Modifié le 19 avril 2018 à 18:30

Le refus de No Billag interprété comme un oui à un service public fort

Le studio de la RSI lors de la journée de votations du 4 mars.
Le refus de No Billag interprété comme un oui à un service public fort Le 12h30 / 2 min. / le 19 avril 2018
Le non à l'initiative No Billag peut être compris comme une volonté de maintenir un service public fort dans toute la Suisse, montre l'analyse VOTO sur les votations du 4 mars. Les jeunes sont ceux qui ont le plus clairement dit non.

Dans le camp du non, le rapport positif des Suisses avec le service public audiovisuel en général - et avec la SSR en particulier - a pesé, explique l'enquête VOTO publiée jeudi. Ces deux facteurs ont été cités comme motif principal de refus par respectivement 43% et 26% de ceux qui ont dit non à l'initiative, qui visait la suppression du financement public de l'audiovisuel.

Les raisons financières, tel que le risque de facture finale plus salée sans service public, ont convaincu principalement 15% des votants. Au final, le non l'a emporté par 71,6% le 4 mars.

Chez les Suisses qui ont accepté No Billag, 36% ont mentionné les critiques envers la redevance radio-TV comme motif principal d'approbation, 25% celles envers la SSR et 17% la volonté d'un marché plus libéral, indique l'analyse financée par la Chancellerie fédérale.

La fin de la SSR en cas de oui a convaincu

Les opposants à l'initiative ont réussi à rendre convaincant l'argument de la fin de la SSR en cas de oui le 4 mars, précise l'enquête VOTO. Ainsi, 60% des votants n'ont pas cru que la SSR continuerait à exister sans financement public.

Mais malgré le non massif au texte, une majorité de répondants (58%) ont estimé que la SSR était devenue trop imposante et qu'elle devrait réduire son offre.

L'électorat UDC divisé

L'initiative a été le plus fermement rejetée par les partisans des Verts, des socialistes, des Vert'libéraux et du PDC, entre 90 et 84%. Chez les sympathisants UDC, 54% se sont prononcés en faveur du texte, ce qui signifie que près de la moitié des votants UDC se sont éloignés de la ligne officielle du parti, note VOTO.

Non résolu des jeunes

Les moins de 30 ans, surnommés durant la campagne la "Génération Netflix" - en référence à la plateforme de contenus vidéos à la demande - sont ceux qui ont balayé le plus fortement No Billag (non à 80%). A l'opposé, les quadragénaires ont été les plus convaincus (oui à 40%).

L'enquête relève par ailleurs que la SSR bénéficie de la confiance de la population. En effet, 73% des votants lui font grandement et très grandement confiance. Par ailleurs, 70% des répondants affirment consulter l'offre de la SSR quotidiennement et 69% jugent la qualité de ses programmes bonne à très bonne. Des résultats qui sont similaires dans les différentes régions linguistiques.

Tamara Muncanovic

>> Voir l'analyse de la politologue Anke Tresch:

No Billag: entretien avec la politologue Anke Tresch
12h45 - Publié le 19 avril 2018
 

Publié le 19 avril 2018 à 10:00 - Modifié le 19 avril 2018 à 18:30

Les partisans de l'UDC les plus critiques envers le régime financier 2021

Le nouveau régime financier 2021, approuvé par 84% des Suisses le 4 mars dernier, n'a été rejeté par l'électorat d'aucun parti, note l'analyse VOTO. Les sympathisants UDC se sont montrés les plus critiques: un tiers d'entre eux ont dit non. Par ailleurs, 89% des votants ont été convaincus par l'argument selon lequel le gouvernement avait besoin du revenu issu de l'impôt fédéral direct et de la TVA pour ses tâches.

Les enquêtes VOTO sont menées par le centre de recherches FORS, le centre d'études sur la démocratie d'Aarau (ZDA) et l'institut de sondage LINK. Elles sont financées par la Chancellerie fédérale. Pour cette étude, 1531 citoyens de toutes les régions de Suisse ont été interrogés entre le 6 et le 21 mars.