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Des animaux passent 20 heures dans une bétaillère avant de finir à l'abattoir

Transport de bétail : des animaux maltraités… [RTS]
Transport de bétail : des animaux maltraités… / A bon entendeur / 5 min. / le 27 février 2018
Certains bovins ont passé 20 heures dans le camion d'un transporteur, alors que la durée maximale est de 8 heures, révèle l'émission ABE mardi. Le vétérinaire cantonal valaisan a lancé une procédure de dénonciation pénale.

Quand il fait monter dans sa bétaillère le premier animal destiné à l'abattoir, le chauffeur ne se doute de rien; mais il est suivi incognito par des sympathisants de la fondation MART, le Mouvement pour les animaux et le respect de la Terre, un inspecteur du Service vétérinaire cantonal valaisan et un journaliste de l'émission de la RTS A Bon Entendeur (ABE)*.

Il est 15h20, quand la première bête grimpe dans le camion à Lax, dans le district de Conches, en Valais.

Routes sinueuses

Brei, Glis, Lalden, Saint-Nicolas, les kilomètres défilent sur des routes sinueuses et les chargements s'enchaînent. Ce n'est qu'à 20h que la bétaillère retourne à Bex (VD) et se parque sur l'aire de stationnement du transporteur, près de deux autres camions remplis de bovins.

La loi suisse sur la protection des animaux prévoit que les bêtes peuvent être transportées durant au maximum 8 heures, dont 6 heures de trajet effectif. Elles doivent ensuite être déchargées pour leur permettre de se nourrir, s'abreuver et se reposer.

La nuit dans le camion

Or à Bex, les animaux passeront la nuit dans le camion avant d'être transférés d'une bétaillère à l'autre et de rejoindre les abattoirs. Le premier camion est arrivé à 5h30 à Estavayer-le-Lac (FR).

Averti, le Service fribourgeois de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (SAAV) a inspecté le document de transport des animaux remis par le chauffeur à l'abattoir. Il a découvert que le temps de transport était difficilement compatible avec le nombre de kilomètres parcourus. "Quand l'instruction sera bouclée, le SAAV transmettra le dossier au Ministère public fribourgeois", explique Grégoire Seitert, chef de service du SAAV. "C'est ce qu'on appelle une dénonciation pénale."

"Vivre dignement leurs derniers instants"

Les derniers animaux valaisans ont été livrés à l'abattage à 11h30 dans le canton de Soleure. Certains bovins auront ainsi passé près de 20 heures dans des bétaillères.

Le transporteur avait été dénoncé à l'Office vétérinaire valaisan à plusieurs reprises, c'est pourquoi un inspecteur a suivi le convoi. "Quand on transporte un animal pour le mettre à mort, ça ne nous donne pas tous les droits. On doit le traiter avec ménagement", dit le vétérinaire cantonal Eric Kirchmeier. "C'est une raison de plus pour lui permettre de vivre les derniers instants de sa vie de manière digne."

>> Sujet diffusé dans l'émission ABE mardi dès 20h10 sur RTS Un

Claudio Personeni/jc

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Le transporteur admet sa responsabilité

Interrogé par l'émission ABE, le transporteur épinglé, André Schwytzguebel, admet sa responsabilité et confirme que ce n’est pas la première fois qu’il impose des transports trop longs au bétail. Il déclare cependant ne pas avoir le choix, expliquant que ce sont les intermédiaires entre éleveurs et abattoirs qui désignent les lieux d’abattage et que ces derniers ont des horaires fixes.

Il assure néanmoins qu’il trouvera des solutions et qu’il respectera désormais la loi sur la protection des animaux.