Modifié le 03 octobre 2018 à 11:24

La part d'agricultrices à la tête d'exploitations progresse en Suisse

Les femmes dirigeantes d'exploitations agricoles sont encore minoritaires en Suisse mais leur part a progressé ces dernières années pour s'établir à 6%. Cette hausse a pour corollaire le développement de l'agriculture bio.

Actuellement, le monde agricole suisse est encore à une écrasante majorité dominé par les hommes. Bien que les paysannes jouent un rôle majeur dans ce milieu, elles n'assument que très rarement une fonction dirigeante.

Toutefois, le nombre de femmes cheffes d’exploitation progresse depuis plusieurs années. Au total, 6% des domaines sont désormais dirigés par des femmes.

Le nombre d'apprenties agricultrices, en augmentation constante, est une des raisons de cette évolution. L'an dernier, elles étaient 14% à décrocher un CFC, alors que cette proportion stagnait encore à moins de 5% dans les années 2000.

Avec un CFC, les femmes peuvent revendiquer les mêmes compétences et droits que leurs homologues masculins, comme celui d’acquérir un domaine.

>> Ecouter la rencontre avec Madlen Weyermann, 35 ans, qui a repris la Ferme du Joran au-dessus d'Orbe (VD) avec un collectif de 12 personnes:

Madlen Weyermann, responsable de la Ferme du Joran, dans le canton de Vaud.
Céline Fontannaz - RTS
Ici la Suisse - Publié le 03 octobre 2018

Le bio est le créneau privilégié des femmes

La féminisation de la profession a eu pour corollaire un essor de l’agriculture biologique en Suisse. Le bio est en effet le créneau privilégié par les agricultrices: dans cette filière, 20 à 30% de l’effectif des classes d’apprentissage était féminin ces quatre dernières années.

Le fait que davantage de femmes soient formées au même titre que les hommes devrait aussi leur permettre de faire évoluer leur condition.

Lutter contre la précarité des femmes paysannes

Aujourd'hui, le modèle suivant domine toujours: l'homme dirige le domaine, tandis que la femme le seconde dans toutes sortes de tâches (agricoles, domestiques, administrative) sans avoir de statut, pas même celui d’employée.

Ce qui a pour conséquence une couverture sociale minimale se résumant à l’AVS, et une grande précarité en cas de divorce ou d’invalidité.

Disposer d'un CFC peut aider les agricultrices à revendiquer le statut de co-exploitante ou au moins celui d'employée, comme leur recommande l'Union suisse des paysannes et des femmes rurales.

Céline Fontannaz / ptur

Publié le 03 octobre 2018 à 11:16 - Modifié le 03 octobre 2018 à 11:24