Modifié le 21 août 2018 à 15:17

L'initiative sur des aliments équitables plaide pour des denrées de qualité

Des fruits et légumes photographiés dans le canton de Berne.
Des fruits et légumes photographiés dans le canton de Berne. [Peter Schneider - Keystone]
L'initiative pour des aliments équitables propose que la Confédération renforce l'offre de denrées alimentaires sûres et de qualité produites dans le respect de l'environnement. Les Suisses trancheront le 23 septembre.

Lancée par les Verts, l'initiative populaire pour des aliments équitables vise une production de denrées qui se fait dans le respect de l'environnement, des ressources et des animaux, ainsi que dans des conditions de travail équitables.

Pour atteindre cet objectif, le texte propose de déclarer plus précisément les denrées alimentaires, de moduler certains droits de douane, d'obliger la branche alimentaire à respecter des buts sociaux et écologiques fixés, ainsi que de lutter contre le gaspillage et de promouvoir les produits de saison.

Pour les importations, l'initiative fixe une règle générale: les denrées agricoles venant de l'étranger devront répondre aux prescriptions suisses. Ainsi, les oeufs et la viande issus de l'élevage intensif ne pourront plus être importés. Berne devra garantir le respect des normes helvétiques en procédant par exemple à des contrôles.

Une stratégie de qualité au lieu d'un "libre-échange effréné"

L'initiative est soutenue par la gauche, des organisations actives dans la protection de l'environnement, des consommateurs et des animaux, ainsi que Bio Suisse et les femmes paysannes.

Selon les initiants, le projet permettra de proposer davantage de denrées meilleures et de mettre en place une stratégie de qualité pour les importations à la place d'un "libre-échange effréné".

Le texte améliorera aussi la transparence envers les consommateurs, estiment ses partisans. Les citoyens en ont assez des scandales alimentaires, de l'élevage industriel, de la surexploitation de la nature ou des conditions de travail à l'étranger, relevait début août la conseillère nationale Adèle Thorens (Verts/VD).

L'initiative encourage par ailleurs la commercialisation de produits régionaux, achetés à un prix équitable. Ces mesures profiteront à tous, consommateurs, paysans, animaux, environnement et climat, expliquait Maya Graf, coprésidente du comité d'initiative, lors du lancement de la campagne.

Un texte jugé superflu et risqué

Le Conseil fédéral recommande de rejeter le texte. Le comité interpartis d'opposition réunit quant à lui le PLR, l'UDC, le PDC, le PBD, ainsi que des associations économiques et de consommateurs.

Le gouvernement juge les dispositions proposées superflues. La Suisse produit elle-même environ la moitié des denrées alimentaires dont elle a besoin. Et celles-ci doivent déjà satisfaire à des exigences strictes. En interdisant certaines importations, le texte pourrait par ailleurs être en conflit avec des accords internationaux.

"Des normes plus élevées vont de pair avec des contrôles plus nombreux", déclarait également à la mi-août le conseiller national Christian Imark (UDC/SO). Les consommateurs verront donc non seulement augmenter le prix de leur panier d'achat, désormais constitué de produits plus écologiques, mais ils devront aussi payer via leurs impôts des contrôles de qualité accrus, selon les opposants.

L'application de l'initiative entraînerait une diminution de l'offre, affirmait par ailleurs l'association alémanique des consommateurs lors du lancement de la campagne, reprochant au projet de vouloir mettre le consommateur sous tutelle.

Le 23 septembre, ce sera aux Suisses de trancher. Selon le premier sondage SSR publié le 17 août dernier, l'initiative pour des aliments équitables convainc 78% des citoyens, alors que 20% s'y opposent. Mais l'opinion publique n'était encore que peu formée à la fin de l'été.

>> Le point sur le sondage SSR en vue des votations:

Les intentions de vote vis-à-vis des deux projets sur l'alimentation sont nettement corrélées, selon gfs.bern.
Martial Trezzini - Keystone
La Matinale - Publié le 17 août 2018

Tamara Muncanovic avec ats

Publié le 21 août 2018 à 15:08 - Modifié le 21 août 2018 à 15:17