Modifié le 15 août 2018 à 07:23

Ignazio Cassis maintient le cap et l'optimisme dans le dossier européen

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis.
Ignazio Cassis maintient le cap et l'optimisme dans le dossier européen Forum / 3 min. / le 10 août 2018
Violemment critiqué par les syndicats dans le dossier européen, le conseiller fédéral Ignazio Cassis prône la désescalade et s'est dit vendredi au micro de la RTS confiant pour la suite des pourparlers avec l'UE.

A l'origine du débat sur les mesures d'accompagnement juste avant l'été, Ignazio Cassis a été vivement critiqué par les syndicats mercredi à Berne. Ces derniers étaient venus annoncer leur décision de boycotter les discussions sur l'assouplissement des mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes en vue d'un accord avec l'Union européenne (UE).

>> Lire: Les syndicats suisses refusent le dialogue avec le Conseil fédéral sur l'UE

Actuellement en déplacement en Inde, le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), en charge des négociations avec Bruxelles, refuse d'entrer dans la polémique et affiche même un certain optimisme.

Ignazio Cassis affirme qu'il n'est pas question de revoir le calendrier fixé par le Conseil fédéral. "On va en discuter début septembre, après que les démarches de M. Schneider-Ammann - avec les cantons, les employeurs et en partie sans les syndicats - seront terminées", dit le conseiller fédéral dans une interview à la RTS.

"Laissons-nous le temps de voir à quels résultats on arrive dans les processus; laissons-nous le temps de voir si ceux qui sont bloqués vont se débloquer. On verra bien où ils arrivent, s'ils arrivent quelque part avec des solutions concrètes, avec des pistes, ou sans solutions."

Volonté de maintenir l'agenda du gouvernement

Le Conseil fédéral aura ensuite une discussion à l'interne, sur la base des résultats de ces entretiens, pour savoir s'il est possible de trouver une majorité en Suisse afin de faire passer l'accord institutionnel. "A ce moment-là seulement, on pourra dire quelque chose à l'Union européenne. Pour l'instant, on ne lui a rien dit", poursuit Ignazio Cassis.

Les discussions vont donc se poursuivre, même en l'absence de certains partenaires. "Le processus n'est pas bloqué", assure le ministre; "il se fait sans les syndicats."

Aujourd'hui, Ignazio Cassis semble surtout vouloir éviter de braquer encore davantage les représentants des travailleurs. Il n'exclut pas, du reste, qu'ils reviennent à la table des négociations - un espoir qui a peu de chances de se concrétiser, tant le désaccord est grand.

La patate chaude à son collègue de l'Economie

Le ministre des Affaires étrangères précise du reste que ce n'est pas à lui de faire un pas en direction des syndicats. "Je ne m'occupe pas de ça. C'est M. Schneider-Ammann qui le fait. C'est vraiment sa tâche, c'est lui le ministre de l'Economie", précise-t-il.

Pietro Bugnon/oang

Publié le 10 août 2018 à 18:32 - Modifié le 15 août 2018 à 07:23

Le PS soutient les syndicats mais pas "un blocage"

En soutenant le boycott des syndicats sur les mesures d’accompagnement, le Parti socialiste risque de faire capoter les négociations sur l’accord-cadre avec l’Union européenne, mettant ainsi en péril tout l’édifice des bilatérales. La stratégie, du reste, ne plaît pas à tous les socialistes - traditionnellement pro-européens.

Interviewé vendredi dans l'émission Forum, le président du groupe socialiste aux Chambres fédérales Roger Nordmann explique la position du PS en rappelant comment les syndicats en sont arrivés à claquer la porte.

"Ils avaient accepté d'aller discuter avec le Conseil fédéral (…) sur des adaptations techniques", rappelle le conseiller national vaudois. "En réalité, les sept propositions qui ont été faites affaiblissent toutes les mesures d'accompagnement. Donc les cartes étaient complètement truquées pour les syndicats, qui seraient ressortis du processus avec des mesures d'accompagnement fortement affaiblies.

Préserver à tout prix les mesures d'accompagnement

Roger Nordmann rappelle que, pour parvenir à un accord institutionnel avec l'Union européenne, il faut obtenir une majorité de la population "parce qu'il y aura un référendum - l'UDC l'a déjà annoncé. Donc il faut clairement avoir un soutien fort de la gauche et des syndicats, et cela nécessite de maintenir clairement les mesures d'accompagnement."

Le PS "ne soutient pas un blocage", précise le chef de file socialiste au Parlement. "Mais notre base a toujours été claire sur le fait qu'elle est d'accord de porter l'ouverture économique, de porter l'intégration européenne et le développement des bilatérales (…) à la condition que - chaque fois qu'il y avait un risque de dégradation des salaires - on renforçait les mesures d'accompagnement. Et là, tout d'un coup, il serait question de les affaiblir substantiellement."

La balle est maintenant dans le camp du Conseil fédéral, estime Roger Nordmann. "Il doit reprendre le dossier et constater qu'il n'arrive pas à affaiblir les mesures d'accompagnement parce que, si on le faisait, l'accord serait rejeté. Cela doit être la base de la négociation avec Bruxelles."

>> Ecouter l'interview de Roger Nordmann dans Forum: