Modifié le 18 septembre 2018 à 12:58

Ignazio Cassis: "Nous ne tolérons pas les activités d'espionnage en Suisse"

Les diplomates russes en Suisse s'adonnent à un espionnage à grande échelle
Les diplomates russes en Suisse s'adonnent à un espionnage à grande échelle 19h30 / 2 min. / le 17 septembre 2018
La Suisse ne tolère pas les tentatives d'espionnage russe, a insisté Ignazio Cassis lundi dans un entretien accordé à la radio SRF. Le chef de la diplomatie va en parler directement avec son homologue Sergeï Lavrov.

Ignazio Cassis a déclaré à SRF que ses services ont eu des contacts avec la Russie pour leur faire comprendre que de telles activités ne sont pas tolérées en Suisse.

Le conseiller fédéral en charge des Affaires étrangères ajoute qu'il rencontrera son homologue russe la semaine prochaine et qu'il lui réexpliquera la position de la Suisse.

Le Tessinois a toutefois insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre un ton ferme et le maintien d’un dialogue ouvert avec la Russie. Et d'avancer le risque d'escalade: "D'un autre côté, notre rôle neutre veut que nous menions un dialogue critique mais ouvert avec ces pays."

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis.

Il y a eu un dépassement des limites du tolérable

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis, au micro de la RTS

Des diplomates russes pas accrédités

Les actions de la Russie dépassent le volume habituel des activités de renseignement et c'est la raison pour laquelle la Suisse a réagi à différents niveaux. Le ministre n'a toutefois pas souhaité s'exprimer sur les cas individuels concrets.

Ignazio Cassis ne commente pas directement l'affaire du Laboratoire de Spiez, mais il confirme que des diplomates russes n'ont pas été accrédités en Suisse ces derniers temps.

Des espions russes en Suisse

En mars dernier, le Conseil fédéral notait dans son rapport de gestion 2017 que le nombre d'officiers des renseignements étrangers sous couverture diplomatique est important. Par exemple, pour un certain pays qu'il ne nomme pas, le gouvernement soupçonne sérieusement que plus d'un quart du personnel diplomatique est lié au service de renseignements. Selon Le Matin Dimanche et la Sonntagszeitung, il s'agit de la Russie.

>> Lire aussi: Un diplomate russe sur quatre basé en Suisse serait un espion

En mars 2017 déjà, le Ministère public de la Confédération a lancé une procédure pénale contre deux espions russes présumés. Ils sont soupçonnés d'une tentative de cyberattaque contre l'Agence mondiale antidopage à Lausanne.

Ces mêmes agents ont été arrêtés aux Pays-Bas pour soupçon de piratage du Laboratoire de Spiez (BE). Cette institution fédérale a notamment été chargée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques d'analyser le cas d'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille en Angleterre en mars.

>> Lire aussi: Le Laboratoire de Spiez (BE) aurait été la cible de deux espions russes

>> La Suisse, un pays convoité par les services de renseignements étrangers:

La Suisse reste très convoitée par les services de renseignements étrangers depuis la seconde guerre mondiale
19h30 - Publié le 17 septembre 2018

pym/boi avec ats

Publié le 17 septembre 2018 à 13:33 - Modifié le 18 septembre 2018 à 12:58

La Russie réagit aux accusations d'Ignazio Cassis

Le département de la presse et de l’information du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie a publié hier soir un bref communiqué pour protester contre les accusations d’Ignazio Cassis.

Moscou a précisé que cette hystérie anti-espions n’apportait rien de bon aux relations bilatérales tout en espérant que la Confédération saurait développer une approche responsable, en clair une approche basée sur le respect et la confiance mutuels.