Modifié le 09 avril 2018 à 09:07

La complexité de l'initiative "Monnaie pleine" pourrait favoriser l'abstention

L'initiative "Monnaie pleine" se distingue par sa complexité.
La complexité de l'initiative "Monnaie pleine" pourrait favoriser l'abstention La Matinale / 1 min. / le 09 avril 2018
L'initiative "Monnaie pleine", soumise à votation le 10 juin, est un casse-tête pour ses opposants et en particulier pour les autorités. Le vocabulaire financier et la complexité du texte risquent de favoriser l'abstention.

Tous les partis politiques, les instances institutionnelles et les milieux économiques s'opposent à ce texte, intitulé officiellement "Pour une monnaie à l'abri des crises: émission monétaire uniquement par la Banque nationale!", et lancé par une association baptisée Modernisation Monétaire (MoMo).

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Mais partisans et opposants sont confrontés à un défi démocratique: expliquer un sujet aussi technique de façon simple à la population.

"Une initiative très abstraite"

Confrontée à cette problématique, la Confédération a organisé la semaine dernière une séance d'information à l'attention des journalistes. Et cette démarche inhabituelle est liée précisément à la technicité du sujet. "C'est une initiative très, très abstraite", souligne le directeur de l'Administration fédérale des finances (AFF) Serge Gaillard. "Elle veut changer le système de création de monnaie, qui est déjà difficile à comprendre aujourd'hui. Mais c'est notre devoir et celui des initiants de bien l'expliquer."

Dans les grandes lignes, l'initiative "Monnaie pleine" prévoit de confier la création monétaire à la seule Banque nationale suisse (BNS). Ses partisans y voient un moyen de protéger l'argent des citoyens et de prévenir les crises bancaires - des arguments que réfutent les opposants, dont la Confédération, la BNS ou les milieux des affaires.

Impact considérable en cas de oui

Mais si elle est acceptée le 10 juin prochain, l'initiative aura un impact considérable sur l'économie suisse. L'enjeu est donc important et Serge Gaillard se veut néanmoins optimiste. "On doit accepter le risque (…) de sujets moins importants que d'autres ou d'idées trop théoriques, trop abstraites. Mais jusqu'à maintenant, la population a toujours réussi à faire de bons choix", assure le directeur de l'AFF.

Reste que l'aspect très technique de cet objet de votation pourrait surtout favoriser l'abstention.

Fabrice Gaudiano/oang

Publié le 09 avril 2018 à 07:18 - Modifié le 09 avril 2018 à 09:07