Hassan Rohani en Suisse.

Le suivi de la visite officielle

Publié le 03 juillet 2018 à 08:00 - Modifié le 03 juillet 2018 à 20:26

La Suisse réaffirme son soutien à l'accord sur le nucléaire iranien

Le président iranien Hassan Rohani a effectué lundi et mardi une visite officielle de deux jours en Suisse. Berne et Téhéran ont réaffirmé leurs bonnes relations bilatérales, alors que les Etats-Unis ont décidé de réintroduire les sanctions contre l'Iran.

Le président de la République islamique d'Iran, qui a atterri lundi à Zurich avec sa délégation, a été accueilli avec les honneurs militaires par le président de la Confédération Alain Berset.

Les deux présidents se sont entretenus en tête-à-tête à Berne dans la soirée. Parallèlement, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a pu discuter avec son homologue suisse Ignazio Cassis.

Plusieurs déclarations d'intention et conventions ont été signées mardi, peu avant une conférence de presse conjointe des deux présidents. Hassan Rohani et Alain Berset ont notamment réaffirmé leur soutien à l'accord sur le programme nucléaire iranien.

Suivi assuré par Feriel Mestiri

  • Le résumé de la visite

    Retour en 100 secondes sur la visite de Hassan Rohani en Suisse

  • Accord sur le nucléaire iranien

    Alain Berset réaffirme son soutien au texte

    Durant une conférence de presse conjointe des présidents iranien et suisse à Berne, Alain Berset a réaffirmé son soutien à l'accord nucléaire, négocié en Suisse et signé à Vienne en 2015.

    >> L'intervention d'Alain Berset:

    L'intervenrtion d'Alain Berset après sa rencontre avec Hassan Rohani
    L'actu en vidéo - Publié le 03 juillet 2018

    "La Suisse respecte et met en oeuvre l'accord de son côté", a-t-il confirmé, ajoutant que la situation actuelle après l'annonce du retrait américain est une "situation dans laquelle on ressent une certaine insécurité, une certaine instabilité."

    Les deux chefs d'Etat ont ainsi convenu d'approfondir le dialogue sur le plan financier, économique, mais également sur la recherche et la science.

    Le président de la Confédération a aussi affirmé avoir pu discuter de manière "ouverte et franche" des points de désaccords entre les deux pays, concernant notamment des questions liées aux droits de l’homme.

    >> Le compte-rendu de la rencontre dans Forum

    Hassan Rohani et Alain Berset à Berne, 03.07.2018.
    Peter Klaunzer - Keystone
    Forum - Publié le 03 juillet 2018

  • L'Iran confirme ses engagements

    Téhéran va respecter l'accord nucléaire, "tant que nos intérêts sont respectés"

    Après que le président de la Confédération a affiché son soutien à l'accord sur le nucléaire iranien, le président de la République islamique d'Iran a lui aussi confirmé que le pays resterait engagé à l'accord, "tant que nos intérêts sont respectés, et tant que nous avons le sentiment de pouvoir profiter des avantages accordés à l'Iran dans le cadre de cet accord".

    Hassan Rohani a aussi insisté sur la nécessité du respect de la part de tous les pays à l'égard des accords internationaux "décidés et confirmés par des résolutions onusiennes du conseil de sécurité".

  • Relations Suisse-Iran

    L'analyse de Malika Nedir

    Relations Suisse - Iran: l'analyse de Malika Nedir
    19h30 - Publié le 03 juillet 2018

  • L'embargo sur le pétrole iranien

    Une "pure imagination", selon Hassan Rohani

    Le président iranien Hassan Rohani a affirmé que les Etats-Unis ne pourront jamais empêcher l'Iran d'exporter son pétrole, en qualifiant l'annonce du département d'Etat américain de "pure imagination".

    Les Etats-Unis restent déterminés à réduire "à zéro" les exportations de pétrole iranien dans le cadre des sanctions économiques contre la République islamique, malgré la réticence de certains pays consommateurs, a annoncé lundi le directeur politique du département d'Etat américain, Brian Hook.

