Modifié le 08 novembre 2018

Les Suisses ont craint une hausse des prix avec les initiatives alimentaires

Les Suisses ont craint une augmentation des prix dans l'alimentaire.
Les Suisses ont craint une hausse des prix avec les initiatives alimentaires Le 12h30 / 1 min. / le 08 novembre 2018
En rejetant les deux initiatives sur l'agro-alimentaire le 23 septembre, les Suisses ont eu peur d'une hausse des prix des aliments. L'enquête VOTO sur ces scrutins montre que les arguments des opposants ont convaincu.

L'analyse, publiée jeudi, a porté sur les trois objets soumis au peuple: l'initiative Fair Food, l'initiative promouvant la souveraineté alimentaire et l'arrêté fédéral sur les voies cyclables.

Les opposants aux deux premiers objets dénonçaient des textes qui allaient amener la Suisse à fermer ses frontières à certains aliments, trop peu équitables ou trop peu écologiques. Et sans ces produits bon marché, affirmaient-ils, le prix du panier de la ménagère allait prendre l'ascenseur.

Et ce message a bien passé auprès de la population: la peur d'une hausse des prix a été la raison de rejet la plus fréquemment citée (16%) par ceux qui ont déposé un non dans l'urne.

Bio et commerce équitable suffisamment soutenus

Le deuxième argument le plus décisif (14% des opposants) est le fait que la Suisse en fait déjà assez pour le bio et le commerce équitable. Cette préoccupation arrive à égalité avec la crainte de difficultés dans nos rapports avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si les textes des Verts et d'Uniterre - jugés trop proches pour être différenciés - étaient acceptés.

Coup de pouce à la promotion du vélo

A propos de l'arrêté fédéral sur les voies cyclables, accepté le 23 septembre, c'est la volonté de promouvoir plus largement le vélo qui a été décisive. Cet argument a porté 37% de ceux qui ont dit oui - soit parce qu'ils sont eux-mêmes pratiquants, soit parce qu'ils estiment que la politique des transports doit être globale et doit donc inclure aussi le cyclisme.

Quelque 19% des votants favorables à l'arrêté estiment de leur côté que pédaler est bon pour l'environnement et qu'il faut donc développer les pistes cyclables.

Ces deux arguments ont fait pencher la balance malgré le malaise ressenti par une partie de la population à l'égard des cyclistes, au comportement jugé parfois dangereux.

Mandatée par la Chancellerie fédérale, cette enquête VOTO a été menée auprès de 1502 votantes et votants.

Thibaut Schaller/oang

Publié le 08 novembre 2018 - Modifié le 08 novembre 2018