Modifié le 04 juillet 2018

"Les lignes rouges de la politique européenne n'ont pas bougé d'un iota"

L'invité de Romain Clivaz (vidéo) – Christian Lüscher, vice-président du PLR
L'invité de Romain Clivaz (vidéo) – Christian Lüscher, vice-président du PLR L'invité de la rédaction / 10 min. / le 04 juillet 2018
Le Conseil fédéral pourrait communiquer mercredi sur de nouvelles lignes rouges de politique européenne. Celles-ci "n'ont pas bougé d'un centimètre", estime le vice-président du Parti libéral-radical Christian Lüscher.

"Les bilatérales sont un pilier essentiel de la politique étrangère (...), puisqu'il y a des mandats de négociation qui ont été donnés au Conseil fédéral dans ce sens. Et à ma connaissance, ils n'ont pas changé d'un iota", a réagi le Genevois Christian Lüscher, vice-président du PLR et invité mercredi de La Matinale de la RTS. 

Pourtant, la polémique est vive depuis que le conseiller fédéral Ignazio Cassis a évoqué l'assouplissement éventuel des mesures d'accompagnement, pour avancer dans les négociations sur un accord institutionnel avec Bruxelles. Le Conseil fédéral, divisé, pourrait attendre l'automne pour trancher.

Quant à l'alliance pro-bilatérale du PLR avec le Parti socialiste et les syndicats, qui ne veulent pas d'assouplissement, elle semble menacée. Christian Lüscher, lui, critique le manque de cohérence du Parti socialiste sur le dossier. "Il y a quelque chose de schizophrénique dans la position du PS. Voici des gens qui disent très fortement 'On ne va pas se laisser faire par l'Europe, on ne peut pas reprendre le droit européen tel quel sur la libre circulation'... Et parallèlement, ils veulent adhérer à l'Union européenne."

"Ce qui c'est sacré, c'est la protection des salaires"

"La politique extérieure du pays a pour but d'assurer la prospérité de la Suisse, et non pas de nous jeter aveuglément dans les bras de l'UE ou de toute autre entité extérieure comme semble le dire l'UDC (...). Au PLR, nous sommes très ouverts sur l'extérieur, tout en gardant notre souveraineté. Il y a ces fameuses lignes rouges et elles n'ont pas bougé d'un centimètre avec les explications d'Ignazio Cassis", assure-t-il.

Faut-il assouplir les mesures d'accompagnement? Christian Lüscher rejoint l'idée des "solutions créatives" avancée par le ministre des Affaires étrangères. "La règle des 8 jours n'est pas une règle sacrée. Ce qui est sacré, c'est la protection des salaires des travailleurs, qui doit être contrôlée par des institutions, selon le droit suisse. Maintenant, que cela prenne 4 ou 8 jours, cela n'a strictement aucune espèce d'importance", précise le Genevois.

Mi-juin, Ignazio Cassis avait suscité le débat en laissant entendre à la radio alémanique SRF que la renégociation des mesures d'accompagnement à la libre circulation avec l'Union européenne n'était plus forcément exclue. Il avait précisé ses propos une semaine plus tard, affirmant que "les mesures d'accompagnement sont intouchables dans leur effet de protection des salaires."

>> Lire: "Les mesures d'accompagnement sont intouchables dans leur effet"

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Jessica Vial

Publié le 04 juillet 2018 - Modifié le 04 juillet 2018

Ignazio Cassis "ne tire pas trop vite, il réfléchit"

Ignazio Cassis "ne tire pas trop vite. Il réfléchit", martèle Christian Lüscher, au sujet des assouplissements en matière de libre circulation évoqués par le ministre des Affaires étrangères.

"Il n'a pas modifié la position des lignes, il réfléchit à la question de savoir comment on se profile à l'intérieur de ces lignes. Ce qu'Ignazio Cassis a dit, c'est que les mécanismes pour arriver à la protection des salaires peuvent être révisés à l'intérieur de notre législation suisse", souligne le vice-président du PLR.

Sur cette affaire, mais aussi sur les déclarations du ministre des Affaires étrangères sur l'aide apportée aux réfugiés palestiniens, Christian Lüscher estime qu'"il n'y a aucun problème de communication du côté de Monsieur Cassis. En fait, il y a de la communication!". Selon lui, il y en a même davantage que sous l'égide de Didier Burkhalter, qui menait une politique "un peu plus à fleuret moucheté".