Modifié le 02 octobre 2018 à 09:06

Une personne âgée sur quatre a été victime de criminalité économique

Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à la criminalité économique.
Les seniors, cible privilégiée de la criminalité économique Le 12h30 / 2 min. / le 01 octobre 2018
Les abus financiers provoquent des pertes de plus de 400 millions de francs par an chez les seniors, selon une étude. Au total, près de 25% des personnes de 55 ans ou plus en ont été victimes au cours des cinq dernières années.

Une personne de 55 ans ou plus sur quatre a été victime d'une forme de criminalité financière au cours des cinq dernières années, selon l'étude menée par Pro Senectute Suisse, en collaboration avec l'Institut de lutte contre la criminalité économique de la Haute école de gestion Arc à Neuchâtel. Les résultats du rapport étaient présentés lundi à Berne.

Une personne sur quatre a été ciblée comme victime, et une sur cinq y a perdu de l'argent. Le plus grand préjudice révélé dans cette étude s'élève à plus de 500'000 francs.

Les spécialistes l'ont admis lundi lors de la présentation des résultats du rapport à Berne, l'ampleur du phénomène frappe. On parle ici de pratiques commerciales douteuses, par exemple la vente de services non souhaités. Il y a aussi les vols et les arnaques, comme le faux neveu ou l'inconnu en détresse, ou encore la cybercriminalité. Mais le cadre privé est aussi pris en compte, par exemple quand un proche utilise l'argent de la personne âgée sans lui en demander l'autorisation: ici on parle de maltraitance financière.

Les hommes plus touchés

Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes, car ce sont la plupart du temps eux qui gèrent les finances. Ils utilisent aussi plus souvent les nouvelles technologies.

Autre constat frappant, il y a beaucoup plus de cas en Suisse romande. Près de 36% des personnes interrogées de ce côté de la Sarine admettent avoir été victimes d'une escroquerie, contre 23% en Suisse alémanique et 12% au Tessin.

En cause, la prévention beaucoup moins efficace en Suisse romande, mais aussi la langue: la francophonie est une région plus vaste que les régions où l'on parle allemand... Davantage de personnes qui parlent français, c'est donc davantage d'arnaqueurs potentiels.

Pour Pro Senectute, il faut ouvrir le dialogue chez les professionnels concernés mais surtout chez les victimes: le meilleur moyen d'éviter ces abus financiers.

>> Les précisions d'Alain Huber dans Forum

Alain Huber, membre de la direction de Pro Senectute
DR - Pro Senectute
Forum - Publié le 01 octobre 2018

Camille Degott/jvia

Publié le 01 octobre 2018 à 12:47 - Modifié le 02 octobre 2018 à 09:06