Modifié le 04 août 2018 à 20:26

Le désarroi des agriculteurs suisses face aux dégâts de la sécheresse

Pommes de terre et maïs souffrent de la canicule, le bilan financier sera lourd et la pénurie menace
Pommes de terre et maïs souffrent de la canicule, le bilan financier sera lourd et la pénurie menace 19h30 / 2 min. / le 04 août 2018
Les agriculteurs suisses souffrent de la sécheresse qui sévit actuellement dans le pays. Les pertes pour certaines cultures s’annoncent sévères. Des demandes d'aide seront adressées à Berne.

Interrogé par le 19h30, Jean-Baptiste Bapst, agriculteur à Grolley (FR), ne cache pas un certain désarroi. En un mois, à peine quelques gouttes de pluie sont tombées et il fait plus de 30 degrés en moyenne. Ses pommes de terre ont fini par céder à la canicule.

«La pomme de terre est une plante qui ne supporte pas du tout la chaleur, donc là elle souffre. On voit qu’elles sont belles, de bonne qualité, mais pas assez grandes. On risque d’avoir une récolte entre 50-60% d’une récolte normale. »

Après les pommes de terre, le maïs

Et le soleil a ouvert un nouveau front depuis quelques jours. C’est au tour du maïs de flancher. «Si on continue avec ce temps, il va mûrir aussi prématurément. Il risque d’être à maturité dans un mois pour faire de l’ensilage, mais avec une quantité de grain insuffisante», note Jean-Baptiste Bapst.

Le bilan financier s’annonce donc lourd pour les agriculteurs suisses, d’autant que le fourrage fera défaut cette année et qu’il faudra compenser la pénurie annoncée par des achats.

L'agriculture suisse doit se repenser

Pour Frédéric Menetrey, directeur de la Chambre d’agriculture fribourgeoise, l’agriculture suisse n’est pas prête à faire face à des épisodes caniculaires à répétition. Elle va devoir se repenser dans les prochaines années.

«Il faut adapter les semis, les labours, les mises en place des cultures, les moments des récoltes. L’autre point primordial, pour plusieurs régions de la Suisse, c’est d’améliorer les possibilités d’irrigation. C’est quelque chose qui devient stratégique, si on veut une sécurité alimentaire dans ce pays qui soit durable», explique Frédéric Menetrey.

Melchior Oberson/nr

Publié le 04 août 2018 à 18:36 - Modifié le 04 août 2018 à 20:26

Demande de soutien à Berne

L'Union suisse des paysans (USP) va demander à l'Office fédéral de l'agriculture que des mesures d'urgence soient prises. Dans l'émission Forum et dans le 19h30, son président, le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR), a confirmé qu'un catalogue de mesures serait déposé mardi prochain à Berne. Il l'avait annoncé plus tôt dans le journal Le Temps.

L'USP demande notamment que les droits de douane sur le fourrage, actuellement de 3 francs par 100 kilos, soient ramenés à zéro. Jacques Bourgeois propose aussi de reporter le remboursement des crédits d'investissement. Il espère également que les consommateurs se montreront solidaires des paysans en payant un peu plus cher le prix du lait, dont la production sera touchée par la diminution du fourrage.

Le Fribourgeois se déclare aussi favorable, à l'instar par exemple de ce qui se fait en Autriche, au développement d'assurances contre les risques naturelles pour les paysans, avec un soutien de l'Etat pour payer les primes.