Modifié le 28 septembre 2018

Après Infrarouge, Nantermod renonce aux séances payées par une assurance

Caisses-maladie: polémique autour de la participation de politiciens dans un group de réflexion, Philippe Nantermod renonce.
Caisses-maladie: polémique autour de la participation de politiciens dans un group de réflexion, Philippe Nantermod renonce. 19h30 / 2 min. / le 27 septembre 2018
A la suite du débat Infrarouge mercredi sur la RTS, le conseiller national Philippe Nantermod dit renoncer à des séances de consultation rémunérées pour une assurance maladie.

Mercredi soir, Philippe Nantermod (PLR) était invité au débat Infrarouge sur les primes maladie. Interrogé, l'élu valaisan déclare avoir été invité dans un groupe de réflexion du Groupe Mutuel.

Face à lui, le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard (PS) l'interpelle sur le montant perçu. Philippe Nantermod répond qu'il touchera 10'000 francs par année pour 5 ou 6 séances d'une journée.

Réaction offusquée

"Cela fait 2000 francs la séance, s'insurge alors Pierre-Yves Maillard. "Ce n'est juste pas acceptable. (...) Comment on peut justifier que dans une démocratie normale, on continue à avoir des parlementaires qui reçoivent 2000 francs pour travailler de 9h30 à 17h?"

"Toutes les activités des parlementaires, quand ils sont invités à gauche ou à droite, sont rémunérées", se défend le conseiller national, avant de conclure: "Je vais aller voir. Si c'est vraiment ça, je ne vais pas y rester."

>> L'échange entre Philippe Nantermod et Pierre-Yves Maillard sur le plateau d'Infrarouge

Philippe Nantermod renonce

"Je me suis trompé", a déclaré jeudi matin Philippe Nantermod sur son compte Facebook. Le PLR dit finalement décliner l'invitation au groupe de réflexion rémunéré. "Les propos de Pierre-Yves Maillard m'ont fait réfléchir. C'était une erreur", a répété Philippe Nantermod dans l'émission Forum.

"J’ai toujours eu à coeur de garder une indépendance et j’ai pensé pouvoir le faire. Or, l’apparence d’indépendance au moins ne peut être garantie. Dans ces conditions, j’ai décidé de renoncer."

Le groupe de réflexion comprend les conseillers aux Etats Roland Eberle (UDC/TG), Olivier Français (PLR/VD) et Ivo Bischofberger (PDC/AI), ainsi que les conseillers nationaux Céline Amaudruz (UDC/GE), Raymond Clottu (sans parti/NE), Sebastian Frehner (UDC/BS), Martin Landolt (PBD/GL), Leo Müller (PDC/LU), Bruno Pezzatti (PLR/ZG) et Jürg Stahl (UDC/ZH). A noter que Roland Eberle est par ailleurs vice-président du conseil d’administration du Groupe Mutuel.

Sur son site, le Groupe Mutuel précise que le groupe se réunit en principe 4 fois par année et que l'indemnisation de ses membres est de 10'000 francs au maximum par année en fonction du nombre de séances.

"Recevoir une rémunération prête à confusion"

Contactée par la RTS, la Genevoise Céline Amaudruz a dit comprendre la position de Philippe Nantermod. Adhérente depuis peu du groupe de réflexion du Groupe Mutuel, elle a expliqué avoir insisté pour avoir, non pas le statut de membre, mais celui d'invitée non rémunérée.

"Je leur ai précisé que ma participation n'était envisageable que sans rémunération", a-t-elle déclaré. "Je ne pense pas être influençable, mais je pense que pour les gens, le fait de recevoir une rémunération prête à confusion", a poursuivi la conseillère nationale. 

"Être rémunéré pour des séances d'information" "pose un problème" à Céline Amaudruz, qui a encore estimé que seuls les trajets et les frais devraient être indemnisés. Entretemps, le nom de la Genevoise a d'ailleurs disparu de la liste du Groupe Mutuel.

>> Voir l'extrait complet sur l'influence des caisses maladie sous la Coupole:

L'influence des caisses maladie sous la Coupole
Infrarouge - Publié le 26 septembre 2018

>> Voir aussi le Temps présent sur l'influence des lobbys dans le domaine de la santé

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Publié le 27 septembre 2018 - Modifié le 28 septembre 2018