    "Infondé et injuste"

    "Ce sont en fait des propos exagérés qui ne pourront jamais se réaliser", a répondu le président iranien, interrogé sur ce sujet.

    Un tel scénario signifierait de la part des Etats-Unis d'imposer une politique impérialiste en violation flagrante des lois et règlements internationaux

    Hassan Rohani

    "Il s'agit vraiment de pure imagination, infondée, injuste, qu'un jour, tous les producteurs de pétrole soient autorisés à exporter leur pétrole, sauf l'Iran", a-t-il conclu.

  • La question des droits de l'homme

    Hassan Rohani en profite pour envoyer une pique aux Etats-Unis

    Le président de la Confédération a affirmé avoir eu un dialogue "franc et ouvert" avec l'Iran sur la question des droits de l'homme.

    Le président iranien a de son côté souligné que l'Iran accueillait 3 millions de réfugiés, qui "profitent de formation gratuite et de subsides sans discrimination".

    Il a ensuite profité de cette occasion pour lancer une pique aux Etats-Unis: "Nous [avec Alain Berset, ndlr] avons condamné ensemble l'attitude d'un certain nombre de gouvernements, qui séparent les enfants de leurs parents dans la question de l'immigration, et qui installent une discrimination religieuse, confessionnelle quand il s'agit de la délivrance des visas et de l'immigration", a-t-il dit, en faisant référence au scandale des enfants d'immigrés illégaux séparés de leurs parents aux Etats-Unis.

    >> A voir en images:

    Hassan Rohani sur les droits de l'homme
    L'actu en vidéo - Publié le 03 juillet 2018

    Et le président iranien d'ajouter que pour lui, les "sanctions aveugles imposées contre une grande nation est en soit la plus grande des violations des droits de l’homme que nous pouvons imaginer".

  • Accords et déclarations d'intention

    Trois documents signés

    Un accord et deux déclarations d'intention ont été signés avant une conférence de presse conjointe de Hassan Rohani et Alain Berset.

  • Deuxième jour de la visite

    Soutien recherché par l'Iran

    Au menu des discussions figurent l'avenir de l'accord sur le programme nucléaire iranien ou encore le développement des relations bilatérales entre les deux pays.

    Le président iranien Hassan Rohani, ici à Berne le 2 juillet 2018.
    Peter Klaunzer - Keystone
    La Matinale - Publié le 03 juillet 2018

  • Le programme du reste de la visite

    Entretien en tête à tête et Forum économique

    En soirée, le président iranien Hassan Rohani s'est entretenu en tête à tête avec Alain Berset.

    Parallèlement, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif devait discuter avec son homologue suisse Ignazio Cassis.

    Mardi, la matinée sera consacrée à un Forum sur l'innovation et l'industrie dans les domaines des comestibles et de la santé, ainsi qu'aux entretiens officiels entre les délégations menées respectivement par H.Rohani et A.Berset.

    La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann participeront aux entretiens.

    >> Hassan Rohani et Alain Berset face aux photographes:

    Séance photo pour Hassan Rohani et Alain Berset
    L'actu en vidéo - Publié le 03 juillet 2018
     

  • Retour sur la journée de lundi

    Le bras de fer avec Washington se poursuit en Suisse

    Le président iranien est arrivé lundi en Suisse, où il va tenter de faire survivre l'accord sur le nucléaire qui s'était noué sur les bords du Léman. Le point dans le 19h30:

    Le président iranien Rohani est arrivé en Suisse pour une visite officielle de deux jours
    19h30 - Publié le 02 juillet 2018

    Qu'attend Hassan Rohani des autorités helvétiques? Le président va demander à la Suisse de continuer d'investir en Iran et de soutenir l'accord sur le nucléaire, résume dans le 19h30 Rouven Gueissaz, correspondant à Berne:

    Hassan Rohani en Suisse : le commentaire de Rouven Gueissaz
    19h30 - Publié le 02 juillet 2018

  • Régime en place en Iran

    L'avertissement de Washington

    Les Etats-Unis observent de près la visite du président iranien en Suisse puis en Autriche. Brian Hook, conseiller politique au Département d'Etat américain, s'est exprimé lundi sur le retour des sanctions américaines. Il n'a pas émis de critiques directes sur la visite d'Hassan Rohani en Suisse mais il a souligné la nécessité - pour les alliés européens - de "se souvenir à quel type de régime ils ont affaire."

