Une personne circulant à vélo (image d'illustration).

Futur antérieur

Publié le 11 mars 2018 - Modifié le 11 mars 2018

Le retour du vélo en ville

La petite reine fait son grand retour dans les rues des villes. Alors que la part de la voiture reste conséquente, même sur les petites distances, le vélo est de plus en plus utilisé pour les déplacements courts en ville. Une façon d'échapper à l'engorgement du trafic et de faire rimer mobilité et développement durable.

Série réalisée par Jean De Preux

  • Episode 1

    Le retour du vélo en ville

    Avec ses quatre millions de bécanes répertoriées, notre pays compte l'une des plus fortes densités de vélos de la planète. Trois quarts d'entre elles circulent régulièrement, et pas seulement pour le loisir. En tant que moyen de transport urbain, le vélo est de plus en plus apprécié.

    Certes, les villes suisses ont encore un bon bout de chemin à faire pour atteindre les niveaux de la capitale européenne incontestée du vélo, Copenhague, où 40% de tous les déplacements se font en bicyclette. A Zurich, la part modale de la petite reine est passée de 6% en 2010 à 12% en 2015. A Lausanne, c'est encore à peine 2%, déclivité oblige. A Genève, on avoisine le 6%. Mais le changement de cap est bien là.

    Un exemple tout ce qu'il y a de plus révélateur: à Genève comme à Zurich, le Touring Club Suisse (TCS), qu'on ne peut pas soupçonner d'accointance particulière avec le vélo, est passé en partie au vélo pour son service de dépannage.

    Ville et vélo peuvent faire bon ménage

    Pour Florence Germond, directrice de la Mobilité à Lausanne, ville et vélo font bon ménage. Selon elle, pour que les centres urbains puissent garantir une qualité de vie digne de ce nom, il faut passer par une mobilité qui ne pollue pas et qui ne prenne pas beaucoup de place. Avec la marche à pied et les transports publics, le vélo est tout simplement idéal.

    Copenhague, l'une des villes européennes du vélo.
    Marco Cristofori / Robert Harding Premium - AFP
    Futur antérieur - Publié le 05 mars 2018

  • Episode 2

    Voiture ou vélo, ou les deux...

    En Suisse, 60% des déplacements, tous motifs confondus, se font sur moins de 5 kilomètres. Mais même pour ces courtes distances, la part de la voiture reste conséquente: plus de 50% pour les trajets entre 1 et 5 kilomètres.

    Si l'on tient compte des nouvelles offres comme les vélos à assistance électrique ou les vélos en libre service, le potentiel de développement de la petite reine semble donc conséquent. Mais comme le souligne Yves Gerber, porte-parole du TCS, voiture ou vélo, le choix de l'usager dépend beaucoup de sa localisation, de la raison de son déplacement et de sa sensibilité.

    Cycliste par la force des choses

    Mais la nécessité pourrait aussi entrer en jeu. Patrick Rérat, professeur de géographie à l'Université de Lausanne, constate que celle-ci a eu une importance prépondérante là où le vélo règne en maître. Au Danemark comme en Hollande, les personnes optent pour le vélo par défaut: si elles utilisent la petite reine, ce n’est pas en tant que cyclistes convaincus, mais parce que cette mobilité est la plus facile et la plus pratique pour se déplacer. Alors voiture ou vélo? L’avenir, c’est plutôt une mobilité plurielle.

    Copenhague, ville du vélo.
    Alexandra Richard - RTS
    Futur antérieur - Publié le 06 mars 2018

  • Episode 3

    Le vélo-cargo, alternative à la voiture

    Le vélo-cargo en partage, c'est des bicyclettes à assistance électrique dotées à l'avant d'une surface de chargement jusqu'à 100 kilos, pour le transport de marchandises ou le déplacement d'enfants.

    Le projet Carvelo2go a été développé par l'académie de la mobilité, une société fille du TCS. Première plateforme au monde de partage de vélo-cargo, cette société constitue une alternative à la voiture en ville pour les parcours de moins de 5 kilomètres. Comme pour la voiture en autopartage, la réservation se fait par internet.

    En à peine deux ans d'existence, Carvelo2go est déjà implanté dans 24 villes de Suisse, avec plus de 550 vélos à disposition. Après Vevey, Lausanne est depuis cet automne la deuxième ville en Suisse romande à offrir ce service. Une opération soutenue par les autorités qui ont mis 70'000 francs dans ce projet.

