Modifié

A Mitholz (BE), les familles ont appris à vivre avec le risque d'explosion

Le mari de Cosette Künzi a perdu un frère et une soeur dans l'explosion du dépôt de munitions. Depuis 40 ans qu’elle vit à Mitholz, l'agricultrice s'attelle à documenter cette histoire. [Pauline Turuban - RTSinfo]
Ici la Suisse - Le village de Mitholz vit sous la menace du dépôt de munitions de l'armée / La Matinale / 6 min. / le 17 octobre 2018
Rencontre à Mitholz (BE) avec les Künzi, agriculteurs sur quatre générations, dont la ferme est voisine de l’entrée du dépôt de munitions de l’armée. La famille avait perdu plusieurs membres dans l'explosion de 1947.

Mitholz, minuscule village de l’Oberland bernois, vit sous la menace depuis 70 ans. Le dépôt de munitions de l’armée y avait explosé le 19 décembre 1947, faisant neuf victimes.

En juin dernier, le conseiller fédéral Guy Parmelin a convoqué l’ensemble de la population pour l’informer du danger toujours existant, et même bien plus important que ce qu’on pensait jusqu’ici.

>> Lire: L'ancien dépôt de munitions de Mitholz (BE) risque encore d'exploser

Comment les habitants de Mitholz s'accomodent-ils de ce risque? La RTS est allée à la rencontre des Künzi, agriculteurs sur quatre générations.

Leur ferme est située à quelques mètres de l’entrée du dépôt militaire. Quant à leur préalpe, elle se situe précisément sur la falaise où sont enfouies les munitions.

>> Rencontre avec les Künzi-Matile en vidéo:

Reportage avec la famille Kuenzi à Mitholz [RTS]
Reportage avec la famille Kuenzi à Mitholz / Info en vidéos / 3 min. / le 17 octobre 2018

Devoir de mémoire

Les plus anciens de la lignée se souviennent avec douleur de la catastrophe de 1947, au cours de laquelle plusieurs membres de la famille avaient péri.

Cosette Künzi est née Matile, à Dombresson, dans le Val-de-Ruz (NE). Son mari a perdu un frère et une soeur dans l'explosion et, depuis 40 ans qu’elle vit à Mitholz, Cosette Künzi s'attelle à documenter cette histoire, si imbriquée dans celle de sa famille.

A la fois agricultrice et archiviste, elle a recueilli dans un classeur photos et coupures de presse pour que ses petits-enfants n’oublient pas.

Ni Cosette ni ses enfants disent craindre une nouvelle explosion du dépôt. Les questionnements pour leur avenir et celui de leur troupeau sont en revanche bien réels. Aujourd’hui on ignore si les munitions pourront être évacuées ou neutralisées sur place, et les habitants s'inquiètent de l'impact des différents scénarios sur leur activité.

Le département militaire a annoncé qu’il présenterait probablement de premières solutions dans la deuxième moitié de 2020.

Reportage radio: Alain Arnaud

Vidéo: Pauline Turuban

Publié Modifié