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Qui se partage le gâteau à deux milliards des jeux d'argent en Suisse?

Les Suisses dépensent près de 2 milliards de francs par an dans les jeux d'argent
Les Suisses dépensent près de 2 milliards de francs par an dans les jeux d'argent / 19h30 / 1 min. / le 17 mai 2018
Les Suisses dépensent chaque année près de 2 milliards de francs dans les jeux d'argent. Qui se taille la part du lion? Présentation des grands acteurs du secteur, qui espèrent investir le web.

Au coeur de la campagne, les acteurs officiels des jeux d'argent en Suisse soutiennent la nouvelle loi, soumise aux Suisses le 10 juin, qui doit redéfinir les contours des jeux en ligne.

D'un côté, il y a les loteries, avec la Loterie Romande et Swisslos. Elles ont empoché respectivement 398 et 599 millions de francs en 2016.

De l'autre, il y a les casinos. Les 21 établissements installés dans le pays ont encaissé 689,7 millions de francs. Avec les dépenses sur internet, estimées entre 150 et 250 millions (lire ci-dessous), le marché suisse des jeux d'argent se situe entre 1,8 et 1,9 milliard de francs.

Quatre grands groupes, dont trois étrangers

Si les loteries sont bien connues, les casinos le sont moins. A qui appartiennent-ils? Quatre groupes -deux français, un autrichien et un suisse- dominent les maisons de jeux du pays. Leurs onze casinos ont ramassé 56% du produit brut des jeux, c'est-à-dire les mises moins les gains joueurs.

La plus grande maison de jeu, celle de Montreux, est détenue par Lucien Barrière. Le groupe français, qui compte 34 casinos, possède aussi les établissements de Granges-Paccot (FR) et de Courrendlin (JU). Egalement français, le groupe Partouche détient ceux de Meyrin (GE) et Crans-Montana (VS), à côté de sa quarantaine de sites dans l'Hexagone.

Filiale du géant autrichien des jeux Novomatic, la société ACE gère les casinos de Locarno et de Mendrisio. Enfin, la Swiss Casinos Holding possède quatre établissements, à Zurich, St-Gall, Pfäffikon (ZH) et Schaffhouse.

A noter que les communes investissent parfois dans leur casino, comme Montreux, titulaire de 17% des actions de sa maison de jeu. Certaines figurent même en tant qu'actionnaire majoritaire, comme Baden et Lugano.

>> Les 21 casinos de Suisse sur notre carte:

La taille des points correspond au produit brut des jeux, c'est-à-dire les mises moins les gains des joueurs

Abondance de joueurs sur le web

Rois des machines à sous et billets à gratter, les casinos et loteries convoitent une nouvelle part du gâteau: les paris sportifs et jeux en ligne. Pour l'heure interdites en Suisse, ces mises virtuelles bénéficient aux groupes qui exploitent des sites hébergés à l'étranger.

En effet, les joueurs helvétiques n'ont pas attendu la nouvelle loi du Parlement pour miser en ligne sur les dizaines de plateformes de paris et poker basées à l'étranger. Les plus populaires, bet365 et bet-at-home, figurent parmi les 150 sites les plus visités depuis la Suisse, selon Alexa, qui évalue la fréquentation des sites internet. Ces deux sites attireraient respectivement environ 450'000 et 360'000 visiteurs suisses par mois.

Et ils n'arrivent pas là par hasard. Le Conseil fédéral estime que les dépenses des joueurs suisses sur les sites étrangers atteignent 150 millions de francs par an. Le comité en faveur de la loi avance lui le chiffre de 250 millions. Une manne qui échappe à l'impôt sur les maisons de jeu et que les partisans du texte espèrent récupérer.

Car la loi prévoit de renverser la situation: bloquer l'accès aux sites de jeu basés à l'étranger et autoriser uniquement les acteurs suisses au bénéfice de concessions à élargir leur offre aux jeux en ligne.

>> Ce que finance l'argent du jeu en Suisse, les explications du 19h30 :

Loi sur les jeux d'argent: le point sur ce qu'ils financent
Loi sur les jeux d'argent: le point sur ce qu'ils financent / 19h30 / 2 min. / le 17 mai 2018

Valentin Tombez, Lois Siggen Lopez

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Soutien au sport et à la culture

Une partie des bénéfices des casinos et loteries sert à soutenir des projets d'utilité publique, notamment dans le sport, la culture et le social, ainsi que l'AVS et l'AI, grâce à un impôt sur les maisons de jeu.

En 2016, les casinos ont amené 276 millions de francs dans les caisses AVS et AI ainsi que 47 millions aux cantons. Les loteries ont elles redistribué 630 millions de francs.