Modifié le 25 juillet 2018 à 11:13

La vaccination contre l'encéphalite à tique pourrait être généralisée

Des tiques dans un laboratoire d'analyse en France.
Le vaccin contre l'encéphalite à tiques pourrait être généralisé La Matinale / 1 min. / le 25 juillet 2018
Le nombre de contaminations par une morsure de tique a doublé en Suisse par rapport à la même période en 2017. Une commission extraparlementaire réfléchit à généraliser la vaccination.

Cette année, 230 personnes ont été touchées en Suisse par l'encéphalite à tique: une maladie contre laquelle on ne connaît pas de traitement spécifique.

En revanche, un vaccin existe contre cette encéphalite, mais la Confédération ne le recommande pour l'instant que dans les régions à risque. En Suisse romande, cela concerne le Gros-de-Vaud et le pied du Jura, le sud de la région des Trois-Lacs et une partie du Jura bernois.

>> Les zones à risque répertoriées par l'Office fédéral de la santé publique:

Pourtant, le fait de cibler des régions n'est plus efficace, estime Christoph Berger, président de la Commission fédérale pour les vaccinations. "Ces zones vont bientôt fusionner, cela n'a plus de sens. Cela serait plus simple de faire une recommandation générale. Nous avons créé un groupe de travail qui réfléchit à généraliser cette recommandation de vaccination à toute la Suisse, sans le Tessin", expliquait-il à SRF. A noter que le Tessin n'est pas pris en compte, car on n'y trouve pas de tiques.

Un vaccin remboursé dans les zones à risque

Ce vaccin coûte entre 200 et 300 francs, mais il est en principe remboursé dans les zones à risque. Généraliser cette recommandation entraînerait donc une hausse des coûts pour les assureurs.

Mais pour Philippe Nantermod (PLR/VS), il faut le voir comme un investissement. "C'est un montant qui n'est pas anodin si on le multiplie par la population. Mais il faut avoir en tête qu'à chaque fois qu'on vaccine la population contre une maladie, on évite aussi les conséquences de cette maladie. On évite aussi qu'elle se répande. L'enjeu en vaut la chandelle", estime-t-il.

Le conseiller national Pierre-Alain Fridez (PS/JU), également médecin, n'en est pas convaincu: "Il y a des gens dans notre pays qui ne vont pas ou peu en forêt, donc il faut vraiment les cibler... Moi je suis pour faire plutôt du sur-mesure que du prêt-à-porter, notamment dans le domaine des vaccinations".

Ce sera au Conseil fédéral de trancher.

>> Lire: Les conseils pour faire face aux tiques et aux maladies qu'elles véhiculent

Muriel Ballaman/jvia

Publié le 25 juillet 2018 à 10:58 - Modifié le 25 juillet 2018 à 11:13

"La Suisse est mitée par les régions à risque"

Pour Renaud Du Pasquier, chef du service de neurologie du CHUV à Lausanne, généraliser la vaccination contre l'encéphalite à tique est une bonne chose, "dans la mesure où il n'existe pas de traitement". "C'est une maladie grave, maintenant endémique en Suisse: son incidence augmente beaucoup. S'il existe un vaccin pour diminuer la fréquence de cette maladie, alors oui", ajoute-t-il.

"La Suisse est mitée par ces régions à risque. Si les gens qui n'y habitent pas restaient toujours chez eux, qu'ils ne partaient pas de leur jardin, le vaccin ne serait pas nécessaire. Mais les Suisse voyagent, y compris à l'intérieur de leur pays", souligne Renaud Du Pasquier.

A ses yeux, la vaccination est "une sécurité supplémentaire". Il met toutefois en garde: le vaccin n'empêche pas de contracter la maladie de Lyme (ou borréliose), contre laquelle "il n'existe pas de vaccin, mais un traitement antibiotique". Ainsi, "il faut garder des habits clairs, un chapeau, s'inspecter après la balade pour vérifier que l'on n'a pas de tique accrochée".

Son interview complète dans La Matinale: