Modifié le 22 octobre 2018 à 08:25

Citée par l'UDC, Micheline Calmy-Rey dénonce une "campagne d'enfumage"

Le flyer de l'UDC consacré à la votation du 25 novembre sur l'autodétermination provoque la colère de Micheline Calmy-Rey.
Le flyer de l'UDC consacré à la votation du 25 novembre sur l'autodétermination provoque la colère de Micheline Calmy-Rey. 19h30 / 2 min. / le 21 octobre 2018
La campagne sur l'autodétermination de l'UDC se voulait rassembleuse et sans coup-de-poing. Au dos du flyer distribué dans un tous-ménage figure une citation de l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, utilisée à son insu.

Sans provocation, sans logo du parti, la nouvelle campagne de l'UDC pour l'initiative dite d'autodétermination en a déstabilisé plus d'un. Cette semaine, c'est l'arrivée du tous-ménages qui a créé la surprise, puis l'énervement. Le flyer cite l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, figure de la gauche opposée à l'initiative.

"Je suis fâchée d'avoir été utilisée comme ça, parce que je ne partage pas le contenu de cette initiative", affirme-t-elle dimanche à la RTS.

Les propos sont correctement cités, mais ils avaient été tenus dans un autre contexte, cet été, en soutien aux syndicats qui s'opposaient à l'assouplissement des mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes, exigé par l'Union européenne.

La citation de Micheline Calmy-Rey dans le flyer de l'UDC. La citation de Micheline Calmy-Rey dans le flyer de l'UDC. [RTS]

Citation reprise "dans son intégralité"

L'UDC estime être dans son droit. "On a repris cette situation dans son intégralité, où ça veut clairement dire que le droit suisse protège mieux que le droit européen. Elle est ancienne conseillère fédérale, elle doit accepter que ses citations soient reprises dans le cadre de campagnes politiques", se défend Michaël Buffat, vice-président du groupe UDC.

Pour l'ancienne ministre des Affaires étrangères, d'être utilisée en faveur d'une initiative alors qu'il est de notoriété publique qu'elle s'y oppose, ce ne sont pas des moeurs politiques que l'on connaît en Suisse. "C'est des fake news, comme on dit", sourit-elle.

"Je trouve que leur attitude est parfaitement mensongère, irresponsable, c'est une campagne qui ne se fait pas. Il faut que l'information soit transparente, qu'elle soit correcte, qu'elle soit correctement donnée au citoyen, qu'il puisse se prononcer en toute connaissance de cause. Or là, on est vraiment dans une campagne d’enfumage", lâche-t-elle.

Sur les réseaux sociaux, le Parti socialiste suisse dénonçait aujourd'hui une campagne mensongère.

Sujet TV Fanny Zürcher

Adaptation web: Feriel Mestiri

Publié le 21 octobre 2018 à 19:45 - Modifié le 22 octobre 2018 à 08:25

Un cas similaire en 2010 dans une campagne du Parti socialiste

Ce cas n'est pas nouveau, a rappelé le politologue Louis Perron dimanche à la RTS. Pour sa campagne sur l'initiative pour des impôts équitables de 2010, le Parti socialiste avait usé d'une stratégie similaire.

Les socialistes avaient alors utilisé les critiques de certaines personnalités de droite sur la compétition fiscale entre les cantons comme argument en leur faveur, sans préciser que ces personnes n'étaient pas favorables à cette initiative.

Un cas similaire donc, "sauf que cette fois c'est la droite qui le fait", estime Louis Perron.

>> Regarder l'interview de Louis Perron dans le 19h30: