Modifié le 09 août 2018 à 21:25

Le "clash" entre syndicats et Conseil fédéral divise la Berne fédérale

Mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes: Tourmente politique après le refus des syndicats de discuter
Mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes: Tourmente politique après le refus des syndicats de discuter 19h30 / 2 min. / le 09 août 2018
Pour le PLR, les syndicats se tirent une "balle dans le pied" en boycottant la consultation sur les mesures d'accompagnement avec l'UE. Faux, rétorque la gauche, pour qui les syndicats "pallient la mollesse" du Conseil fédéral.

L'annonce a suscité la surprise générale mercredi à Berne. L'Union syndicale suisse (USS) boycottera la consultation sur les mesures d'accompagnement avec l'Union européenne (UE) menée par le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann auprès des cantons et des partenaires sociaux.

L'assouplissement de ces mesures à la libre circulation des personnes, exigée par l’Union européenne pour négocier un accord-cadre avec la Suisse, mettrait en danger la protection des salaires en Suisse, dénoncent les syndicats.

>> Lire: Les syndicats suisses refusent le dialogue avec le Conseil fédéral sur l'UE

Gauche et droite s'écharpent

Cette réaction syndicale est irresponsable, clame jeudi le PLR. "Les syndicats se trompent parce qu’il n’est pas question de remettre en cause la protection des salaires des travailleurs", soutient Christian Lüscher dans le 19h30 de la RTS.

Selon le conseiller national libéral-radical, les syndicats "se tirent une balle dans le pied en mettant en péril les bilatérales". Conséquence? Ils "portent préjudice à l'emploi en Suisse", ajoute le Genevois.

A l'opposé, la gauche estime que la ligne rouge ne doit pas être franchie. Pour Ada Marra, ce sont les syndicats qui "posent ainsi les termes de la négociation avec l'UE".

De fait, ils "pallient la faiblesse et la mollesse" du Conseil fédéral, "notamment d'Ignazio Cassis", ajoute la conseillère nationale socialiste.

Fermeté de Bruxelles

Le dossier rassemble des intérêts multiples et divergents. Exemple avec Jean-François Rime: si le Fribourgeois est plutôt content de l'annonce des syndicats, de par sa casquette de politicien UDC, il regrette aussi ce blocage en sa qualité de patron de PME.

"On doit avoir des relations avec l'UE, mais vouloir absolument régler ces dossiers dans des délais courts en faisant des concessions n'est pas la bonne solution", indique-t-il au micro du 19h30.

Pour sa part, Bruxelles a réitéré jeudi sa fermeté dans les négociations. "Ceux qui veulent faire des affaires sur notre marché intérieur doivent respecter les règles", a déclaré la porte-parole de la Commission européenne Mina Andreeva.

>> "Faut-il débrancher l'accord institutionnel entre la Suisse et l'Union européenne?" Ecouter le débat de Forum:

Les nuages s'amoncellent sur l'accord institutionnel entre Berne et Bruxelles.
Gaëtan Bally - Keystone
Forum - Publié le 09 août 2018

Sujet TV: Valérie Gillioz

Adaptation web: rens

Publié le 09 août 2018 à 20:34 - Modifié le 09 août 2018 à 21:25