BY SA (Wikipédia)
    Vacarme - Publié le 11 septembre 2020