Modifié le 01 novembre 2018 à 21:37

Premier oral sans vainqueur pour les candidats PDC au Conseil fédéral

Les quatre prétendant à la succession de Doris Leuthard se sont présenté à la base de leur parti.
Les quatre prétendant à la succession de Doris Leuthard se sont présenté à la base de leur parti La Matinale / 4 min. / le 01 novembre 2018
Les quatre candidats PDC à la succession de Doris Leuthard au Conseil fédéral se sont présentés mercredi soir devant leur parti. Si ce sont les trois femmes qui sont apparues le plus à l'aise, aucun des prétendants n'a su se révéler véritablement.

Pour la première fois dans la course au Conseil fédéral, Viola Amherd, Peter Hegglin, Elisabeth Schneider-Schneiter et Heidi Z'graggen étaient réunis sur la même scène pour prendre position sur plusieurs thèmes politiques.

Organisée par et pour le PDC, le tour de table animé par le politologue Claude Longchamp n'a pas connu de grands remous.

>> Lire: Quatre candidatures pour succéder à Doris Leuthard au Conseil fédéral

Les trois femmes plus à l'aise

Les trois candidates sont apparues plus à l'aise que leur rival masculin. Elles ont notamment pu démontrer leurs compétences linguistiques, en s'exprimant en français et en italien, mais également en anglais. Moins habile, Peter Hegglin s'est risqué au français une fois ou l'autre, avant de revenir à son allemand natal. Sur scène, le conseiller national zougois a également révélé une posture plus fermée que les femmes.

Souvent citée comme favorite, Viola Amherd, qui s'exprimait pour la première fois depuis l'annonce de sa candidature, s'est montrée confiante, en s'adressant davantage à l'assemblée que les autres postulants. Elle est toutefois restée prudente dans ces choix de thèmes - la mobilité et la digitalisation - et ne s'est pas vraiment démarquée.

De son côté, la conseillère nationale bâloise Elisabeth Schneider Schneiter a présenté un profil économique, plaidant pour une ouverture vers l'Europe, alors que Heidi Z'graggen a surtout parlé de collégialité. La conseillère d'Etat uranaise a en effet mis en avant son expérience de l'exécutif.

Division sur les quotas:

Interrogés par la RTS sur la question des quotas féminins en politique, les élus sont apparus divisés. "En principe, je n’aime pas les quotas", a lâché Viola Amherd. "Mais pour faire avancer les choses, il faut parfois les introduire durant un certain temps afin que cela devienne une normalité."

"Je suis contre. Ce sont les qualifications des personnes qui comptent", a rétorqué Peter Hegglin. Et Elisabeth Schneider-Schneiter d'abonder: "Je ne veux pas être élue grâce à des quotas, mais parce que je suis une femme capable."

Heidi Z’graggen a été plus évasive: "On pourrait penser quelques fois que c’est une bonne idée. Ce sont les femmes et les hommes qui élisent leur personnel politique et je compte sur les femmes pour se soutenir entre elles."

Et la Suisse romande?

Peu connus en Suisse romande, les quatre candidats connaissent-ils les Romands? "Oui", a affirmé Peter Hegglin, preuve à l’appui: "J’ai fait ma première année d’apprentissage à Lausanne. Mais cela fait longtemps et j’ai beaucoup oublié le français", a-t-il admis. A l’inverse, ce que Viola Amherd a dit retenir de la Romandie, c’est sa langue justement: "J’ai toujours aimé le français et j’essaie de bien le parler."

Elisabeth Schneider-Schneiter a fait honneur au canton du Jura: "Les Jurassiens sont mes voisins, mes amis." Un canton pour lequel Heidi Z’graggen a aussi un faible: "Les Jurassiens ressemblent aux Uranais. Nous avons tous les deux les pieds dans la terre."

>> La réaction de ministre jurassien Charles Juillard dans Forum:

Le Jurassien Charles Juillard, vice-président du PDC suisse.
Alexandra Wey - Keystone
Forum - Publié le 01 novembre 2018

Alexandra Richard et Mathieu Henderson

Publié le 01 novembre 2018 à 08:13 - Modifié le 01 novembre 2018 à 21:37

"Aucun des candidats n'est sorti du lot"

La prestation des quatre prétendants au gouvernement n'a visiblement pas fait l'unanimité. Benoît Cerutti, PDC genevois, s'est dit particulièrement déçu: "On ne peut pas vraiment dire qu'il y ait quelqu'un qui soit sorti du lot et qui ait l’étoffe de conseiller fédéral. Les réponses des quatre candidats ont été très faibles."

Selon lui, cette faiblesse démontre un symptôme plus profond: "Le parti n’arrive pas à clarifier un certain nombre de questions et cela s'est retrouvé dans le débat de ce soir. Il y a une absence de vision qui est inquiétante. On a l’impression que le PDC a de la peine à dire où il veut amener le pays. Et tant qu'il n’arrivera pas à répondre à cette question, il se retrouvera face à des difficultés structurelles profondes."