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L'accord de libre-échange UE-Japon fait naître des craintes en Suisse

La Suisse et le Japon avaient signé un accord de libre-échange à Tokyo en février 2009. [Shizuo Kambayashi - AP/Keystone]
L'accord de libre-échange UE-Japon fait naître des craintes en Suisse / Forum / 3 min. / le 18 juillet 2018
L'intergroupe parlementaire Suisse-Japon s’alarme des conséquences, pour les entreprises helvétiques, de l'accord de libre-échange entre Bruxelles et Tokyo. La solution pourrait être une renégociation du traité helvético-nippon.

Les concurrents européens des entreprises industrielles et agricoles helvétiques exportant vers le Japon devraient bénéficier de tarifs douaniers plus bas dès l’an prochain. C'est ce qui fait réagir ce groupe de politiciens des deux pays.

>> Lire: L'UE et le Japon signent un accord "historique" de libre-échange

Mais la Suisse a été pionnière en la matière, puisqu'elle est le premier pays européen avec qui les Japonais ont signé un traité pour faciliter les échanges commerciaux, en 2009 déjà. Les Européens ont donc en quelque sorte rattrapé leur retard aujourd’hui.

Un accord helvético-nippon utilisé "activement"

Dans une prise de position, le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) affirme du reste que l'accord helvético-nippon est "activement utilisé par les entreprises" suisses et japonaises.

L’an dernier, les firmes helvétiques ont ainsi exporté pour plus de 7 milliards de francs de biens - médicaments, montres, machines, bijoux ou métaux précieux, notamment - vers le Japon. Elles ont bénéficié pendant près de dix ans d’un sérieux avantage concurrentiel sur les Européens.

Suisses et Européens presque sur pied d'égalité

Mais le Seco reconnaît dans sa prise de position que Suisses et Européens sont désormais sur pied d’égalité pour 95% des produits échangés. C’est le cas notamment pour toute la production industrielle. Pour les 5% restants, ce sont les entreprises de l’Union européenne qui disposent désormais d’une longueur d’avance. Mais il s'agit de domaines qui ne constituent pas l’essentiel des exportations suisses vers le Japon comme la viande de porc et de bœuf, le ketchup, les chaussures de ski ou encore les pantoufles.

Les entreprises de l'UE auront aussi un meilleur accès aux marchés publics japonais comme la construction d’hôpitaux ou d’écoles, concession qui n'avait pas été accordée à la Suisse en 2009. C'est l'analyse faite par l’organisme para-étatique Switzerland Global Enterprise, qui promeut les exportations suisses.

L'alarmisme affiché par l'intergroupe parlementaire Suisse-Japon est un peu excessif mais la Suisse peut réagir par une mise à jour de l'accord de libre-échange avec Tokyo.

Mettre à jour l'accord entre la Suisse et le Japon

Le Secrétariat d'Etat à l'économie rappelle du reste que la Confédération a manifesté à de nombreuses reprises son intérêt pour une modernisation de ce traité. Cela a été le cas ce printemps à l'occasion des visites successives d'Alain Berset et d'Ueli Maurer au Japon. Mais ces demandes sont restées jusqu'ici lettre morte.

Le Seco assure cependant que "la Suisse continuera à promouvoir activement le développement" de cet l'accord.

Pietro Bugnon/oang

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