Modifié le 27 septembre 2018 à 09:39

Le Parti socialiste "brouille les pistes" sur la question européenne

L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - René Schwok, professeur et directeur du Global Studies Institute
L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - René Schwok, professeur et directeur du Global Studies Institute La Matinale / 10 min. / le 27 septembre 2018
Le professeur et directeur du Global Studies Institute (GSI) de l'Université de Genève René Schwok estime que la position du Parti socialiste sur la question des relations avec l'Union européenne s'est brouillée.

"On n'a jamais été aussi loin dans les tensions entre la Suisse et l'Union européenne", souligne René Schwok dans La Matinale de la RTS. Rappelant que les mesures de rétorsion prises contre la Suisse par l'Union européenne (UE) "n'ont jamais été aussi importantes", notamment contre la Bourse suisse, le professeur et directeur du Global Studies Institute (GSI) de l'Université de Genève insiste: jamais le contexte en Suisse n'a vu une telle alliance contre-nature entre gauche et UDC sur la question européenne.

"Jamais le centre-droit n'a été aussi isolé sur le dossier européen", répète-t-il, alors même que les relations entre la Suisse et l'Union européenne seront discutées à Berne jeudi et vendredi.

René Schwok n'est pas étonné par la position des syndicats contre l'accord institutionnel. "Les syndicats menacent de ne pas aller plus loin, ce n'est pas la première fois, ils ont toujours insisté sur l'importance des mesures d'accompagnement", explique le professeur. "Ils ont eu du succès, c'est grâce aux syndicats qu'on a eu les mesures d'accompagnements dont même la droite se vante aujourd'hui."

Perdre son image claire "est très risqué" pour le Parti socialiste

Avec l'évolution du positionnement du Parti socialiste, le directeur du GSI estime qu'il pourrait s'agir de l'émergence d'une gauche moins proeuropéenne et souverainiste en Suisse, "ce qui serait dommageable pour la gauche suisse, parce qu'elle apparaîtrait divisée comme presque toutes les gauches européennes, entre une aile sociale-démocrate proeuropéenne et une aile beaucoup plus mélenchoniste et souverainiste".

"C'est très risqué de perdre une image claire, qui était celle du parti proeuropéen, de l'ouverture." Soulignant que le Parti socialiste "brouille les pistes", René Schwok rappelle que "c'est très mauvais en termes de communication politique à une époque où on simplifie les messages". En vue des élections fédérales de l'an prochain, René Schwok pointe l'importance pour le parti de se faire "l'avocat de causes claires et facilement communicables".

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Eric Butticaz

Publié le 27 septembre 2018 à 09:36 - Modifié le 27 septembre 2018 à 09:39