    Washington dit par ailleurs sa volonté de "réduire à zéro" les revenus de l'Iran dans le secteur du pétrole. La visite du président iranien en Suisse s'inscrit précisément dans ce bras de fer entre les Etats-Unis - qui mettent la pression maximale sur leurs partenaires - et l'Iran, qui cherche le dialogue et un soutien en Europe.

    >> Ecouter le sujet du correspondant de RTSinfo à Washington Raphaël Grand dans Forum:

    Le conseiller politique américain Brian Hook.
    Mark Wilson - Getty Images/AFP
    Forum - Publié le 02 juillet 2018

  • Droits de l'homme

    Les espoirs d'Amnesty Suisse

    La visite du président iranien en Suisse est placée sous le signe du nucléaire, de l'économie, mais pas forcément des droits de l'homme - pourtant loin d'être acquis en Iran. Dans son rapport annuel, Amnesty International dresse le portrait d'un pays qui pratique la peine de mort ou la torture, et où la liberté d'expression est limitée. L'organisation espère donc que la question sera évoquée à Berne.

    >> Ecouter l'interview de la porte-parole d'Amnesty Suisse Nadia Boehlen dans Forum:

    Nadia Boehlen, porte-parole d'Amnesty International Suisse.
    RTS
    Forum - Publié le 02 juillet 2018

  • Le président iranien a atterri à Zurich

    Il est reçu par les honneurs miliaires

    Le président de la République islamique Hassan Rohani a posé les pieds sur le tarmac de l'aéroport de Zurich vers 16h15. Il a été accueilli avec les honneurs militaires par le président de la Confédération Alain Berset.

    >> L'arrivée en images:

    Hassan Rohani accueilli avec les honneurs militaires à Zurich
    L'actu en vidéo - Publié le 02 juillet 2018

    Les deux chefs d'Etat et leurs délégations se rendront ensuite à Berne. Hassan Rohani s'entretiendra en tête-à-tête avec Alain Berset. Parallèlement, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif discutera avec son homologue suisse Ignazio Cassis.

  • Plus qu'une visite symbolique?

    L'espoir de sauver l'accord et les relations commerciales

    Le choix de la Suisse puis de l'Autriche pour la visite de Hassan Rohani en Europe n'est pas dû au hasard. L'Autriche, où a eu lieu la signature de l'accord nucléaire en 2015, a pris dimanche pour six mois la présidence tournante de l'Union européenne (UE), et la Suisse représente les intérêts des Etats-Unis en Iran, en l'absence de relations diplomatiques entre ces deux pays.

    Pour de nombreux observateurs, la visite ne restera que symbolique, avec des discussions qui ne permettront vraisemblablement pas d'ouvrir beaucoup de portes dans le dossier nucléaire.

    Mais pour l'ex-cheffe des Affaires étrangères Micheline-Calmy Rey, la venue du président iranien va bien au-delà d'une visite symbolique: "Il y a matière à voir comment préserver à la fois l'accord sur le nucléaire, tout en essayant d'éviter que les sanctions américaines ne touchent les entreprises suisses", a-t-elle affirmé dimanche soir au 19h30 de la RTS.

    >> Le sujet du 19h30, à revoir:

    Visite du Président iranien Hassan Rohani. La Suisse médiatrice dans les relations américano-iraniennes
    19h30 - Publié le 01 juillet 2018

  • Les relations bilatérales Suisse - Iran

    Alain Berset twitte un rappel en chiffres

    Les relations bilatérales Suisse - Iran en chiffres.
    Les relations bilatérales Suisse - Iran en chiffres. [DFAE]

  • Départ de Téhéran

    En images

    Hassan Rohani a quitté Téhéran lundi pour sa visite en Suisse et en Autriche. Un voyage présenté en Iran comme étant "capital" pour l'avenir de l'accord sur le nucléaire.

