Modifié le 02 mai 2018

Le désencombrement, un phénomène en pleine croissance en Suisse

Netflix produira "La magie du rangement", basé sur un livre à succès (vidéo)
Netflix produira "La magie du rangement", basé sur un livre à succès (vidéo) La Matinale / 3 min. / le 02 mai 2018
La pratique du désencombrement, qui vise à se débarrasser d'objets souvent inutiles, connaît un véritable succès depuis quelques années. En Suisse, cette pratique se professionnalise de plus en plus.

La Japonaise Marie Kondo a développé une méthode dans son best-seller "La magie du rangement", paru en 2015. En pleine expansion, ce phénomène du désencombrement fait l'objet de nombreux ouvrages spécialisés et se décline même dans des émissions de téléréalité.

Aux Etats-Unis, l'association des organisateurs professionnels est passée de 16 membres en 1985 à plus de 4000 actuellement.

Un métier qui se développe en Suisse

Cette tendance se confirme aussi en Suisse, selon Virginie Dor, fondatrice de Space of Mine et vice-présidente de l'Association suisse des organisateurs professionnels (Swiss-APO). "Lorsque nous avons fondé l'association nationale, il y a deux ans, nous étions dix membres. Aujourd'hui, nous sommes 22."

L'organisatrice professionnelle observe un changement de profils chez ses clients: "Il y a trois ans, la plupart des mes clients étaient des expatriés et des gens qui souffraient de troubles d'accumulation chroniques. Et maintenant, c'est Monsieur et Madame Tout-le-monde et énormément de personnes âgées."

Besoin de se rassurer

Pour Valérie Guillard, professeure à l'Université Paris-Dauphine, ce besoin d'accumuler les choses est lié à la recherche d'un sentiment de sécurité: "Nous nous trouvons dans une société anxiogène et les personnes ont besoin de se rassurer en accumulant des choses."

Un constat que partage l'une des clientes de Virginie Dor qui a souhaité garder l'anonymat: "Je pense que c'est lié au fait que les gens ont de moins en moins de relations sociales ou émotionnelles. On s'accroche donc aux objets. Si vos enfants et vos petits-enfants ne viennent pas vous voir, il faut bien s'occuper."

Katja Schaer/hend

Publié le 02 mai 2018 - Modifié le 02 mai 2018