Modifié le 19 mars 2018 à 19:35

Micheline Calmy-Rey prône le dialogue comme seule issue en Catalogne

Micheline Calmy-Rey et Carles Puigdemont à Genève, 18.03.2018.
Micheline Calmy-Rey et Carles Puigdemont ont débattu ensemble à Genève Forum / 8 min. / le 19 mars 2018
Invitée dimanche du festival FIFDH à Genève aux côtés de l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont, Micheline Calmy-Rey conseille aux deux parties en conflit la seule issue possible à ses yeux: le dialogue.

Sans gouvernement depuis plusieurs mois, gouvernée par Madrid, isolée dans l’Union européenne, la Catalogne semble aujourd'hui dans l’impasse politique. Son président désigné continue de défier les autorités espagnoles alors que la tension n’a pas faibli depuis le référendum d’autodétermination organisé l’année dernière.

Carles Puigdemont est arrivé ce week-end en Suisse pour donner plusieurs conférences. Il était dimanche soir au Festival du film et forum sur les droits humains (FIFDH) à Genève, où il a débattu avec l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey.

Interrogée lundi dans l'émission Forum, la socialiste suggère quelques pistes pour une solution à la situation actuelle sans forcément passer par une médiation comme l'a proposé la Suisse. "En principe, une médiation suisse s'exerce quand les deux parties sont d'accord pour la demander", rappelle-t-elle, "ce qui n'est pas le cas jusqu'à aujourd'hui si je suis bien informée."

Un gouvernement séparatiste comme premier pas

Aujourd'hui professeur invitée à l'Université de Genève, Micheline Calmy-Rey estime que la question catalane ne peut se résoudre que par le dialogue et par la bonne volonté des uns et des autres. "Dans le cadre espagnol, je pense que le premier pas serait la constitution d'un gouvernement séparatiste - ils ont gagné les élections, ils ont la majorité au parlement - pour pouvoir ensuite parler avec Madrid. Mais est-ce que c'est possible entre Madrid et Barcelone? Je n'en sais rien."

L'ancienne présidente de la Confédération constate les crispations d'un côté et de l'autre. "La situation est difficile mais pas impossible", juge-t-elle cependant.

L'exemple de la Question jurassienne

En Suisse, rappelle la Genevoise, "on a résolu la Question jurassienne par un dialogue qui a duré des années, très longtemps, mais finalement une solution a pu être trouvée par ce biais-là. Et je pense qu'on ne pourra pas sortir du face-à-face actuel sans se parler (…) avec ou sans médiateur. "Je pense que c'est toujours une mauvaise idée que de refuser le dialogue."

Interview: Chrystel Domenjoz et Esther Coquoz

Adaptation web: Olivier Angehrn

Publié le 19 mars 2018 à 19:10 - Modifié le 19 mars 2018 à 19:35