Modifié le 25 mai 2018

"La révision de la loi sur les armes est une atteinte aux libertés des Suisses"

L'invitée de Romain Clivaz (vidéo) - Jean-Luc Addor, CN UDC VS et Président ad intérim de Pro Tell
L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - Jean-Luc Addor, CN UDC VS et Président ad intérim de Pro Tell La Matinale / 9 min. / le 25 mai 2018
Jean-Luc Addor, à la tête de l'association Pro Tell qui défend un droit libéral sur les armes, s'oppose fermement à la révision de la loi sur les armes. Celle-ci sera débattue la semaine prochaine au Parlement fédéral.

Afin de répondre à la directive européenne sur les armes à feu, le Parlement fédéral débattra d'une révision de la loi suisse sur les armes, lors de la session d'été qui s'ouvre lundi prochain à Berne.

"Ce durcissement a été décidé après des attentats qui ont tous été commis, sauf erreur de ma part, par des détenteurs d'armes illégales. C'est un prétexte", déplore le conseiller national UDC Jean-Luc Addor.

Le Valaisan, également président ad interim de Pro Tell, dénonce une attaque contre les "honnêtes citoyens". "On prétend combattre le terrorisme. Or, la seule cible que l'on atteint avec ce durcissement, c'est nous, les citoyens responsables, que l'on considérera injustement comme des terroristes en puissance."

"La Suisse ne sera pas exclue de Schengen"

En tant que membre de l'espace Schengen, la Suisse se doit d'appliquer la directive européenne qui devrait entrer en vigueur d'ici fin 2019. La Suisse ne risque-t-elle pas d'être exclue de cet accord si elle refuse de réviser sa loi sur les armes?

"C'est un risque que nous considérons comme théorique", réponde Jean-Luc Addor. "Les grandes organisations économiques comme Economiesuisse ou Swissmem essaient de nous faire croire que l'on va forcément devoir sortir de Schengen (...) Mais personne ne va mourir, rien ne va s'effondrer... Il n'y aura pas d'abrogation automatique de l'accord. Cela va simplement obliger l'Union européenne et la Suisse à se mettre à table pour trouver une solution."

Et la Suisse a des atouts à faire valoir pour une éventuelle renégociation, ajoute-t-il: "Il y a notamment la possible acquisition d'un nouvel avion de combat. Parmi les pays qui sont sur les rangs (pour fournir ces appareils), il y a des membres de l'Union européenne, c'est un exemple des atouts dont nous disposons. Il faut juste avoir le courage de les jouer."

Propos recueillis par Romain Clivaz

Publié le 25 mai 2018 - Modifié le 25 mai 2018