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Blanchiment, djihadisme et cybercrime ont occupé Fedpol en 2017

La directrice de Fedpol, Nicoletta delle Valle. [Anthony Anex - Keystone]
Blanchiment, djihadisme et cybercriminalité ont occupé Fedpol en 2017 / Le 12h30 / 1 min. / le 27 avril 2018
Soupçons de blanchiment d'argent en très forte hausse, enquêtes toujours plus complexes sur le djihadisme, cybercriminalité: l'Office fédéral de la police (Fedpol) a exposé vendredi les points marquants de 2017 dans son rapport annuel.

La directrice de Fedpol Nicoletta della Valle a évoqué dans ce rapport une criminalité toujours plus connectée et internationale, d'où l'importance cruciale de la coopération policière.

Elément saillant, les annonces pour soupçons de blanchiment d'argent ont quasiment doublé en une année. Le bureau spécialisé dans ce domaine à Fedpol en a en effet enregistré plus de 4600 l'année dernière, contre seulement 2900 en 2016, soit une augmentation de 60%.

Soupçons portant sur 16 milliards de francs

Ces communications, qui proviennent principalement des banques et des intermédiaires financiers, portent sur plus de 16 milliard de francs, un nouveau record. En 2017, Fedpol a considéré comme relevant 2200 de ces soupçons, et les a donc transmis aux autorités de poursuites pénales.

Pour expliquer cette explosion, Fedpol avance deux raisons. Premièrement, les acteurs de la place financière suisse seraient davantage sensibilisés au problème de blanchiment d'argent, plus vigilants. Et deuxièmement, environ 1000 des communications reçues se rapportaient en fait à 8 cas spécialement complexes, notamment suite au scandale de corruption Petrobras au Brésil et après les arrestations en Arabie saoudite, début novembre 2017, de onze princes et de nombreux ex-ministres.

70 enquêtes liées au djihadisme

Fedpol revient aussi dans son rapport 2017 sur sa lutte contre le djihadisme. Les forces de police fédérale mènent environ 70 enquêtes dans ce domaine. Elles ont aussi procédé l'année dernière à 13 expulsions et 58 interdictions d'entrée de personnes étrangères radicalisées, des chiffres en hausse par rapport à 2016.

Marc Menichini/kkub

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