    >> A voir en images:

    Départ du président iranien pour la Suisse
    L'actu en vidéo - Publié le 02 juillet 2018

    Ce voyage sera "l'occasion de parler de l'avenir de l'accord", a déclaré le président iranien lors d'un point de presse à l'aéroport Mehrabad de Téhéran avant de monter dans l'avion.

    "Dans le contexte actuel du retrait des Etats-Unis [...] et des négociations intenses entre l'Iran et l'Europe pour trouver les moyens de préserver cet accord", ce voyage "est d'une importance capitale en ce qu'il pourra fournir un tableau plus précis de la coopération entre l'Iran et l'Europe", a indiqué le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Bahram Ghassemi.

  • Entreprises suisses dans l'expectative

    Beaucoup quittent l'Iran

    L'inquiétude est grande pour les entreprises suisses qui exportent vers l'Iran. Après l'euphorie commerciale qui a fait suite à la signature de l'accord sur le nucléaire en 2015, le soufflé est largement retrombé. Un nombre croissant d'entreprises vont probablement effectuer leurs dernières livraisons, mais ne s'engageront pas pour de nouvelles commandes.

    >> Lire: Des entreprises suisses coupent les ponts avec l'Iran après la volte-face américaine

    Pas de visite en entreprise

    Les entreprises suisses ne se pressent pas pour rencontrer le président iranien en visite officielle en Suisse.

    Habituellement, la Suisse est plutôt fière de montrer son savoir-faire à ses hôtes. Mais lundi et mardi, aucune visite n'est prévue dans une école polytechnique, une université ou une entreprise suisse, tout juste une table ronde organisée par les chambres de commerce Suisse - Iran.

    "Les entrepreneurs ne veulent pas rencontrer le président (iranien) pour ne pas s'exposer et éviter les foudres des Etats-Unis", explique l'entrepreneur et conseiller national (PDC/VD) Claude Béglé.

    >> Lire : Les entreprises suisses ne se pressent pas pour rencontrer le président iranien

    Le président iranien Hassan Rohani est en visite officielle en Suisse les 2 et 3 juillet 2018.
    Justin Lane - EPA/Keystone
    La Matinale - Publié le 02 juillet 2018

  • Apaiser les tensions en Iran

    Reprise économique nécessaire

    Depuis l'annonce, le 8 mai, du retrait américain de l'accord sur le nucléaire, l'Iran effectue un véritable marathon diplomatique pour tenter sauver le texte et trouver des alliés auprès des autres pays occidentaux.

    >> Lire: Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l'accord nucléaire iranien

    C'est que l'Iran a un besoin urgent de reprise économique. "Le pays veut améliorer massivement ses infrastructures, réduire sa dépendance aux exportations pétrolières, mais aussi diversifier et moderniser son industrie", explique Philippe Welti, ancien ambassadeur suisse à Téhéran (2004-2008) et fondateur de la Chambre économique Suisse-Iran.

    Le secteur automobile iranien est emblématique, selon le diplomate: "Tout le monde en Iran a une voiture, mais elles ne sont pas du tout à jour en termes de technologie moderne." D'où un besoin énorme d'importer des composantes de haute technologie pour mettre à jour et relancer cette industrie et, par conséquent, créer des emplois et apaiser certaines tensions intérieures.

  • Sanctions américaines "les plus dures de l'histoire"

    Les entreprises étrangères en Iran sous le coup de la menace

    En mai, les Etats-Unis ont averti que les compagnies étrangères qui feraient des affaires avec la République islamique verraient les sanctions s'appliquer "immédiatement" pour les nouveaux contrats.

    Les entreprises, notamment étrangères, déjà engagées en Iran auront entre trois et six mois pour en "sortir" avant d'être frappées à leur tour par les mesures punitives leur barrant l'accès aux marchés américains.

    Relire: Washington va imposer "les sanctions les plus dures de l'Histoire" à l'Iran