Modifié le 16 avril 2018 à 09:53

Les Suisses boivent moins, mais trop d'après les recommandations

La bière reste la boisson alcoolisée préférée des Suisses, devant le vin et les boissons spiritueuses.
La bière reste la boisson alcoolisée préférée des Suisses, devant le vin et les boissons spiritueuses. [Jan Woitas - Keystone - DPA]
La consommation d'alcool a beau avoir beaucoup diminué en deux décennies en Suisse, elle reste supérieure aux recommandations de l'OFSP, dont les normes sont encore jugées trop laxistes par une nouvelle étude.

La plupart des recommandations de santé publique en matière de consommation d'alcool sont trop laxistes, affirme une étude parue vendredi dans la revue scientifique The Lancet.

>> Lire: Beaucoup de pays sont trop laxistes avec l'alcool, selon une étude

Pour les spécialistes à l'origine de l'étude, le seuil de consommation n'exposant pas les buveurs à un risque sanitaire exagéré (le plafond du "risque minimal de mortalité") devrait être fixé à 100 grammes d'alcool pur par semaine, soit environ 10 verres "standard". Sur une année, cela représente 5,2 litres d'alcool pur.

En Suisse, les recommandations de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) sont très légèrement supérieures à ce seuil: l'OFSP parle de 12 à 13 verres par semaine au maximum soit, en moyenne sur une année, une consommation de 6,5 litres d'alcool pur.

Près de 20 verres par semaine en moyenne

Au fil des années, les Suisses se sont progressivement rapprochés de cet objectif. En 1997, un habitant consommait chaque année en moyenne plus de 9 litres d'éthanol, contre moins de 8 litres en 2016. Ces chiffres fournis par la Régie fédérale des alcools ne tiennent toutefois pas compte de la part de la population qui déclare ne jamais boire (près de 17% en 2012).

En excluant ces abstinents du calcul pour les quatre années dont les données sont disponibles, on constate qu'un buveur moyen en Suisse dépasse les 10 litres d'alcool pur par année, ce qui représente plus de 19 verres par semaine.

>> Lignes de référence: recommandations de l'OFSP et de l'étude de The Lancet

L'OFSP parle de "consommation chronique à risque" à partir de 28 verres par semaine pour les hommes et 14 pour les femmes. En 2012, année de la dernière Enquête suisse de la santé, un peu moins de 5% de la population se trouvait dans cette situation.

Moins de buveurs quotidiens

La fréquence de consommation a aussi diminué de manière constante. Les personnes qui boivent de l'alcool chaque jour sont de plus en plus rares. La proportion de buveurs quotidiens est passée de 20% en 1992 à 13% en 2012.

 

Cette pratique se constate surtout chez les plus âgés. Moins de 10% des 15-24 consomment de l'alcool sur une base quotidienne ou quasi-quotidienne, alors que c'est le cas d'un tiers des plus de 65 ans.

 

En revanche, les jeunes hommes sont les plus concernés par l’ivresse ponctuelle (au moins 6 verres bus lors d'une seule et même occasion). Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), plus d'un quart d'entre eux s'enivrent une fois par mois, et 7% une fois par semaine.

Les femmes boivent moins que les hommes

D'une manière générale, les femmes boivent plus rarement que les hommes. Plus de la moitié des femmes consomment de l'alcool moins d'une fois par semaine, voire jamais. Ce cas de figure concerne moins d'un tiers des hommes.

A l'inverse, un tiers des hommes peuvent boire de l'alcool tous les jours ou presque, contre seulement 17% des femmes.

 

Reste une constante, le contenu des verres. La bière reste la boisson alcoolisée préférée des Suisses, devant le vin et les boissons spiritueuses.

 

Pauline Turuban

Publié le 13 avril 2018 à 18:01 - Modifié le 16 avril 2018 à 09:53