    Un hôte à votre service

    Lausanne offre 24 vélos, dont les dépositaires sont des commerces. Si la formule n’en est qu’à ses débuts en Suisse romande, l’exemple de Copenhague, où 50'000 vélos de ce type sillonnent la ville, semble prouver que le "cargo bike" peut être une vraie solution en termes de mobilité urbaine.

    Le vélo-cargo, une alternative à la voiture.
    Jean de Preux - RTS
    Futur antérieur - Publié le 07 mars 2018

  • Episode 4

    La vélostation, bonheur du pendulaire

    Les vélostations sont devenues les compléments indispensables aux pendulaires qui optent pour une mobilité douce. Ces installations de stationnement offrent notamment une protection contre le vol, les intempéries et le vandalisme.

    A Berne, qui se rêve en capitale suisse du vélo, il existe cinq vélostations, intégrées à la gare CFF ou situées à proximité immédiate. Cela représente 3000 places de stationnement à disposition de tous les types de vélos, de l’électrique au vélo-cargo.

    Pour la modique somme d’un franc par jour, ou 150 francs par année, courant électrique compris, vous pouvez garer votre vélo en toute sécurité et sauter dans le train qui est à moins de 50 mètres du parking. Avec cette politique offensive, la ville ambitionne de porter sa part de mobilité cycliste de 12% à 20%.

    Entretien et réparation en plus

    Entre votre aller et retour, vous pouvez de surcroît profiter de vos heures de stationnement pour bénéficier des services complémentaires proposés. Outre un petit magasin d’accessoires, chaque vélostation dispose d'un atelier. Des mécaniciens spécialisés sont là pour assurer l’entretien de votre petite reine ou procéder à de plus importantes réparations. Une offre qui renforce visiblement le choix d’une mobilité train/vélo pour plus d'un pendulaire.

    Berne se rêve en capitale suisse du vélo.
    Jean de Preux - RTS
    Futur antérieur - Publié le 08 mars 2018

  • Episode 5

    Le vélo en attente d'une reconnaissance politique

    Tout le monde ou presque le reconnaît: le vélo a indéniablement un rôle à jouer dans la mobilité, qu'elle soit quotidienne ou de loisir. Mais pour faire la différence, la petite reine a visiblement besoin d'une légitimité.

    Pour Patrick Rérat, professeur de géographie à l'Université de Lausanne, qui observe le phénomène de près depuis plusieurs années, la Suisse romande est encore sérieusement à la traîne en matière de promotion du vélo. Un accent tout particulier devrait, à ses yeux, être mis sur la sécurité. Il faut savoir qu’en Suisse, un cycliste sur sept ne se sent pas en sécurité sur son trajet domicile-travail. Et un sur trois ne se sent pas respecté par les autres usagers de la route et les automobilistes. Le chemin à parcourir est encore long.

    Une initiative pour changer les choses

    Pour les défenseurs du vélo, une chose est sûre, le temps de la patience a vécu. Il y a deux ans, ils ont déposé une initiative populaire qui demande que le vélo dispose des mêmes conditions de soutien que les chemins et les sentiers pédestres. Le Conseil fédéral lui a opposé un contre-projet moins contraignant.

    Après le Conseil des Etats, ce projet a été massivement soutenu la semaine dernière par le Conseil national. Les initiants pourraient d’ailleurs retirer leur texte au profit de la solution du Conseil fédéral. Mais pour Patrick Rérat, l’inscription du vélo dans la Constitution aurait surtout une valeur symbolique. La question des aménagements cyclables, dépend, elle, avant tout des communes et des cantons.

    L'initiative avait été déposée en mars 2015 à la Chancellerie fédérale.
    Lukas Lehmann - Keystone
    Futur antérieur - Publié le 09 mars 2018

  • L'invité

    Jean-François Balaudé

    Le vélo peut-il aider à mieux penser et à réhumaniser les villes? le philosophe français Jean-François Balaudé, président de l'Université Paris-Nanterre, en est convaincu.

    >> L'interview de Jean-François Balaudé:

    A vélo ou à pied, il nʹest pas toujours aisé de circuler en ville de Genève. Pour encourager les autorités genevoises à agir en faveur de la circulation a pied ou en vélo, les associations Actif-Trafic et Pro-Vélo on créé des prix du meilleur et du pire en terme dʹaménagement piétons et cyclables.
    Martial Trezzini - Keystone
    Futur antérieur - Publié le 11 mars 2018