Modifié le 30 août 2018 à 13:23

Un contre-projet pour inscrire les pistes cyclables dans la Constitution

Un vélo sur une piste cyclable dans le canton de Lucerne.
Un vélo sur une piste cyclable dans le canton de Lucerne. [Alexandra Wey - Keystone]
L'arrêté fédéral sur les voies cyclables, soumis au peuple le 23 septembre, propose d'inscrire le vélo dans la Constitution et d'encourager les pistes cyclables au même titre que les chemins pédestres.

Le projet tient son origine d'une initiative lancée en 2015 par la faîtière nationale des cyclistes Pro Velo. Le texte demandait l'inscription de la promotion du vélo dans l'article constitutionnel sur les chemins et sentiers pédestres. Il voulait également intégrer dans la Constitution l'obligation pour la Confédération de promouvoir les voies cyclables.

Dans son contre-projet direct soumis à votation le 23 septembre, le Conseil fédéral a repris l'idée de mettre sur un pied d'égalité la mobilité piétonne, la randonnée et le trafic cycliste. Il a par contre exclu les revendications des initiants voulant édicter des obligations. Au vu de ce contre-projet direct, le comité d'initiative a décidé de retirer son texte.

Les pistes cyclables relèvent de la compétence des cantons et des communes. Sans remettre cela en question, la Confédération pourra soutenir et coordonner les mesures prises par les cantons en la matière, selon ce contre-projet. Celui-ci prévoit aussi de remplacer les pistes qui doivent être supprimées.

Davantage de sécurité et une meilleure mobilité

Pour le Conseil fédéral, ce soutien de la Confédération contribuera à une meilleure gestion de la mobilité. Plus le réseau de voies cyclables sera développé, plus il sera attrayant de prendre son vélo, en particulier pour de courts trajets, estime le gouvernement.

Un meilleur réseau renforcerait également la sécurité routière, alors que le nombre de cyclistes blessés ou tués lors d'accidents a augmenté ces dernières années. "Si l'on peut mieux conjuguer les transports en bus, tram ou voiture avec les cyclistes, je pense que cela va nous donner des possibilités de réduire le nombre de morts et blessés", indiquait en juillet la conseillère fédérale en charge des Transports Doris Leuthard sur les ondes de la RTS.

Le Conseil fédéral rappelle également les bienfaits du vélo pour l'environnement, son importance pour le tourisme, ainsi que le développement technologique - avec par exemple le vélo électrique - qui permet encore un essor des déplacements par bicyclette.

"La Constitution n'est pas un inventaire à la Prévert"

Le contre-projet de l'exécutif est largement soutenu sur l'échiquier politique. Seule l'UDC s'y oppose. "Je ne crois pas que la Constitution soit un inventaire à la Prévert de tout ce qu'on aimerait bien et qu'on trouve sympathique", dénonçait fin juillet le conseiller national Manfred Bühler (UDC/BE) sur la RTS.

Le parti craint une intervention de la Confédération dans un domaine maîtrisé par les cantons et les communes, ainsi que les coûts induits par ce projet pour la Berne fédérale.

Les opposants estiment par ailleurs que davantage de voies cyclables n'induiront pas forcément un usage plus régulier du vélo et de meilleures conditions de circulation, notamment par mauvais temps.

Panel d'associations favorables

Dans le camp du oui au contre-projet, on retrouve de nombreuses associations d'horizons différents. Le TCS estime par exemple que le texte "s’inscrit pleinement dans une optique de co-modalité (...), à savoir de complémentarité des différents modes de transport".

Même son de cloche chez Mobilité piétonne Suisse, pour qui "le trottoir appartient aux piétons", ce qui implique que "des infrastructures appropriées doivent être mises à disposition des cyclistes".

Outre les organismes de défense de l'environnement (Pro Natura, WWF), le contre-projet convainc d'autres associations telles que l'Union des villes suisses, la Ligue suisse contre le bruit, l'Association des Communes Suisses ou encore la Ligue suisse contre le cancer.

Les Suisses trancheront le 23 septembre. Selon le premier sondage SSR publié à la mi-août, 64% des citoyens sont favorables à l'arrêté fédéral, alors que 26% s'y opposent. Mais l'opinion publique n'était alors que peu formée.

>> Le point sur le premier sondage SSR en vue des votations:

Les intentions de vote vis-à-vis des deux projets sur l'alimentation sont nettement corrélées, selon gfs.bern.
Martial Trezzini - Keystone
La Matinale - Publié le 17 août 2018
 

Tamara Muncanovic avec ats

Publié le 21 août 2018 à 15:08 - Modifié le 30 août 2018 à 13:23