Modifié le 30 octobre 2018 à 18:58

Des mécènes en campagne contre l'initiative pour l'autodétermination

L'association monte au créneau contre l'initiative de l'UDC.
Des mécènes en campagne contre l'initiative pour l'autodétermination Forum / 3 min. / le 30 octobre 2018
Habituellement discrets et apolitiques, les mécènes de la recherche universitaire sortent du bois avant la votation sur les juges étrangers. Ils se lancent pour la première fois dans une campagne en prenant position publiquement.

L’Association de Genève des Fondations Académiques (A.G.F.A) va publier des encarts ces prochains jours dans la presse, a appris la RTS. Le message appelle - en refusant le texte - à rejeter une "mise en péril de nos acquis" et une "Suisse affaiblie" mais à soutenir au contraire "une Suisse participative."

Le spectre de la votation de 2014

Jean-Marc Triscone. Jean-Marc Triscone. [UNIGE] "Ce qui a décidé les fondations académiques, c'est que ces fondations sont inquiètes aujourd'hui (…) avec potentiellement une sortie des programmes européens de recherche comme c'est arrivé en 2014" explique Jean-Marc Triscone, président de cette association et vice-recteur de l'Université de Genève, dans l'émission Forum. "Et ça, c'est très, très directement une perte d'attrait pour la Suisse, qui aura de la peine à attirer les meilleurs chercheurs et les meilleurs étudiants."

L'association estime aujourd'hui qu'il aurait fallu agir en 2014 déjà, avant la votation sur l'initiative contre l'immigration de masse. Beaucoup se sont dit après coup qu'ils auraient dû agir, note Jean-Marc Triscone. "Le but des fondations est de soutenir la meilleure recherche, les meilleurs projets. Et le vrai souci, c'est qu'à long terme cette perte d'attractivité conduise à une baisse de la qualité de la recherche - dans tous les domaines."

La participation des étudiants en question

Les conséquences de la votation ont été chiffrées récemment par le secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), rappelle le président de l’A.G.F.A. "On parle d'1,4 milliard perdu pour la recherche suisse sans rattrapage possible. Mais ce n'est pas seulement une question d'argent, c'est la participation aux réseaux européens pour nos jeunes qui sont les cerveaux et les chercheurs de demain."

La recherche pas menacée, assure l'UDC

"On parle d'une initiative très simple (…) qui ne remet absolument pas en question les programmes de recherche", affirme en réaction le conseiller national UDC bernois Manfred Bühler.

>> Ecouter l'interview de Manfred Bühler dans Forum:

Le conseiller national UDC bernois Manfred Bühler.
Anthony Anex - Keystone
Forum - Publié le 30 octobre 2018

Sylvie Lambelet/oang

Publié le 30 octobre 2018 à 18:54 - Modifié le 30 octobre 2018 à 18:58

Les objectifs de l'association

L’Association de Genève des Fondations Académiques (A.G.F.A.) regroupe une vingtaine d'institutions suisses actives dans le mécénat en faveur de la recherche et de l’enseignement supérieur au sein des Hautes Ecoles universitaires suisses, comme Leenards, la Famille Sandoz ou l'Institut de recherche sur le cancer.

Elle dit, sur son site, avoir pour but notamment "de favoriser la connaissance des fondations et associations académiques entre elles et à l’extérieur, de soutenir et développer certains projets de membres individuels dans la mesure des objectifs communs et de promouvoir les intérêts des membres à l’égard des autorités."

Débat sur la Suisse et le respect du droit international

Pour l'UDC, la Suisse est trop zélée dans son respect du droit international. Elle serait même "le seul pays à se soumettre ainsi", affirmait récemment Christoph Blocher dans le quotidien Le Temps. Cette affirmation est-elle vérifiée dans les faits?

>> Ecouter le débat entre Jean-François Perrin, professeur honoraire de la faculté de droit de l'Université de Genève, et Claude Rouiller, ancien président du Tribunal fédéral, dans l'émission Forum: