Modifié le 21 février 2018

Le probable assouplissement des exportations d'armes inquiète les ONG

Le DFAE soutient un assouplissement des règles en matière d'exportations de matériel de guerre.
Le probable assouplissement des exportations d'armes inquiète les ONG La Matinale / 2 min. / le 14 février 2018
La réglementation helvétique pour les exportations d'armes devrait bénéficier d'un assouplissement, avec la bénédiction du Département fédéral des affaires étrangères et de son ministre Ignazio Cassis, au grand dam des ONG.

Un nouvel assouplissement de l'ordonnance sur l'exportation de matériel de guerre va bientôt être soumis au Conseil fédéral. La procédure a été lancée à la suite de deux rendez-vous avec des représentants de l'industrie suisse de l'armement.

Face à cette nouvelle tentative de modifier l'ordonnance, une lettre a été envoyée au Conseil fédéral, signée par vingt-cinq ONG. Elles estiment que le gouvernement ne doit pas céder aux exigences de l'industrie de l'armement.

"C'est un durcissement au sein du Conseil fédéral, on sait que les majorités sur ce genre de questions liées aux droits humains étaient souvent de quatre contre trois", rappelle Alain Bovard, juriste au sein de la section Suisse d'Amnesty International, qui regrette Didier Burkhalter. L'ancien chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) était un allié dans la défense des droits humains. "Il va falloir maintenant qu'on s'habitue à plus de revers."

Couper les vivres au business des armes

Les ONG vont aussi alerter les parlementaires, mais le lancement d'une initiative populaire n'est pas d'actualité. "Lancer une initiative n'est pas la solution pour préserver le statu quo", relève Eva Krattiger, secrétaire politique au Groupe pour une Suisse sans armée (GSsa). "La loi fédérale sur le matériel de guerre n'est pas si mauvaise. Le problème, c'est qu'elle n'est pas appliquée de manière assez stricte."

Le GSsa, qui tente d'assécher le business des armes, a lancé en avril 2017 une initiative pour interdire aux institutions publiques, dont la Banque nationale suisse, d'investir dans l'armement. Ce texte devrait aboutir, puisqu'à huit mois du délai, il a déjà récolté 90'000 signatures.

Camille Degott/lgr

Publié le 14 février 2018 - Modifié le 21 février 2018