Modifié le 16 août 2018

Bisbilles politiques autour des agressions de femmes en Suisse

La violence des migrants envers les femmes taboue à gauche? Interview de Rebecca Ruiz (vidéo)
La violence des migrants envers les femmes taboue à gauche? Interview de Rebecca Ruiz (vidéo) La Matinale / 8 min. / le 16 août 2018
Des politiciennes de droite dénoncent des violences imputables à des hommes issus de la migration après les agressions à Genève et lors de la Street Parade de Zurich. La gauche se défend de faire de l'"angélisme".

Alors que les femmes de droite ont appelé leurs homologues de gauche à se saisir de cette problématique dans le Blick de mercredi, Babette Sigg Frank, la présidente des femmes PDC suisses, indique à la RTS que "nous sommes beaucoup trop tolérants à l'égard de ces comportements". Elle invite notamment à réprimer plus durement les violences contre les femmes.

Admettant que des Suisses sont aussi les auteurs de violence contre les femmes, elle insiste pourtant: "dans le cas de ces agressions, quelque chose n'a pas fonctionné, on a oublié de dire à ces hommes que ce n'était pas admissible, que cela ne se passait pas comme ça chez nous et que si quelqu'un se comporte de la sorte, il doit repartir chez lui."

Pour Babette Sigg Frank, les femmes de gauche ont maintenant "compris qu'il était temps de faire alliance, qu'il faut agir ensemble face à ces violences". Pour la PDC, la gauche a "souvent de la peine à admettre que les migrants peuvent constituer une menace".

>> Ecouter l'interview de Babette Sigg Frank:

La PDC Babette Sigg, présidente de la section femme du PDC.
Keystone
La Matinale - Publié le 16 août 2018

Un "procès d'intention gratuit"

Interrogée dans La Matinale de la RTS, la conseillère nationale socialiste vaudoise Rebecca Ruiz qualifie les propos de Babette Sigg Frank de "procès d'intention gratuit", puisque la socialiste ne constate pas d'angélisme de la part de son parti quand il s'agit de dénoncer les inégalités, les discriminations et même les violences physiques subies par les femmes. Elle rappelle notamment les nombreuses interventions du PS au Parlement sur ces questions.

Mais les femmes socialistes n'auraient-elles pas des difficultés à pointer du doigt l'origine des auteurs de violences faites aux femmes quand ceux-ci viennent de la migration? "On est sans concession face à des agressions physiques. Il n'y a pas d'exceptions à rechercher, d'excuses à trouver face aux violences faites à ces femmes", se défend Rebecca Ruiz. "Depuis que les événements ont eu lieu, je n'ai entendu personne à gauche tenter d'excuser ou d'expliquer d'une manière culturelle les faits commis envers ces femmes."

Combattre le style macho-agressif

Si des différences de perception sur le rôle des femmes dans la société peuvent être observées et être le fait de groupes identifiés "clairement et de manière objectivée" en Suisse, il s'agira de "répondre par la non-concession", explique Rebecca Ruiz.

"On doit combattre le style macho-agressif qui s'exprime dans toutes les couches de la société. Si on identifie un style plus particulier ou plus agressif ou qui provoque des agressions dans un groupe identifié, il faut le nommer et il faut prendre des mesures".

Propos recueillis par Romaine Morard

Adaptation web: Eric Butticaz

Publié le 16 août 2018 - Modifié le 16 août 2018