Modifié le 26 avril 2018 à 19:02

La loi sur les jeux d'argent mettra fin à la fuite des gains, selon ses partisans

Le comité soutenant la nouvelle loi sur les jeux d'argent a présenté ses arguments à la presse à Berne.
Le comité soutenant la nouvelle loi sur les jeux d'argent a présenté ses arguments à la presse à Berne. [Marcel Bieri - Keystone]
La nouvelle loi sur les jeux d'argent assurera un milliard à l'AVS, au sport, à la culture et à des projets sociaux, selon le comité interpartis derrière le texte. Seuls les fournisseurs étrangers en ligne auraient intérêt à un non.

Les jeux d'argent ne sont pas des biens comme les autres, a rappelé jeudi devant la presse le conseiller national Karl Vogler (PDC/OW). Ils peuvent entraîner une dépendance, être détournés à des fins de blanchiment d'argent et comporter des risques de fraudes.

Quelque 250 millions échappent d'ores et déjà au bien public en s'écoulant sur des sites étrangers offrant des jeux en ligne interdits en Suisse. A moyen terme, la somme pourrait doubler selon les défenseurs de la loi soumise au peuple le 10 juin.

Il faut "en finir avec la protection des requins étrangers illégaux de Malte et de Gibraltar", a plaidé le conseiller national Adrian Amstutz (UDC/BE). Seul un oui à la nouvelle loi peut sécuriser les emplois en Suisse et garantir les revenus pour l'AVS et des milliers d'associations sportives ou culturelles.

Redirection vers une page "stop"

La nouvelle loi fera de la Suisse un des pays les plus stricts d'Europe en matière de prévention des addictions, a relevé la conseillère aux Etats Pascale Bruderer (PS/AG). La principale mesure contre le blanchiment sera la page "stop" vers laquelle un joueur sera redirigé s'il tente d'accéder à des sites étrangers de jeux illégaux.

Contrairement à ce qu'affirment les opposants, ce n'est pas de la censure, car le but n'est pas de contrôler l'information, a précisé le conseiller aux Etats Damian Müller (PLR/LU). Le législateur a opté pour un système de concessions qui permettra aux 21 casinos suisses d'offrir des jeux en ligne au prix de taxes élevées.

Sans le blocage de concurrents non soumis aux mêmes règles, les concessions n'auraient aucune valeur. Dix-sept Etats européens, dont la France, l'Italie, la Belgique ou le Danemark pratiquent d'ailleurs des blocages. Ce n'est pas parce que la mesure serait contournable en trois clics qu'il faut y renoncer, toute loi peut être enfreinte.

Les plateformes étrangères prêtes à satisfaire aux exigences suisses pourront conclure tout de suite des partenariats avec les 21 casinos helvétiques concessionnés, a précisé Damian Müller. Elles pourront aussi demander une concession lors de la prochaine attribution en 2024.

ats/tmun

>> Développement dans Forum sur RTS La Première, 26 avril 2018

Publié le 26 avril 2018 à 17:54 - Modifié le 26 avril 2018 à 19:02

Bénéfices reversés à l'utilité publique

L'article constitutionnel plébiscité par les Suisses en 2012 prévoit de protéger la population contre les dangers des jeux d'argent et de reverser des bénéfices à l'utilité publique. En 2016, les loteries ont remis 630 millions aux organismes cantonaux de répartition des ressources et aux associations sportives nationales. La contribution des maisons de jeu à l'AVS/AI s'est montée à 276 millions et les cantons abritant des casinos B ont reçu 40 millions.

L'UDC a renoncé à donner à un mot d'ordre sur la nouvelle loi sur les jeux d'argent et le PLR recommande de rejeter le texte, tout comme les jeunesses des deux partis, des Verts et du PS. Le PS et le PDC plaident en revanche pour le oui.